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French Edition

Literature

Thérèse Raquin

French BooksWhale Edition by Émile Zola

Un roman noir de désir, meurtre, culpabilité et décomposition morale au cœur du naturalisme zolien.

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Book introduction

Thérèse Raquin

Thérèse Raquin suit Thérèse et Laurent après un crime qui devait leur ouvrir la liberté mais les enferme dans la peur, la haine et le remords. Zola y expérimente une écriture naturaliste attentive aux corps, aux nerfs, au milieu et aux conséquences physiques de la faute.

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This edition is based on a public domain text and has been prepared for digital reading by BooksWhale.

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Émile Zola died in 1902, and Thérèse Raquin was first published in 1867. These dates support the public-domain basis for the French source text used in this edition.

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Thérèse Raquin

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THÉRÈSE RAQUIN

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Au bout de la rue Guénégaud, lorsqu'on vient des quais, on trouve le

passage du Pont-Neuf, une sorte de corridor étroit et sombre qui va de

la rue Mazarine à la rue de Seine. Ce passage a trente pas de long et

deux de large, au plus; il est pavé de dalles jaunâtres, usées,

descellées, suant toujours une humidité acre; le vitrage qui le

couvre, coupé à angle droit, est noir de crasse.

Par les beaux jours d'été, quand un lourd soleil brûle les rues, une

clarté blanchâtre tombe des vitres sales et traîne misérablement dans

le passage. Par les vilains jours d'hiver, par les matinées de

brouillard, les vitres ne jettent que de la nuit sur les dalles

gluantes, de la nuit salie et ignoble.

A gauche, se creusent des boutiques obscures, basses, écrasées,

laissant échapper des souffles froids de caveau. Il y a là des

bouquinistes, des marchands de jouets d'enfants, des cartonniers, dont

les étalages gris de poussière dorment vaguement dans l'ombre; les

vitrines, faites de petits carreaux, moirent étrangement les

marchandises de reflets verdâtres; au delà, derrière les étalages, les

boutiques pleines de ténèbres sont autant de trous lugubres dans

lesquels s'agitent des formes bizarres.

A droite, sur toute la longueur du passage, s'étend une muraille

contre laquelle les boutiquiers d'en face ont plaqué d'étroites

armoires; des objets sans nom, des marchandises oubliées là depuis

vingt ans s'y étalent le long de minces planches peintes d'une

horrible couleur brune. Une marchande de bijoux faux s'est établie

dans l'une des armoires; elle y vend des bagues de quinze sous,

délicatement posées sur un lit de velours bleu, au fond d'une boîte en

acajou.

Au-dessus du vitrage, la muraille monte, noire, grossièrement crépie,

comme couverte d'une lèpre et toute couturée de cicatrices.

Le passage du Pont-Neuf n'est pas un lieu de promenade. On le prend

pour éviter un détour, pour gagner quelques minutes. Il est traversé

par un public de gens affairés dont l'unique souci est d'aller vite et

droit devant eux. On y voit des apprentis en tablier de travail, des

ouvrières reportant leur ouvrage, des hommes et des femmes tenant des

paquets sous leur bras; on y voit encore des vieillards se traînant

dans le crépuscule morne qui tombe des vitres, et des bandes de petits

enfants qui viennent là au sortir de l'école, pour faire du tapage en

courant, en tapant à coups de sabots sur les dalles. Toute la journée,

c'est un bruit sec et pressé de pas sonnant sur la pierre avec une

irrégularité irritante; personne ne parle, personne ne stationne;

chacun court à ses occupations, la tête basse, marchant rapidement,

sans donner aux boutiques un seul coup d'oeil. Les boutiquiers

regardent d'un air inquiet les passants qui, par miracle, s'arrêtent

devant leurs étalages.

Le soir, trois becs de gaz, enfermés dans des lanternes lourdes et

carrées, éclairent le passage. Ces becs de gaz, pendus aux vitrages

sur lesquels ils jettent des taches de clarté fauve, laissent tomber

autour d'eux des ronds d'une lueur pâle qui vacillent et semblent

disparaître par instants. Le passage prend l'aspect sinistre d'un

véritable coupe-gorge; de grandes ombres s'allongent sur les dalles,

des souffles humides viennent de la rue; on dirait une galerie

souterraine vaguement éclairée par trois lampes funéraires. Les

marchands se contentent, pour tout éclairage, des maigres rayons que

les becs de gaz envoient à leurs vitrines; ils allument seulement,

dans leur boutique, une lampe munie d'un abat-jour, qu'ils posent sur

un coin de leur comptoir, et les passants peuvent alors distinguer ce

qu'il y a au fond de ces trous où la nuit habite pendant le jour. Sur

la ligne noirâtre des devantures, les vitres d'un cartonnier

Table of contents

Inside this edition

  1. 01Full text
  2. 02THÉRÈSE RAQUIN
  3. 03I
  4. 04II
  5. 05III
  6. 06IV
  7. 07V
  8. 08VI
  9. 09VII
  10. 10VIII
  11. 11IX
  12. 12X
  13. 13XI
  14. 14XII
  15. 15XIII
  16. 16acte formel fût dressé. Le lendemain de l'accident, on avait
  17. 17XIV
  18. 18XV
  19. 19XVI
  20. 20XVII
  21. 21XVIII
  22. 22XIX
  23. 23XX
  24. 24XXI
  25. 25XXII
  26. 26XXIII
  27. 27XXIV
  28. 28XXV
  29. 29XXVI
  30. 30XXVII
  31. 31XXVIII
  32. 32XXIX
  33. 33XXX
  34. 34XXXI
  35. 35XXXII
  36. 36FIN

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