
French Edition
Literature
La Place Royale
French BooksWhale Edition by Pierre Corneille
Alidor veut préserver sa liberté amoureuse, mais ses stratagèmes entraînent ses proches dans une comédie de jalousie et d’orgueil.
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Book introduction
La Place Royale
Dans cette comédie en cinq actes, Alidor redoute que son amour pour Angélique ne lui fasse perdre sa liberté. Il tente de la céder à son ami Cléandre et multiplie les manœuvres pour rompre leur engagement. Corneille confronte les discours de l’indépendance aux exigences de la fidélité et aux conséquences des jeux amoureux.
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Pierre Corneille est mort en 1684. La Place Royale a été représentée vers 1634 et imprimée en 1637.
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La Place Royale
Pierre Corneille
Preview chapterACTEURSPreview
ALIDOR, amant d'Angélique.
CLÉANDRE, ami d'Alidor.
DORASTE, amoureux d'Angélique.
LYSIS, amoureux de Phylis.
ANGÉLIQUE, maîtresse d'Alidor et de Doraste.
PHYLIS, soeur de Doraste.
POLYMAS, domestique d'Alidor.
LYCANTE, domestique de Doraste.
La scène est à Paris dans la place Royale.
Preview chapterACTE I — SCÈNE PREMIÈRE.Preview
ANGÉLIQUE, PHYLIS.
ANGÉLIQUE.
Ton frère, je l'avoue, a beaucoup de mérite;
Mais souffre qu'envers lui cet éloge m'acquitte,
Et ne m'entretiens plus des feux qu'il a pour moi.
PHYLIS.
C'est me vouloir prescrire une trop dure loi.
Puis-je, sans étouffer la voix de la nature,
Dénier mon secours aux tourments qu'il endure?
Quoi! tu m'aimes, il meurt, et tu peux le guérir,
Et sans t'importuner je le verrois périr!
Ne me diras-tu point que j'ai tort de le plaindre?
ANGÉLIQUE.
C'est un mal bien léger qu'un feu qu'on peut éteindre.
PHYLIS.
Je sais qu'il le devroit, mais avec tant d'appas,
Le moyen qu'il te voie et ne t'adore pas?
Ses yeux ne souffrent point que son coeur soit de glace;
On ne pourroit aussi m'y résoudre en sa place;
Et tes regards, sur moi plus forts que tes mépris,
Te sauroient conserver ce que tu m'aurois pris.
ANGÉLIQUE.
S'il veut garder encor cette humeur obstinée,
Je puis bien m'empêcher d'en être importunée,
Feindre un peu de migraine, ou me faire celer:
C'est un moyen bien court de ne lui plus parler;
Mais ce qui m'en déplaît et qui me désespère,
C'est de perdre la soeur pour éviter le frère,
Et me violenter à fuir ton entretien,
Puisque te voir encor c'est m'exposer au sien.
Du moins, s'il faut quitter cette douce pratique,
Ne mets point en oubli l'amitié d'Angélique,
Et crois que ses effets auront leur premier cours
Aussitôt que ton frère aura d'autres amours.
PHYLIS.
Tu vis d'un air étrange et presque insupportable.
ANGÉLIQUE.
Que toi-même pourtant dois trouver équitable;
Mais la raison sur toi ne sauroit l'emporter:
Dans l'intérêt d'un frère on ne peut l'écouter.
PHYLIS.
Et par quelle raison négliger son martyre?
ANGÉLIQUE.
Vois-tu, j'aime Alidor, et c'est assez te dire.
Le reste des mortels pourroit m'offrir des voeux,
Je suis aveugle, sourde, insensible pour eux;
La pitié de leurs maux ne peut toucher mon âme
Que par des sentiments dérobés à ma flamme.
On ne doit point avoir des amants par quartier;
Alidor a mon coeur et l'aura tout entier;
En aimer deux, c'est être à tous deux infidèle.
PHYLIS.
Qu'Alidor seul te rende à tout autre cruelle,
C'est avoir pour le reste un coeur trop endurci.
ANGÉLIQUE.
Pour aimer comme il faut, il faut aimer ainsi.
PHYLIS.
Dans l'obstination où je te vois réduite,
J'admire ton amour et ris de ta conduite.
Fasse état qui voudra de ta fidélité,
Je ne me pique point de cette vanité,
Et l'exemple d'autrui m'a trop fait reconnoître
Qu'au lieu d'un serviteur c'est accepter un maître.
Quand on n'en souffre qu'un, qu'on ne pense qu'à lui,
Tous autres entretiens nous donnent de l'ennui;
Il nous faut de tout point vivre à sa fantaisie,
Souffrir de son humeur, craindre sa jalousie,
Et de peur que le temps n'emporte ses ferveurs,
Le combler chaque jour de nouvelles faveurs;
Notre âme, s'il s'éloigne, est chagrine, abattue;
Sa mort nous désespère et son change nous tue,
Et de quelque douceur que nos feux soient suivis,
On dispose de nous sans prendre notre avis;
C'est rarement qu'un père à nos goûts s'accommode,
Et lors juge quels fruits on a de ta méthode.
Pour moi, j'aime un chacun, et sans rien négliger,
Le premier qui m'en conte a de quoi m'engager:
Ainsi tout contribue à ma bonne fortune;
Tout le monde me plaît, et rien ne m'importune.
De mille que je rends l'un de l'autre jaloux,
Mon coeur n'est à pas un, et se promet à tous:
Ainsi tous à l'envi s'efforcent à me plaire;
Tous vivent d'espérance, et briguent leur salaire;
L'éloignement d'aucun ne sauroit m'affliger,
Mille encore présents m'empêchent d'y songer.
Je n'en crains point la mort, je n'en crains point le change;
Table of contents
Inside this edition
- 01Full text
- 02ACTEURS
- 03ACTE I — SCÈNE PREMIÈRE.
- 04SCÈNE II.
- 05SCÈNE III.
- 06SCÈNE IV.
- 07ACTE II. — SCÈNE PREMIÈRE.
- 08SCÈNE II.
- 09SCÈNE III.
- 10SCÈNE IV.
- 11SCÈNE V.
- 12SCÈNE VI.
- 13SCÈNE VII
- 14SCÈNE VIII.
- 15ACTE III. — SCÈNE PREMIÈRE.
- 16SCÈNE II.
- 17SCÈNE III.
- 18SCÈNE IV.
- 19SCÈNE V.
- 20SCÈNE VI.
- 21SCÈNE VII.
- 22SCÈNE VIII.
- 23ACTE IV. — SCÈNE PREMIÈRE.
- 24SCÈNE II.
- 25SCÈNE III.
- 26SCÈNE IV.
- 27SCÈNE V.
- 28SCÈNE VI.
- 29SCÈNE VII.
- 30SCÈNE VIII.
- 31ACTE V. — SCÈNE PREMIÈRE.
- 32SCÈNE II.
- 33SCÈNE III.
- 34SCÈNE IV.
- 35SCÈNE V.
- 36SCÈNE VI.
- 37SCÈNE VII.
- 38SCÈNE VIII.
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