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French Edition

Literature

Mont-Oriol

French BooksWhale Edition by Guy de Maupassant

Un roman sur station thermale, spéculation, amour, médecine mondaine et illusions de la Belle Époque.

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Book introduction

Mont-Oriol

Mont-Oriol situe l’intrigue dans le monde des villes d’eaux, où affaires, santé, publicité et désir se mêlent. Maupassant observe la création d’une station thermale, les calculs financiers, les séductions sociales et les désillusions intimes, offrant un roman vif sur le commerce du bien-être et de l’amour.

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Guy de Maupassant est mort en 1893, et Mont-Oriol a été publié en 1887. Ces dates soutiennent le fondement de domaine public du texte français utilisé pour cette édition.

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Mont-Oriol

Preview chapterPREMIÈRE PARTIEPreview

Les premiers baigneurs,

les matineux déjà sortis de

l’eau se promenaient à pas

lents, deux par deux ou solitaires,

sous les grands arbres, le long du ruisseau qui

descend des gorges d’Enval.

D’autres arrivaient du village, et entraient dans

l’établissement d’un air pressé. C’était un grand bâtiment

dont le rez-de-chaussée demeurait réservé au

traitement thermal, tandis que le premier étage servait

de casino, café et salle de billard.

Depuis que le docteur Bonnefille avait découvert

dans le fond d’Enval la grande source, baptisée par

lui source Bonnefille, quelques propriétaires du pays

et des environs, spéculateurs timides, s’étaient décidés

à construire au milieu de ce superbe vallon d’Auvergne,

sauvage et gai pourtant, planté de noyers et de

châtaigniers géants, une vaste maison à tous usages,

servant également pour la guérison et pour le plaisir,

où l’on vendait, en bas, de l’eau minérale, des douches

et des bains, en haut, des bocks, des liqueurs et de la

musique.

On avait enclos une partie du ravin, le long du ruisseau,

pour constituer le parc indispensable à toute

ville d’eaux ; on avait tracé trois allées, une presque

droite et deux en festons ; on avait fait jaillir au bout

de la première une source artificielle détachée de la

source principale et qui bouillonnait dans une grande

cuvette de ciment, abritée par un toit de paille, sous la

garde d’une femme impassible que tout le monde appelait

familièrement Marie. Cette calme Auvergnate, coiffée

d’un petit bonnet toujours bien blanc, et presque

entièrement couverte par un large tablier toujours

bien propre qui cachait sa robe de service, se levait

avec lenteur dès qu’elle apercevait dans le chemin un

baigneur s’en venant vers elle. L’ayant reconnu, elle

choisissait son verre dans une petite armoire mobile

et vitrée, puis elle l’emplissait doucement au moyen

d’une écuelle de zinc emmanchée au bout d’un bâton.

Le baigneur, triste, souriait, buvait, rendait le verre

en disant : « Merci, Marie ! » puis se retournait et s’en

allait. Et Marie se rasseyait sur sa chaise de paille pour

attendre le suivant.

Ils n’étaient pas nombreux, d’ailleurs. Depuis six

ans seulement la station d’Enval était ouverte aux

malades, et ne comptait guère plus de clients, après

ces six années d’exercice, qu’au début de la première.

Ils venaient là une cinquantaine, attirés surtout par la

beauté du pays, par le charme de ce petit village noyé

sous des arbres énormes dont les troncs tortus semblaient

aussi gros que les maisons, et par la réputation

des gorges, de ce bout de vallon étrange, ouvert sur la

grande plaine d’Auvergne, et finissant brusquement

au pied de la haute montagne, de la montagne hérissée

d’anciens cratères, finissant dans une crevasse

sauvage et superbe, pleine de rocs éboulés ou menaçants,

où coule un ruisseau qui cascade sur les pierres

géantes et forme un petit lac devant chacune.

Cette station thermale avait commencé comme elles

commencent toutes, par une brochure du docteur

Bonnefille sur sa source. Il débutait en vantant les

séductions alpestres du pays en style majestueux et

sentimental. Il n’avait pris que des adjectifs de choix,

ceux qui font de l’effet sans rien dire. Tous les

environs étaient pittoresques, remplis de sites grandioses

ou de paysages d’une gracieuse intimité. Toutes

les promenades les plus proches possédaient un remarquable

cachet d’originalité propre à frapper l’esprit

des artistes et des touristes. Puis brusquement, sans

transitions, il était tombé dans les qualités thérapeutiques

de la source Bonnefille, bicarbonatée, sodique,

mixte, acidulée, lithinée, ferrugineuse, etc., et capable

de guérir toutes les maladies. Il les avait d’ailleurs

Preview chapterM.Preview

Andermatt, William Andermatt, le banquier…

— Oui, je sais.

— Mon gendre a une lettre de recommandation

pour le docteur Latonne. Moi, je n’ai confiance

qu’en vous, et je vous prie de vouloir bien monter

jusqu’à l’hôtel, avant… vous comprenez… J’ai mieux

aimé vous dire les choses franchement… Êtes-vous

libre, à présent ?

Le docteur Bonnefille s’était couvert, très ému,

très inquiet. Il répondit aussitôt :

— Oui, je suis libre, tout de suite. Voulez-vous que

je vous accompagne ?

— Mais certainement.

Et, tournant le dos à l’établissement, ils montèrent

à pas rapides une allée arrondie qui conduisait à la

porte du

Splendid Hotel

construit sur la pente de la

montagne pour offrir de la vue aux voyageurs.

Au premier étage, ils pénétrèrent dans le salon attenant

aux chambres des familles de Ravenel et Andermatt ;

et le marquis laissa seul le médecin pour aller

chercher sa fille.

Il revint avec elle presque aussitôt. C’était une

jeune femme blonde, petite, pâle, très jolie, dont les

traits semblaient d’une enfant, tandis que l’œil bleu,

hardiment fixé, jetait aux gens un regard résolu qui

donnait un attrait charmant de fermeté et un singulier

caractère à cette mignonne et fine personne. Elle

n’avait pas grand’chose, de vagues malaises, des tristesses,

des crises de larmes sans cause, des colères sans raison,

de l’anémie enfin. Elle désirait surtout un enfant,

attendu en vain depuis deux ans qu’elle était mariée.

Le docteur Bonnefille affirma que les eaux

d’Enval seraient souveraines et écrivit aussitôt ses

prescriptions.

Elles avaient toujours l’aspect redoutable d’un réquisitoire.

Sur une grande feuille blanche de papier à écolier,

ses ordonnances s’étalaient par nombreux paragraphes

de deux ou trois lignes chacun, d’une écriture rageuse,

hérissée de lettres pareilles à des pointes.

Et les potions, les pilules, les poudres qu’on devait

prendre à jeun, le matin, à midi, ou le soir, se suivaient

avec des airs féroces.

On croyait lire : « Attendu que

Table of contents

Inside this edition

  1. 01Full text
  2. 02PREMIÈRE PARTIE
  3. 03M.
  4. 04M.
  5. 05M.
  6. 06M.
  7. 07M.
  8. 08M.
  9. 09troisième, je veux le voir.
  10. 10M.
  11. 11M.
  12. 12M.
  13. 13M.
  14. 14M.
  15. 15MM.
  16. 16M.
  17. 17M.
  18. 18M.
  19. 19M.
  20. 20M.
  21. 21M.
  22. 22M.
  23. 23M.
  24. 24M.
  25. 25M.
  26. 26M.
  27. 27M.
  28. 28M.
  29. 29M.
  30. 30première fois qu’il vous est apparu.
  31. 31MM.
  32. 32M.
  33. 33M.
  34. 34M.
  35. 35M.
  36. 36M.
  37. 37M.
  38. 38M.
  39. 39M.
  40. 40M.
  41. 41M.
  42. 42M.
  43. 43M.
  44. 44M.
  45. 45M.
  46. 46MM.
  47. 47M.
  48. 48DEUXIÈME PARTIE
  49. 49MM.
  50. 50M.
  51. 51M.
  52. 52MM.
  53. 53première source de Châtel-Guyon n’ait indisposé longtemps
  54. 54MM.
  55. 55M.
  56. 56M.
  57. 57M.
  58. 58troisième bras de ce
  59. 59M.
  60. 60M.
  61. 61M.
  62. 62M.
  63. 63M.
  64. 64M.
  65. 65M.
  66. 66MM.
  67. 67M.
  68. 68M.
  69. 69M.
  70. 70M.
  71. 71M.
  72. 72M.
  73. 73MM.
  74. 74M.
  75. 75M.
  76. 76M.
  77. 77MM.
  78. 78M.
  79. 79M.
  80. 80M.
  81. 81première désillusion
  82. 82première montée, les premiers coups ! et puis, et puis
  83. 83M.
  84. 84M.
  85. 85première fois… et je vous jure aussi
  86. 86M.
  87. 87M.
  88. 88M.
  89. 89M.
  90. 90M.
  91. 91M.
  92. 92M.
  93. 93M.
  94. 94première parole de Christiane n’eût pas réclamé l’enfant ;
  95. 95M.
  96. 96M.
  97. 97MM.
  98. 98M.
  99. 99M.
  100. 100M.
  101. 101première rencontre, chaque fois qu’elle effleurait son

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