Bouvard et Pécuchet cover

français Édition

Littérature

Bouvard et Pécuchet

Édition BooksWhale en français par Gustave Flaubert

Un roman satirique sur le savoir, l’imitation, l’échec et les ambitions encyclopédiques.

Aperçu
Extrait du texte préparé
Formats
Lecteur en ligne, EPUB, PDF
Accès
Claim Bibliothèque

Introduction du livre

Bouvard et Pécuchet

Bouvard et Pécuchet met en scène deux copistes qui cherchent à embrasser tous les savoirs, de l’agriculture à la philosophie. Cette édition française présente le texte de Flaubert dans une mise en lecture claire.

Édition BooksWhale

Préparation de cette édition

Cette édition repose sur un texte du domaine public et a été préparée par BooksWhale pour la lecture numérique.

Base du domaine public

Pourquoi cette édition peut être partagée

Gustave Flaubert est mort en 1880, et Bouvard et Pécuchet a été publié en 1881. Ces dates soutiennent le statut de domaine public du texte français utilisé dans cette édition.

Lire l'aperçu

Extrait du texte préparé

Aperçu sélectionné depuis le texte de lecture préparé.

Chapitre d'aperçuFull textLire l'aperçu

Bouvard et Pécuchet

Gustave Flaubert

Chapitre d'aperçuChapitre IAperçu

Comme il faisait une chaleur de 33 degrés, le boulevard Bourdon se trouvait absolument désert.

Plus bas le canal Saint-Martin, fermé par les deux écluses étalait en ligne droite son eau couleur d'encre. Il y avait au milieu, un bateau plein de bois, et sur la berge deux rangs de barriques.

Au delà du canal, entre les maisons que séparent des chantiers le grand ciel pur se découpait en plaques d'outremer, et sous la réverbération du soleil, les façades blanches, les toits d'ardoises, les quais de granit éblouissaient. Une rumeur confuse montait du loin dans l'atmosphère tiède; et tout semblait engourdi par le désoeuvrement du dimanche et la tristesse des jours d'été.

Deux hommes parurent.

L'un venait de la Bastille, l'autre du Jardin des Plantes. Le plus grand, vêtu de toile, marchait le chapeau en arrière, le gilet déboutonné et sa cravate à la main. Le plus petit, dont le corps disparaissait dans une redingote marron, baissait la tête sous une casquette à visière pointue.

Quand ils furent arrivés au milieu du boulevard, ils s'assirent à la même minute, sur le même banc.

Pour s'essuyer le front, ils retirèrent leurs coiffures, que chacun posa près de soi; et le petit homme aperçut écrit dans le chapeau de son voisin: Bouvard; pendant que celui-ci distinguait aisément dans la casquette du particulier en redingote le mot: Pécuchet.

--Tiens! dit-il nous avons eu la même idée, celle d'inscrire notre nom dans nos couvre-chefs.

--Mon Dieu, oui! on pourrait prendre le mien à mon bureau!

--C'est comme moi, je suis employé.

Alors ils se considérèrent.

L'aspect aimable de Bouvard charma de suite Pécuchet.

Ses yeux bleuâtres, toujours entreclos, souriaient dans son visage colore. Un pantalon à grand-pont, qui godait par le bas sur des souliers de castor, moulait son ventre, faisait bouffer sa chemise à la ceinture;--et ses cheveux blonds, frisés d'eux-mêmes en boucles légères, lui donnaient quelque chose d'enfantin.

Il poussait du bout des lèvres une espèce de sifflement continu.

L'air sérieux de Pécuchet frappa Bouvard.

On aurait dit qu'il portait une perruque, tant les mèches garnissant son crâne élevé étaient plates et noires. Sa figure semblait tout en profil, à cause du nez qui descendait très bas. Ses jambes prises dans des tuyaux de lasting manquaient de proportion avec la longueur du buste; et il avait une voix forte, caverneuse.

Cette exclamation lui échappa:--Comme on serait bien à la campagne!

Mais la banlieue, selon Bouvard, était assommante par le tapage des guinguettes. Pécuchet pensait de même. Il commençait néanmoins à se sentir fatigué de la capitale, Bouvard aussi.

Et leurs yeux erraient sur des tas de pierres à bâtir, sur l'eau hideuse où une botte de paille flottait, sur la cheminée d'une usine se dressant à l'horizon; des miasmes d'égout s'exhalaient. Ils se tournèrent de l'autre côté. Alors, ils eurent devant eux les murs du Grenier d'abondance.

Décidément (et Pécuchet en était surpris) on avait encore plus chaud dans les rues que chez soi!

Bouvard l'engagea à mettre bas sa redingote. Lui, il se moquait du qu'en dira-t-on!

Tout à coup un ivrogne traversa en zigzag le trottoir;--et à propos des ouvriers, ils entamèrent une conversation politique. Leurs opinions étaient les mêmes, bien que Bouvard fût peut-être plus libéral.

Un bruit de ferrailles sonna sur le pavé, dans un tourbillon de poussière. C'étaient trois calèches de remise qui s'en allaient vers Bercy, promenant une mariée avec son bouquet, des bourgeois en cravate blanche, des dames enfouies jusqu'aux aisselles dans leur jupon, deux ou trois petites filles, un collégien. La vue de cette noce amena Bouvard et Pécuchet à parler des femmes,--qu'ils déclarèrent frivoles, acariâtres, têtues. Malgré cela, elles étaient souvent meilleures que les hommes; d'autres fois elles étaient pires. Bref, il valait mieux vivre sans elles; aussi Pécuchet était resté célibataire.

Chapitre d'aperçuChapitre IiAperçu

Quelle joie, le lendemain en se réveillant! Bouvard fuma une pipe, et Pécuchet huma une prise, qu'ils déclarèrent la meilleure de leur existence. Puis ils se mirent à la croisée, pour voir le paysage.

On avait en face de soi les champs, à droite une grange, avec le clocher de l'église,--et à gauche un rideau de peupliers.

Deux allées principales, formant la croix, divisaient le jardin en quatre morceaux. Les légumes étaient compris dans les plates-bandes, où se dressaient, de place en place, des cyprès nains et des quenouilles. D'un côté, une tonnelle aboutissait à un vigneau, de l'autre un mur soutenait les espaliers;--et une claire-voie, dans le fond, donnait sur la campagne. Il y avait au delà du mur un verger, après la charmille un bosquet, derrière la claire-voie un petit chemin.

Ils contemplaient cet ensemble, quand un homme à chevelure grisonnante et vêtu d'un paletot noir, longea le sentier, en raclant avec sa canne tous les barreaux de la claire-voie. La vieille servante leur apprit que c'était M. Vaucorbeil, un docteur fameux dans l'arrondissement.

Les autres notables étaient le comte de Faverges, autrefois député, et dont on citait les vacheries, le maire M. Foureau qui vendait du bois, du plâtre, toute espèce de choses, M. Marescot le notaire, l'abbé Jeufroy, et Mme veuve Bordin, vivant de son revenu.--Quant à elle, on l'appelait la Germaine, à cause de feu Germain son mari. Elle faisait des journées mais aurait voulu passer au service de ces messieurs. Ils l'acceptèrent, et partirent pour leur ferme, située à un kilomètre de distance.

Quand ils entrèrent dans la cour, le fermier, maître Gouy, vociférait contre un garçon et la fermière sur un escabeau, serrait entre ses jambes une dinde qu'elle empâtait avec des gobes de farine. L'homme avait le front bas, le nez fin, le regard en dessous, et les épaules robustes. La femme était très blonde, avec les pommettes tachetées de son, et cet air de simplicité que l'on voit aux manants sur le vitrail des églises.

Dans la cuisine, des bottes de chanvre étaient suspendues au plafond. Trois vieux fusils s'échelonnaient sur la haute cheminée. Un dressoir chargé de faïences à fleurs occupait le milieu de la muraille;--et les carreaux en verre de bouteille jetaient sur les ustensiles de fer-blanc et de cuivre rouge une lumière blafarde.

Les deux Parisiens désiraient faire leur inspection, n'ayant vu la propriété qu'une fois, sommairement. Maître Gouy et son épouse les escortèrent;--et la kyrielle des plaintes commença.

Tous les bâtiments, depuis la charreterie jusqu'à la bouillerie, avaient besoin de réparations. Il aurait fallu construire une succursale pour les fromages, mettre aux barrières des ferrements neufs, relever les hauts-bords, creuser la mare et replanter considérablement de pommiers dans les trois cours.

Ensuite, on visita les cultures. Maître Gouy les déprécia. Elles mangeaient trop de fumier; les charrois étaient dispendieux,--impossible d'extraire les cailloux, la mauvaise herbe empoisonnait les prairies;--et ce dénigrement de sa terre atténua le plaisir que Bouvard sentait à marcher dessus.

Ils s'en revinrent par la cavée, sous une avenue de hêtres. La maison montrait de ce côté-là, sa cour d'honneur et sa façade.

Elle était peinte en blanc, avec des réchampis de couleur jaune. Le hangar et le cellier, le fournil et le bûcher faisaient en retour deux ailes plus basses. La cuisine communiquait avec une petite salle. On rencontrait ensuite le vestibule, une deuxième salle plus grande, et le salon. Les quatre chambres au premier s'ouvraient sur le corridor qui regardait la cour. Pécuchet en prit une pour ses collections; la dernière fut destinée à la bibliothèque; et comme ils ouvraient les armoires, ils trouvèrent d'autres bouquins, mais n'eurent pas la fantaisie d'en lire les titres. Le plus pressé, c'était le jardin.

Table des matières

Dans cette édition

  1. 01Full text
  2. 02Chapitre I
  3. 03Chapitre Ii
  4. 04Chapitre Iii
  5. 05Chapitre Iv
  6. 06Chapitre V
  7. 07Chapitre Vi
  8. 08Chapitre Vii
  9. 09Chapitre Viii
  10. 10Chapitre Ix
  11. 11Chapitre X

Disponibilité linguistique

Autres langues

Aucune autre édition linguistique n'est encore publiée. Cette section les reliera lorsqu'elles seront disponibles.

Demander une autre langue

Bouvard et Pécuchet

Abonnement $9.90 / an · accès claim

AperçuRejoindre