
French Edition
Psychology
Psychologie des temps nouveaux
French BooksWhale Edition by Gustave Le Bon
Le Bon analyse les bouleversements de la guerre et de l’après-guerre à travers les croyances, les passions et les décisions politiques.
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Book introduction
Psychologie des temps nouveaux
Écrit au lendemain de la Première Guerre mondiale, cet ouvrage de Gustave Le Bon applique ses conceptions psychologiques aux transformations européennes. Sept livres traitent de l’évolution mentale des peuples, des conflits de principes, du combat, de la propagande, des mouvements révolutionnaires et de la paix. Le traité de Versailles et les projets d’organisation internationale occupent une place centrale. Le texte français permet de suivre les diagnostics, les jugements et les inquiétudes de l’auteur dans leur situation historique.
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Gustave Le Bon est mort en 1931. L’ouvrage a paru en 1920. Cette édition utilise le texte original français du domaine public.
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Preview chapterINTRODUCTION LES HEURES NOUVELLESRead preview
L’année 1918 a marqué une date lumineuse dans les fastes de notre histoire. Après une série de succès semblant leur présager un définitif triomphe, nos agresseurs sombraient brusquement dans un cataclysme qui détruisit du même coup les plus vieilles monarchies de l’Europe.
Jamais événements aussi contradictoires et aussi imprévus ne s’étaient succédés en un temps si court. A l’âge des miracles il eût semblé certain que des puissances supérieures mystérieuses étaient intervenues pour changer le cours du destin.
Les puissances capables, malgré toutes les prévisions, de subjuguer le plus formidable empire que le monde ait connu, étaient bien supérieures mais non mystérieuses. Elles appartenaient à ce domaine transcendant des puissances psychologiques qui, tant de fois au cours des siècles, réussirent à dominer les forces matérielles quelle qu’en fût la grandeur.
A toutes les phases du formidable conflit, ces puissances morales manifestèrent leur action. Dans des pays jadis sans matériel militaire et sans soldats elles firent surgir avec d’innombrables légions des navires et des canons.
Jour après jour des agents matériels visibles naquirent sous l’influence des puissances invisibles jusqu’au moment où les premières devinrent capables de surmonter des obstacles tenus pour invincibles.
Les forces psychologiques, dont les actions morales font partie, ne règlent pas seulement le sort des batailles. Elles régissent aussi tous les domaines de la vie des peuples et fixent leur destinée.
Conçu dans le même esprit que nos ouvrages antérieurs sur la guerre, ce nouveau livre étudiera au point de vue psychologique quelques-uns des problèmes que le grand conflit a fait naître. On y verra une fois encore que la plupart des questions politiques, militaires, économiques ou sociales sont du ressort de la psychologie.
Cette science, si incertaine jadis, quand elle se confinait dans le domaine de la théorie pure, est devenue capable d’éclairer les plus difficiles questions. Hommes d’État, généraux, industriels même l’invoquent chaque jour.
Si tant de problèmes présents ou passés sont d’ordre psychologique, c’est que la vie des peuples a pour mobiles, en dehors de leurs besoins biologiques, les conceptions qu’ils se font des choses. Or ces conceptions dérivent des sentiments et des passions qui furent toujours les grands moteurs de l’humanité depuis les origines de son histoire.
Des civilisations nouvelles sont nées, les luttes de jadis sur terre et sur mer se poursuivent maintenant sous la terre, sous la mer et dans les airs, mais si l’intelligence a évolué au cours des âges, les sentiments restent identiques à ceux qui animaient nos plus lointains ancêtres.
Bien que la nature des sentiments n’ait pas changé, les agrégats qu’ils peuvent former et dont l’ensemble constitue le caractère, ont varié d’une race à l’autre et c’est pourquoi les destinées des divers pays furent si différentes.
Il fut toujours dangereux d’ignorer ces différences. Les Allemands perdirent la guerre pour les avoir méconnues. Leurs erreurs de la psychologie des peuples armèrent contre eux des nations ne demandant qu’à rester neutres.
Les Alliés commirent aussi des erreurs du même ordre surtout depuis la paix. Elles seront étudiées dans cet ouvrage.
Les forces morales qui régissent l’évolution des peuples sont créées par de longues accumulations héréditaires. L’État présent d’un être résulte de sa vie antérieure comme la plante dérive de la graine.
Il découle de cette essentielle loi que les sociétés ne peuvent, comme le croient tant de rêveurs, se refaire au gré de leurs désirs.
Sans doute les vieilles sociétés comme la nôtre contiennent beaucoup d’éléments usés, non adaptés aux nécessités modernes et qui par conséquent doivent disparaître. Procédés industriels trop anciens, méthodes d’administration d’une complication inutile, marine commerciale inférieure aux besoins actuels, etc.
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LIVRE I L’ÉVOLUTION MENTALE DES PEUPLES
Preview chapterCHAPITRE I Rôle de la psychologie des peuples dans leur histoire.Preview
Des éléments divers pouvant déterminer l’avenir des nations, les plus puissants seront toujours les facteurs psychologiques. C’est surtout avec les qualités des âmes que se tisse la destinée des peuples. De grands progrès sociaux se trouveront réalisés le jour où tous les citoyens seront convaincus que le triomphe de tel ou tel parti politique, de telle ou telle croyance ne saurait déclencher magiquement un définitif bonheur.
Bien des siècles ont passé depuis qu’Aristote et Platon dissertaient sur la psychologie. Ils eurent des continuateurs, mais si l’on cherche dans leurs livres les moyens de diagnostiquer le caractère des hommes et d’influencer leur conduite on constate que les progrès réalisés pendant deux mille ans d’études sont en vérité bien faibles. La lecture des plus savants ouvrages ajoute peu de chose aux connaissances sommaires enseignées par les nécessités de la vie.
Les événements modernes donneront forcément une impulsion nouvelle à une science très incertaine encore.
La guerre mondiale constitua, en effet, un vaste laboratoire de psychologie expérimentale. Elle fit comprendre l’importance des méthodes psychologiques et l’insuffisance des indications fournies par l’enseignement classique pour arriver à déterminer le caractère des peuples et par conséquent leur conduite. Que savions-nous de l’âme des Germains et de celle des Russes ? Rien en réalité. Les Allemands ne soupçonnaient également ni l’âme des Français ni celle des Anglais.
Les ignorances psychologiques de nos ennemis furent heureuses pour nous puisqu’elles eurent pour résultat de déjouer leurs prévisions sur l’orientation de plusieurs pays dont la neutralité semblait certaine.
Cette méconnaissance de la mentalité des peuples ne tient pas seulement à la difficulté de les observer autrement qu’à travers nous-mêmes, c’est-à-dire à travers des préjugés et des passions, mais aussi à ce que les caractères nationaux en temps normal ne sont pas exactement ceux manifestés pendant les grands événements.
En étudiant ailleurs les variations de la personnalité j’ai montré que le « moi » de chaque être représentait un équilibre susceptible d’importantes variations. La constance apparente du caractère résulte seulement de la constance du milieu où nous vivons habituellement et avec lequel nous sommes équilibrés.
Si donc une science psychologique beaucoup plus avancée que la nôtre arrivait à déterminer avec la précision d’une analyse chimique le caractère habituel d’un peuple et les moyens d’agir sur lui, cette science serait incomplète encore. Elle n’approcherait de la perfection qu’en montrant comment réagissent les caractères sous la pression des événements nouveaux dont ils sont enveloppés.
Les découvertes de la psychologie moderne permettent déjà cependant des diagnostics assez sûrs. Nous savons maintenant que la psychologie individuelle et la psychologie collective sont soumises à des lois fort différentes. C’est ainsi par exemple que si un individu isolé se montre généralement très égoïste, cet égoïsme, par le fait seul que le même individu est incorporé à une foule se transformera en un altruisme assez complet pour l’amener à sacrifier sa vie au service de la cause adoptée par la collectivité dont il fait partie.
Nous savons encore qu’à côté des éléments mobiles du caractère individuel se trouvent des éléments ancestraux très stables fixés par le passé. Assez forts pour limiter les oscillations de la personnalité, ils créent immédiatement l’unité d’un peuple dans les circonstances critiques de son existence.
Ce sont ces caractères spéciaux à chaque peuple qui déterminent sa destinée. Si soixante mille Anglais maintiennent sous le joug trois cents millions d’Hindous qui les égalent par l’intelligence c’est grâce aux qualités de caractère des envahisseurs. Si les Espagnols n’ont pu donner que l’anarchie aux provinces latines de l’Amérique c’est à cause de leurs défauts de caractère.
Table of contents
Inside this edition
- 01INTRODUCTION LES HEURES NOUVELLES
- 02LIVRE I L’ÉVOLUTION MENTALE DES PEUPLES
- 03CHAPITRE I Rôle de la psychologie des peuples dans leur histoire.
- 04CHAPITRE II Les forces morales dans la vie des peuples.
- 05CHAPITRE III Perturbations intellectuelles et morales engendrées par la guerre.
- 06CHAPITRE IV Causes psychologiques de l’infériorité industrielle de certains peuples.
- 07CHAPITRE V Le problème de l’adaptation.
- 08LIVRE II LES LUTTES DE PRINCIPES DANS LES GUERRES MODERNES
- 09CHAPITRE I L’action des idées dans les conflits des peuples.
- 10CHAPITRE II Bases philosophiques du pangermanisme.
- 11CHAPITRE III Buts de guerre atteints par divers peuples et buts qu’ils poursuivaient.
- 12CHAPITRE IV Comment se dissipèrent les illusions germaniques sur les avantages des conquêtes militaires.
- 13CHAPITRE V Les conceptions diverses du droit et le problème d’un Gouvernement international.
- 14LIVRE III RÔLE DES FACTEURS PSYCHOLOGIQUES DANS LES BATAILLES
- 15CHAPITRE I Éléments psychologiques des batailles.
- 16CHAPITRE II Conséquences de l’unité d’action.
- 17CHAPITRE III Erreurs crées par la routine et les idées fausses pendant la guerre.
- 18CHAPITRE IV Raisons psychologiques de la débâcle allemande.
- 19CHAPITRE V Le coût des guerres modernes.
- 20LIVRE IV PROPAGATION DES CROYANCES ET ORIENTATION DES OPINIONS
- 21CHAPITRE I Comment se créent les opinions et les croyances.
- 22CHAPITRE II Le maniement des armes psychologiques.
- 23CHAPITRE III Les bouleversements politiques. Rapidité de leur propagation.
- 24LIVRE V LE NOUVEL OURAGAN RÉVOLUTIONNAIRE
- 25CHAPITRE I Formes actuelles des aspirations populaires.
- 26CHAPITRE II La dictature du prolétariat et ses illusions.
- 27CHAPITRE III L’enquête sur les résultats du communisme.
- 28CHAPITRE IV Propagation de l’ouragan révolutionnaire dans divers pays.
- 29LIVRE VI ILLUSIONS POLITIQUES DE L’HEURE PRÉSENTE
- 30CHAPITRE I Fondements des prévisions formulées sur la destinée des peuples.
- 31CHAPITRE II Rôle de la nécessité dans la destinée des peuples.
- 32CHAPITRE III Les erreurs du principe des nationalités et ses conséquences.
- 33CHAPITRE IV Les périls de l’Étatisme.
- 34CHAPITRE V Les futures croisades.
- 35LIVRE VII LA DÉSORGANISATION POLITIQUE DE L’EUROPE
- 36CHAPITRE I Premières difficultés du problème de la paix.
- 37CHAPITRE II Les erreurs psychologiques du traité de paix.
- 38CHAPITRE III Le problème de la Société des Nations.
- 39CHAPITRE IV Le projet d’une Ligue des Nations et ses premiers résultats.
- 40CHAPITRE V Éléments actuels de la sécurité des peuples à l’extérieur et à l’intérieur.
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