French Edition
Literature
Paul et Virginie
French BooksWhale Edition by Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre
Deux enfants grandissent à l’île de France entre nature idéale, amour innocent et catastrophe.
- Preview
- A sample from the prepared text
- Formats
- Online reader, EPUB, PDF
- Access
- Library claim
Book introduction
Paul et Virginie
Paul et Virginie raconte l’enfance et l’amour de deux jeunes gens élevés dans un paysage tropical de l’île de France, loin des calculs mondains. Bernardin de Saint-Pierre mêle sentiment, nature, critique sociale, vertu familiale et tragédie maritime dans un roman essentiel du préromantisme français.
BooksWhale edition
How this edition was prepared
This edition is based on a public domain text and has been prepared for digital reading by BooksWhale.
Public domain basis
Why this edition can be shared
Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre died in 1814, and Paul et Virginie was first published in 1788. These dates support the public-domain basis for the original French text used in this edition.
Read preview
A sample from the prepared text
Preview selected from the prepared reader text.
Preview chapterFull textRead preview
Paul et Virginie
Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre
PRÉAMBULE
Voici
l’édition
in
-4° de Paul et Virginie que j’ai proposée par souscription. Elle a été imprimée chez P. Didot l’aîné, sur papier vélin d’Essonnes. Je l’ai enrichie de six planches dessinées et gravées par les plus grands maîtres, et j’y ai mis en tête mon portrait, que mes amis me demandoient depuis long-temps.
Il y a au moins deux ans que j’ai annoncé cette souscription. Si plusieurs raisons m’avoient décidé à l’entreprendre, un plus grand nombre m’auroit obligé à y renoncer. Mais j’ai regardé comme le premier de mes devoirs de remplir mes engagements avec mes souscripteurs. Sous ce rapport, l’histoire de mon édition ne pourroit intéresser qu’un petit nombre de personnes : cependant, comme elle me donnera lieu de faire quelques réflexions utiles aux gens de lettres sans expérience, en les éclairant de celle que j’ai acquise, sur les contrefaçons, les souscriptions, les journaux, et les artistes, j’ai lieu de croire qu’elle ne sera indifférente à aucun lecteur. On verra au moins comme, avec l’aide de la providence, je suis venu à bout de tirer cette rose d’un buisson d’épines.
Le premier motif qui m’engagea à faire une édition recherchée de Paul et Virginie, fut le grand succès de ce petit ouvrage. Il n’est au fond qu’un délassement de mes études de la
nature, et l’application que j’ai faite de ses lois au bonheur de deux familles malheureuses. Il ne fut publié que deux ans après les premieres, c’est-à-dire en 1786 : mais l’accueil qu’il reçut à sa naissance surpassa mon attente. On en fit des romans, des idylles, et plusieurs pieces de théâtre. On en imprima les divers sujets sur des ceintures, des brasselets, et d’autres ajustements de femme. Un grand nombre de peres et surtout de meres firent porter à leurs enfants venant au monde les surnoms de Paul et de Virginie. La réputation de cette pastorale s’étendit dans toute l’Europe. J’en ai deux traductions anglaises, une italienne, une allemande, une hollandaise, et une polonaise ; on m’a promis de m’en envoyer une russe et une espagnole. Elle est devenue classique en Angleterre. Sans doute j’ai obligation de ce succès, unanime chez des nations d’opinions si différentes, aux femmes, qui par tout pays ramenent de tous leurs moyens les hommes aux lois de la nature. Elles m’en ont donné une preuve évidente en ce que la plupart de ces traductions ont été faites par des dames ou des demoiselles. J’ai été enchanté, je l’avoue, de voir mes enfants adoptifs revêtus de costumes étrangers, par leurs mains maternelles ou virginales. Je me suis donc cru obligé à mon tour de les orner de tous les charmes de la typographie et de la gravure françaises, afin de les rendre plus dignes du sexe sensible qui les avoit si bien accueillis.
Sans doute ils lui sont redevables d’une réputation qui s’étend, dès à présent, vers la postérité. Déja les Muses décorent de fables leur berceau et leur tombeau, comme si c’étoient des monuments antiques. Non seulement plusieurs familles considérables se font honneur d’être leurs alliées ; mais un bon créole de l’isle de Bourbon m’a assuré qu’il étoit parent du S. Géran. Un jeune homme nouvellement arrivé des Indes orientales m’a fait voir depuis peu une relation manuscrite de son voyage. Il y raconte qu’il s’est reposé sur la vieille racine du cocotier planté à la naissance de Paul ; qu’il s’est promené dans l’Embrasure où l’ami de Virginie aimoit tant à grimper, et qu’enfin il a vu le noir Domingue âgé de plus de cent vingt ans
Preview chapterXVIPreview
m’y avoit nommé de son propre mouvement. J’avois perdu deux pensions, mais je ne les avois pas sollicitées. Les contrefaçons m’avoient fait un tort considérable ; mais c’étoit plutôt un manque de bénéfice qu’une perte
réelle. Ici c’étoit les fruits de mes longs travaux qui s’évanouissoient dans ma vieillesse, emportant avec eux l’espoir de ma famille. Cependant Dieu me donna plus de force pour en supporter la perte que je ne l’avois espéré. Ce qui m’en sembla de plus rude, ce fut de l’annoncer à ma femme. Je ne pouvois cacher cet énorme déficit à ma compagne et à la tutrice de mes enfants. Je le lui annonçai donc avec beaucoup de ménagement. Quelle fut ma surprise, lorsqu’elle me dit d’un grand sang-froid, « Nous nous sommes bien passés de cet argent jusqu’à présent, nous nous en passerons bien encore. Je me sens assez de courage pour supporter avec toi la mauvaise fortune comme la bonne. Mais, crois-moi, Dieu ne nous abandonnera pas. »
Je rendis graces au ciel de mon malheur. En perdant à peu près tout ce que j’avois, je découvrois un trésor plus précieux que tous ceux que la fortune peut donner. Quelle dot, quelles dignités, quels honneurs, peuvent égaler pour un pere de famille les vertus d’une épouse !
Environ dans le même temps, on diminua d’un cinquieme un bienfait annuel que je recevois du gouvernement. J’y fus d’autant plus sensible que j’en attribuai alors la cause à une dispute dans laquelle je m’étois engagé au sujet de ma nouvelle théorie des courants et des marées de l’océan.
Cependant, malgré ces contre-temps réunis, je ne perdis
point courage. Je levai les yeux au ciel. Je me dis : « Puisque je suis né dans un monde où on repousse la vérité et où on accueille les fictions, tirons partie de celle de mes enfants adoptifs, en faveur de mes propres enfants. Les fonds me manquent pour mon édition de Paul et Virginie, mais je peux la proposer par souscriptions. Il y a quantité de gens riches qui se feront un plaisir de les remplir. Plusieurs m’y invitent depuis long-temps. »
Je m’arrêtai donc à ce projet, et je me hâtai d’en imprimer les prospectus. Je crus en augmenter l’intérêt en y parlant d’une partie de mes pertes. Enfin j’étois si persuadé qu’elles produiroient un grand effet, que je traitai sur-le-champ avec des artistes pour commencer les dessins qui m’étoient nécessaires. Je fixai même à un terme assez prochain la clôture des souscriptions, pour n’en être pas accablé. En effet, pour en avoir tout de suite un bon nombre, je les avois mises à un tiers au-dessous de la vente de l’ouvrage, et je n’en demandois d’avance que la moitié. Une foule de gens officieux se chargea de répandre ces prospectus dans la capitale, les départements, et même dans toute l’Europe. Au bout de quelque temps, quelques-uns d’entre eux m’apporterent des listes assez nombreuses de personnages riches, grands amateurs des arts, et sur-tout fort sensibles, qui me prioient d’inscrire leurs noms, mais ils ne m’envoyoient point d’argent.
Je leur fis dire que je regardois une souscription comme un traité de commerce entre un entrepreneur sans argent et des amateurs qui en ont de superflu, par lequel il leur demandoit des avances pour l’exécution d’un ouvrage qu’il s’engageoit à leur livrer à une époque fixe, en diminuant pour eux seuls une partie du prix de la vente ; que ces avances m’étoient nécessaires pour en faire moi-même à des artistes ; ce qui m’étoit impossible si je n’en recevois de mes souscripteurs ; et qu’enfin je ne pouvois regarder comme tels que ceux qui concouroient aux frais de mon édition.
Table of contents
Inside this edition
- 01Full text
- 02XVI
Language availability
Other languages
Additional language editions are not published yet. This section will link to other BooksWhale editions when they become available.
Request another language