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Literatura

Robur-le-Conquérant

Edición BooksWhale en francés de Jules Verne

Une aventure aérienne visionnaire autour d’un inventeur, d’une machine volante et du rêve de dominer les airs.

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Introducción del libro

Robur-le-Conquérant

Robur enlève trois hommes pour leur révéler son extraordinaire appareil aérien. Verne confronte fascination technologique, liberté et responsabilité scientifique.

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Jules Verne est mort en 1905; ce roman de 1886 est du domaine public.

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Robur-le-Conquérant

Jules Verne

Capítulo de vista previaI Où le monde savant et le monde ignorant sont aussi embarrassés l’un ou l’autre.Vista previa

« Pan !... Pan !... »

Les deux coups de pistolet partirent presque en même temps. Une vache, qui paissait à cinquante pas de là, reçut une des balles dans l’échine. Elle n’était pour rien dans l’affaire, cependant.

Ni l’un ni l’autre des deux adversaires n’avait été touché.

Quels étaient ces deux gentlemen? On ne sait, et, cependant, c’eût été là, sans doute, l’occasion de faire parvenir leurs noms à la postérité. Tout ce qu’on peut dire, c’est que le plus âgé était Anglais, le plus jeune Américain. Quant à indiquer en quel endroit l’inoffensif ruminant venait de paître sa dernière touffe d’herbe, rien de plus facile. C’était sur la rive droite du Niagara, non loin de ce pont suspendu qui réunit la rive américaine à la rive canadienne, trois milles au-dessous des chutes.

L’Anglais s’avança alors vers l’Américain :

« Je n en soutiens pas moins que c’était le Rule Britannia! dit-il.

— Non! le Yankee Doodle! » répliqua l’autre.

La querelle allait recommencer, lorsque l’un des témoins — sans doute dans l’intérêt du bétail — s’interposa, disant :

« Mettons que c’était le Rule Doodle et le Yankee Britannia, et allons déjeuner! »

Ce compromis entre les deux chants nationaux de l’Amérique et de la Grande-Bretagne fut adopté à la satisfaction générale. Américains et Anglais, remontant la rive gauche du Niagara, vinrent s’attabler dans l’hôtel de Goat-Island — un terrain neutre entre les deux chutes. Comme ils sont en présence des œufs bouillis et du jambon traditionnels, du roastbeef froid, relevé de pickles incendiaires, et de flots de thé à rendre jalouses les célèbres cataractes, on ne les dérangera plus. Il est peu probable, d’ailleurs, qu’il soit encore question d’eux dans cette histoire.

Qui avait raison de l’Anglais ou de l’Américain? Il eût été difficile de se prononcer. En tout cas, ce duel montre combien les esprits s’étaient passionnés, non seulement dans le nouveau, mais aussi dans l’ancien continent, à propos d’un phénomène inexplicable, qui, depuis un mois environ, mettait toutes les cervelles à l’envers.

Os sublime dedit cœlumque tueri,

a dit Ovide pour le plus grand honneur de la créature humaine. En vérité, jamais on n’avait tant regardé le ciel depuis l’apparition de l’homme sur le globe terrestre.

Or, précisément, pendant la nuit précédente, une trompette aérienne avait lancé ses notes cuivrées à travers l’espace, au-dessus de cette portion du Canada située entre le lac Ontario et le lac Erié. Les uns avaient entendu le Yankee Doodle, les autres le Rule Britannia. De là cette querelle d’Anglo-saxons qui se terminait par un déjeuner à Goat-Island. Peut-être, en somme, n’était-ce ni l’un ni l’autre de ces chants patriotiques. Mais ce qui n’était douteux pour personne c’est que ce son étrange avait ceci de particulier qu’il semblait descendre du ciel sur la terre.

Fallait-il croire à quelque trompette céleste, embouchée par un ange ou un archange?... N’était-ce pas plutôt de joyeux aéronautes qui jouaient de ce sonore instrument, dont la Renommée fait un si bruyant usage?

Non! Il n’y avait là ni ballon, ni aéronautes. Un phénomène extraordinaire se produisait dans les hautes zones du ciel — phénomène dont on ne pouvait reconnaître la nature ni l’origine. Aujourd’hui, il apparaissait au-dessus de l’Amérique, quarante-huit heures après au-dessus de l’Europe, huit jours plus tard, en Asie, au-dessus du Céleste Empire. Décidément, si la trompette qui signalait son passage n’était pas celle du Jugement dernier, qu’était donc cette trompette?

Capítulo de vista previaII Dans lequel les membres du Weldon-Institute se disputent sans parvenir à se mettre d’accord.Vista previa

« Et le premier qui dira le contraire...

— Vraiment!... Mais on le dira, s’il y a lieu de le dire!

— Et en dépit de vos menaces!...

— Prenez garde à vos paroles, Bat Fyn!

— Et aux vôtres, Uncle Prudent!

Je soutiens que l’hélice ne doit pas être à l’arrière!

— Nous aussi!... Nous aussi!... répondirent cinquante voix, confondues dans un commun accord.

— Non!... Elle doit être à l’avant! s’écria PhilEvans.

— A l’avant! répondirent cinquante autres voix avec une vigueur non moins remarquable.

— Jamais nous ne serons du même avis!

— Jamais!... Jamais!

— Alors à quoi bon disputer?

— Ce n’est pas de la dispute !... C’est de la discussion!

On ne l’aurait pas cru, à entendre les reparties, les objurgations, les vociférations, qui emplissaient la salle des séances depuis un bon quart d’heure.

Cette salle, il est vrai, était la plus grande du Weldon-Institut — club célèbre entre tous, établi Walnut-Street, à Philadelphie, Etat de Pennsylvanie, Etats-Unis d’Amérique.

Or, la veille, dans la cité, à propos de l’élection d’un allumeur de gaz, il y avait eu manifestations publiques, meetings bruyants, coups échangés de part et d’autre. De là, une effervescence qui n’était pas encore calmée, et d’où provenait peut-être cette surexcitation dont les membres du Weldon-Institut venaient de faire preuve. Et, cependant, ce n’était là qu’une simple réunion de « ballonistes », discutant la question encore palpitante même à cette époque — de la direction des ballons. Cela se passait dans une ville des Etats-Unis, dont le développement rapide fut Supérieur même à celui de New York, de Chicago, de Cincinnati, de San Francisco, — une ville, qui n’est pourtant ni un port, ni un centre minier de houille ou de pétrole, ni une agglomération manufacturière, ni le terminus d’un rayonnement de voies ferrées, — une ville plus grande que Berlin, Manchester, Edimbourg, Liverpool, Vienne, Pétersbourg, Dublin -, une ville qui possède un parc dans lequel tiendraient ensemble les sept parcs de la capitale de l’Angleterre, — une ville, enfin, qui compte actuellement près de douze cent mille âmes et se dit la quatrième ville du monde, après Londres, Paris et New York.

Philadelphie est presque une cité de marbre avec ses maisons de grand caractère et ses établissements publics qui ne connaissent point de rivaux. Le plus important de tous les collèges du Nouveau Monde est le collège Girard, et il est à Philadelphie. Le plus large pont de fer du globe est le pont jeté sur la rivière Schuylkill, et il est à Philadelphie. Le plus beau temple de la Franc-Maçonnerie est le Temple Maçonnique, et il est à Philadelphie. Enfin, le plus grand club des adeptes de la navigation aérienne est à Philadelphie. Et si l’on veut bien le visiter dans cette soirée du 12 juin, peut-être y trouvera-t-on quelque plaisir.

En cette grande salle s’agitaient, se démenaient, gesticulaient, parlaient, discutaient, disputaient — tous le chapeau sur la tête — une centaine de ballonistes, sous la haute autorité d’un président assisté d’un secrétaire et d’un trésorier. Ce n’étaient point des ingénieurs de profession. Non, de simples amateurs de tout ce qui se rapportait à l’aérostatique, mais amateurs enragés et particulièrement ennemis de ceux qui veulent opposer aux aérostats les appareils « plus lourds que l’air », machines volantes, navires aériens ou autres. Que ces braves gens dussent jamais trouver la direction des ballons, c’est possible. En tout cas, leur président avait quelque peine à les diriger eux-mêmes.

Ce président, bien connu à Philadelphie, était le fameux Uncle Prudent, — Prudent, de son nom de famille. quant au qualificatif Uncle, cela ne saurait surprendre en Amérique, où l’on peut être oncle sans avoir ni neveu ni nièce. On dit Uncle, là-bas, comme, ailleurs, on dit père, de gens qui n’ont jamais fait œuvre de paternité.

Índice

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  1. 01Full text
  2. 02I Où le monde savant et le monde ignorant sont aussi embarrassés l’un ou l’autre.
  3. 03II Dans lequel les membres du Weldon-Institute se disputent sans parvenir à se mettre d’accord.
  4. 04III Dans lequel un nouveau personnage n’a pas besoin d’être presenté, car il se presente lui-même.
  5. 05IV Dans lequel, à propos du valet Frycollin, l’auteur essaie de réhabiliter la lune.
  6. 06V Dans lequel une suspension d’hostilités est consentie entre le president et le secrétaire du Weldon-Institute.
  7. 07VI Les ingénieurs, les mécaniciens et autres savants feraient peut-être bien de passer.
  8. 08VII Dans lequel Uncle Prudent et Phil Evans refusent encore de se laisser convaincre.
  9. 09VIII Ou l’on verra que Robur se décide à répondre à l’importante question qui lui est posée.
  10. 10IX Dans lequel l’ Albatros franchit près de dix mille kilomètres, qui se terminent par un bond prodigieux.
  11. 11X Dans lequel on verra comment et pourquoi le valet Frycollin fut mis à la remorque.
  12. 12XI Dans lequel la colère de Uncle Prudent croît comme le carré de la vitesse.
  13. 13XII Dans lequel l’ingénieur Robur agit comme s’il voulait concourir pour un des prix monthyon
  14. 14XIII Dans lequel Uncle Prudent et Phil Evans traversent tout un océan, sans avoir le mal de mer.
  15. 15XIV Dans lequel l’ Albatros fait ce qu on ne pourra peut-être jamais faire.
  16. 16XV Dans lequel il se passe des choses qui méritent vraiment la peine d’être racontées.
  17. 17XVI Qui laissera le lecteur dans une indécision peut-être regrettable.
  18. 18XVII Dans lequel on revient à deux mois en arrière et où l’on saute à neuf mois en avant.
  19. 19XVIII Qui termine cette véridique histoire de l’ Albatros sans la terminer.

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