French Edition
History
La Cité antique
French BooksWhale Edition by Numa Denis Fustel de Coulanges
Une étude majeure sur religion, famille, cité et institutions dans le monde antique.
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Book introduction
La Cité antique
La Cité antique explique comment le culte domestique, la famille, la propriété et les rites funéraires ont façonné les institutions grecques et romaines. Fustel de Coulanges propose une histoire sociale et religieuse de la naissance de la cité.
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La Cité antique
LA CITÉ ANTIQUE ÉTUDE SUR LE CULTE, LE DROIT, LES INSTITUTIONS DE LA GRÈCE ET DE ROME
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PAR FUSTEL DE COULANGES
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DE LA NÉCESSITÉ D'ÉTUDIER LES PLUS VIEILLES CROYANCES DES ANCIENS POUR CONNAÎTRE LEURS INSTITUTIONS.
On se propose de montrer ici d'après quels principes et par quelles règles la société grecque et la société romaine se sont gouvernées. On réunit dans la même étude les Romains et les Grecs, parce que ces deux peuples, qui étaient deux branches d'une même race, et qui parlaient deux idiomes issus d'une même langue, ont eu aussi les mêmes institutions et les mêmes principes de gouvernement et ont traversé une série de révolutions semblables.
On s'attachera surtout à faire ressortir les différences radicales et essentielles qui distinguent à tout jamais ces peuples anciens des sociétés modernes. Notre système d'éducation, qui nous fait vivre dès l'enfance au milieu des Grecs et des Romains, nous habitue à les comparer sans cesse à nous, à juger leur histoire d'après la nôtre et à expliquer nos révolutions par les leurs. Ce que nous tenons d'eux et ce qu'ils nous ont légué nous fait croire qu'ils nous ressemblaient; nous avons quelque peine à les considérer comme des peuples étrangers; c'est presque toujours nous que nous voyons en eux. De là sont venues beaucoup d'erreurs. Nous ne manquons guère de nous tromper sur ces peuples anciens quand nous les regardons à travers les opinions et les faits de notre temps.
Or les erreurs en cette matière ne sont pas sans danger. L'idée que l'on s'est faite de la Grèce et de Rome a souvent troublé nos générations. Pour avoir mal observé les institutions de la cité ancienne, on a imaginé de les faire revivre chez nous. On s'est fait illusion sur la liberté chez les anciens, et pour cela seul la liberté chez les modernes a été mise en péril. Nos quatre-vingts dernières années ont montré clairement que l'une des grandes difficultés qui s'opposent à la marche de la société moderne, est l'habitude qu'elle a prise d'avoir toujours l'antiquité grecque et romaine devant les yeux.
Pour connaître la vérité sur ces peuples anciens, il est sage de les étudier sans songer à nous, comme s'ils nous étaient tout à fait étrangers, avec le même désintéressement et l'esprit aussi libre que nous étudierions l'Inde ancienne ou l'Arabie.
Ainsi observées, la Grèce et Rome se présentent à nous avec un caractère absolument inimitable. Rien dans les temps modernes ne leur ressemble. Rien dans l'avenir ne pourra leur ressembler. Nous essayerons de montrer par quelles règles ces sociétés étaient régies, et l'on constatera aisément que les mêmes règles ne peuvent plus régir l'humanité.
D'où vient cela? Pourquoi les conditions du gouvernement des hommes ne sont-elles plus les mêmes qu'autrefois? Les grands changements qui paraissent de temps en temps dans la constitution des sociétés, ne peuvent être l'effet ni du hasard, ni de la force seule. La cause qui les produit doit être puissante, et cette cause doit résider dans l'homme. Si les lois de l'association humaine ne sont plus les mêmes que dans l'antiquité, c'est qu'il y a dans l'homme quelque chose de changé. Nous avons en effet une partie de notre être qui se modifie de siècle en siècle; c'est notre intelligence. Elle est toujours en mouvement, et presque toujours en progrès, et à cause d'elle, nos institutions et nos lois sont sujettes au changement. L'homme ne pense plus aujourd'hui ce qu'il pensait il y a vingt-cinq siècles, et c'est pour cela qu'il ne se gouverne plus comme il se gouvernait.
L'histoire de la Grèce et de Rome est un témoignage et un exemple de l'étroite relation qu'il y a toujours entre les idées de l'intelligence humaine et l'état social d'un peuple. Regardez les institutions des anciens sans penser à leurs croyances, vous les trouvez obscures, bizarres, inexplicables. Pourquoi des patriciens et des plébéiens, des patrons et des clients, des eupatrides et des thètes, et d'où viennent les différences natives et ineffaçables que nous trouvons entre ces classes? Que signifient ces institutions lacédémoniennes qui nous paraissent si contraires à la nature? Comment expliquer ces bizarreries iniques de l'ancien droit privé: à Corinthe, à Thèbes, défense de vendre sa terre; à Athènes, à Rome, inégalité dans la succession entre le frère et la soeur? Qu'est-ce que les jurisconsultes entendaient par l'_agnation_, par la _gens_? Pourquoi ces révolutions dans le droit, et ces révolutions dans la politique? Qu'était-ce que ce patriotisme singulier qui effaçait quelquefois tous les sentiments naturels? Qu'entendait-on par cette liberté dont on parlait sans cesse? Comment se fait-il que des institutions qui s'éloignent si fort de tout ce dont nous avons l'idée aujourd'hui, aient pu s'établir et régner longtemps? Quel est le principe supérieur qui leur a donné l'autorité sur l'esprit des hommes?
Table of contents
Inside this edition
- 01Full text
- 02PAR FUSTEL DE COULANGES
- 03INTRODUCTION.
- 04LIVRE PREMIER.
- 05ANTIQUES CROYANCES.
- 06CHAPITRE PREMIER.
- 07CROYANCES SUR L'ÂME ET SUR LA MORT.
- 08NOTES
- 09CHAPITRE II.
- 10LE CULTE DES MORTS
- 11NOTES
- 12CHAPITRE III.
- 13LE FEU SACRÉ.
- 14NOTES
- 15CHAPITRE IV.
- 16LA RELIGION DOMESTIQUE.
- 17NOTES
- 18LA FAMILLE.
- 19CHAPITRE PREMIER.
- 20LA RELIGION A ÉTÉ LE PRINCIPE CONSTITUTIF DE LA FAMILLE ANCIENNE.
- 21NOTES
- 22CHAPITRE II
- 23LE MARIAGE.
- 24NOTES
- 25CHAPITRE III
- 26NOTES
- 27CHAPITRE IV.
- 28DE L'ADOPTION ET DE L'ÉMANCIPATION.
- 29NOTES
- 30CHAPITRE V.
- 31DE LA PARENTÉ. DE CE QUE LES ROMAINS APPELAIENT AGNATION.
- 32NOTES
- 33CHAPITRE VI.
- 34LE DROIT DE PROPRIÉTÉ.
- 35NOTES
- 36CHAPITRE VII.
- 37LE DROIT DE SUCCESSION.
- 38NOTES
- 39CHAPITRE VIII.
- 40L'AUTORITÉ DANS LA FAMILLE.
- 41NOTES
- 42CHAPITRE IX.
- 43L'ANTIQUE MORALE DE LA FAMILLE.
- 44NOTES
- 45CHAPITRE X.
- 46LA GENS À ROME ET EN GRÈCE.
- 47NOTES
- 48LA CITÉ.
- 49CHAPITRE PREMIER.
- 50LA PHRATRIE ET LA CURIE; LA TRIBU.
- 51NOTES
- 52CHAPITRE II.
- 53NOUVELLES CROYANCES RELIGIEUSES
- 54NOTES
- 55CHAPITRE III.
- 56LA CITÉ SE FORME.
- 57NOTES
- 58CHAPITRE IV.
- 59LA VILLE.
- 60NOTES
- 61CHAPITRE V.
- 62LE CULTE DU FONDATEUR; LA LÉGENDE D'ÉNÉE.
- 63NOTES
- 64CHAPITRE VI.
- 65LES DIEUX DE LA CITÉ.
- 66NOTES
- 67CHAPITRE VII.
- 68LA RELIGION DE LA CITÉ.
- 69NOTES
- 70CHAPITRE VIII.
- 71LES RITUELS ET LES ANNALES.
- 72NOTES
- 73CHAPITRE IX.
- 74GOUVERNEMENT DE LA CITÉ. LE ROI.
- 75NOTES
- 76CHAPITRE X.
- 77LE MAGISTRAT.
- 78NOTES
- 79CHAPITRE XI.
- 80LA LOI.
- 81NOTES
- 82CHAPITRE XII.
- 83LE CITOYEN ET L'ÉTRANGER.
- 84NOTES
- 85CHAPITRE XIII.
- 86LE PATRIOTISME. L'EXIL.
- 87NOTES
- 88CHAPITRE XIV.
- 89DE L'ESPRIT MUNICIPAL.
- 90CHAPITRE XV.
- 91RELATIONS ENTRE LES CITÉS; LA GUERRE; LA PAIX; L'ALLIANCE DES DIEUX.
- 92NOTES
- 93CHAPITRE XVI.
- 94LE ROMAIN; L'ATHÉNIEN.
- 95NOTES
- 96CHAPITRE XVII.
- 97DE L'OMNIPOTENCE DE L'ÉTAT; LES ANCIENS N'ONT PAS CONNU LA LIBERTÉ INDIVIDUELLE.
- 98NOTES
- 99LES RÉVOLUTIONS.
- 100CHAPITRE PREMIER.
- 101PATRICIENS ET CLIENTS.
- 102NOTES
- 103CHAPITRE II.
- 104LES PLÉBÉIENS.
- 105NOTES
- 106CHAPITRE III.
- 107PREMIÈRE RÉVOLUTION.
- 108NOTES
- 109CHAPITRE IV.
- 110L'ARISTOCRATIE GOUVERNE LES CITÉS.
- 111NOTES
- 112CHAPITRE V.
- 113NOTES
- 114CHAPITRE VI.
- 115LES CLIENTS S'AFFRANCHISSENT.
- 116NOTES
- 117CHAPITRE VII.
- 118TROISIÈME RÉVOLUTION: LA PLÈBE ENTRE DANS LA CITÉ.
- 119NOTES
- 120CHAPITRE VIII.
- 121CHANGEMENTS DANS LE DROIT PRIVÉ; LE CODE DES DOUZE TABLES; LE CODE DE SOLON.
- 122NOTES
- 123CHAPITRE IX.
- 124NOUVEAU PRINCIPE DE GOUVERNEMENT; L'INTÉRÊT PUBLIC ET LE SUFFRAGE.
- 125NOTES
- 126CHAPITRE X.
- 127NOTES
- 128CHAPITRE XI.
- 129RÈGLES DU GOUVERNEMENT DÉMOCRATIQUE; EXEMPLE DE LA DÉMOCRATIE ATHÉNIENNE.
- 130NOTES
- 131CHAPITRE XII.
- 132RICHES ET PAUVRES; LA DÉMOCRATIE PÉRIT; LES TYRANS POPULAIRES.
- 133NOTES
- 134CHAPITRE XIII.
- 135RÉVOLUTIONS DE SPARTE.
- 136NOTES
- 137CHAPITRE PREMIER
- 138NOUVELLES CROYANCES; LA PHILOSOPHIE CHANGE LES RÈGLES DE LA POLITIQUE.
- 139NOTES
- 140CHAPITRE II.
- 141LA CONQUÊTE ROMAINE.
- 142NOTES
- 143CHAPITRE III.
- 144LE CHRISTIANISME CHANGE LES CONDITIONS DU GOUVERNEMENT.
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