
français Édition
Littérature
Face au drapeau
Édition BooksWhale en français par Jules Verne
Un roman de science-fiction politique sur une invention capable de bouleverser le monde.
- Aperçu
- Extrait du texte préparé
- Formats
- Lecteur en ligne, EPUB, PDF
- Accès
- Claim Bibliothèque
Introduction du livre
Face au drapeau
Le savant Thomas Roch détient une arme d’une puissance inédite. Enlevé par des conspirateurs, il devient l’enjeu d’une lutte entre génie scientifique, fanatisme et sécurité internationale.
Édition BooksWhale
Préparation de cette édition
Cette édition repose sur un texte du domaine public et a été préparée par BooksWhale pour la lecture numérique.
Base du domaine public
Pourquoi cette édition peut être partagée
The original work is a public-domain classic by Jules Verne, who died in 1905.
Lire l'aperçu
Extrait du texte préparé
Aperçu sélectionné depuis le texte de lecture préparé.
Chapitre d'aperçuFull textLire l'aperçu
Face au drapeau
Jules Verne
Chapitre d'aperçuI Healthful-HouseAperçu
La carte que reçut ce jour-là — 15 juin 189.. — le directeur de l'établissement de Healthful-House, portait correctement ce simple nom, sans écusson ni couronne:
LE COMTE D'ARTIGAS
Au-dessous de ce nom, à l'angle de la carte, était écrite au crayon l'adresse suivante:
«À bord de la goélette Ebba , au mouillage de New-Berne, Pamplico-Sound.»
La capitale de la Caroline du Nord — l'un des quarante-quatre États de l'Union à cette époque — est l'assez importante ville de Raleigh, reculée de quelque cent cinquante milles à l'intérieur de la province. C'est grâce à sa position centrale que cette cité est devenue le siège de la législature, car d'autres l'égalent ou la dépassent en valeur industrielle et commerciale, — telles Wilmington, Charlotte, Fayetteville, Edenton, Washington, Salisbury, Tarboro, Halifax, New-Berne. Cette dernière ville s'élève au fond de l'estuaire de la Neuze-river, qui se jette dans le Pamplico-Sound, sorte de vaste lac maritime, protégé par une digue naturelle, îles et flots du littoral carolinien.
Le directeur de Healthful-House n'aurait jamais pu deviner pour quel motif il recevait cette carte, si elle n'eût été accompagnée d'un billet demandant pour le comte d'Artigas la permission de visiter son établissement. Ce personnage espérait que le directeur voudrait bien donner consentement à cette visite, et il devait se présenter dans l'après-midi avec le capitaine Spade, commandant la goélette Ebba .
Ce désir de pénétrer à l'intérieur de cette maison de santé, très célèbre alors, très recherchée des riches malades des États-Unis, ne pouvait paraître que des plus naturels de la part d'un étranger. D'autres l'avaient déjà visitée, qui ne portaient pas un aussi grand nom que le comte d'Artigas, et ils n'avaient point ménagé leurs compliments au directeur de Healthful-House. Celui-ci s'empressa donc d'accorder l'autorisation sollicitée, et répondit qu'il serait honoré d'ouvrir au comte d'Artigas les portes de l'établissement.
Healthful-House, desservie par un personnel de choix, assurée du concours des médecins les plus en renom, était de création privée. Indépendante des hôpitaux et des hospices, mais soumise à la surveillance de l'État, elle réunissait toutes les conditions de confort et de salubrité qu'exigent les maisons de ce genre, destinées à recevoir une opulente clientèle.
On eût difficilement trouvé un emplacement plus agréable que celui de Healthful-House. Au revers d'une colline s'étendait un parc de deux cents acres, planté de ces essences magnifiques que prodigue l'Amérique septentrionale dans sa partie égale en latitude aux groupes des Canaries et de Madère. À la limite inférieure du parc s'ouvrait ce large estuaire de la Neuze, incessamment rafraîchi par les brises du Pamplico-Sound et les vents de mer venus du large pardessus l'étroit lido du littoral.
Healthful-House, où les riches malades étaient soignés dans d'excellentes conditions hygiéniques, était plus généralement réservée au traitement des maladies chroniques; mais l'administration ne refusait pas d'admettre ceux qu'affectaient des troubles intellectuels, lorsque ces affections ne présentaient pas un caractère incurable.
Or, précisément, — circonstance qui devait attirer l'attention sur Healthful-House, et qui motivait peut-être la visite du comte d'Artigas, — un personnage de grande notoriété y était tenu, depuis dix-huit mois, en observation toute spéciale.
Le personnage dont il s'agit était un Français, nommé Thomas Roch, âgé de quarante-cinq ans. Qu'il fût sous l'influence d'une maladie mentale, aucun doute à cet égard. Toutefois, jusqu'alors, les médecins aliénistes n'avaient pas constaté chez lui une perte définitive de ses facultés intellectuelles. Que la juste notion des choses lui fit défaut dans les actes les plus simples de l'existence, cela n'était que trop certain. Cependant sa raison restait entière, puissante, inattaquable, lorsque l'on faisait appel à son génie, et qui ne sait que génie et folie confinent trop souvent l'un à l'autre! Il est vrai, ses facultés affectives ou sensoriales étaient profondément atteintes. Lorsqu'il y avait lieu de les exercer, elles ne se manifestaient que par le délire et l'incohérence. Absence de mémoire, impossibilité d'attention, plus de conscience, plus de jugement. Ce Thomas Roch n'était alors qu'un être dépourvu de raison, incapable de se suffire, privé de cet instinct naturel qui ne fait pas défaut même à l'animal, — celui de la conservation, — et il fallait en prendre soin comme d'un enfant qu'on ne peut perdre de vue. Aussi, dans le pavillon 17 qu'il occupait au bas du parc de Healthful-House, son gardien avait-il pour tâche de le surveiller nuit et jour.
Chapitre d'aperçuII Le comte d'ArtigasAperçu
Au juste, qui était ce comte d'Artigas? Un Espagnol?… En somme, son nom semblait l'indiquer. Toutefois, au tableau d'arrière de sa goélette se détachait en lettres d'or le nom d' Ebba , et celui-là est de pure origine norvégienne. Et si l'on eût demandé à ce personnage comment s'appelait le capitaine de l' Ebba: Spade, aurait-il répondu, et Effrondat son maître d'équipage, et Hélim son maître coq, — tous noms singulièrement disparates, qui indiquaient des nationalités très différentes.
Pouvait-on déduire quelque hypothèse plausible du type que présentait le comte d'Artigas?… Difficilement. Si la coloration de sa peau, sa chevelure très noire, la grâce de son attitude dénonçaient une origine espagnole, l'ensemble de sa personne n'offrait point ces caractères de race qui sont spéciaux aux natifs de la péninsule ibérique.
C'était un homme d'une taille au-dessus de la moyenne, très robustement constitué, âgé de quarante-cinq ans au plus. Avec sa démarche calme et hautaine, il ressemblait à quelque seigneur indou auquel se fût mêlé le sang des superbes types de la Malaisie. S'il n'était pas de complexion froide, du moins s'attachait-il à paraître tel avec son geste impérieux, sa parole brève. Quant à la langue dont son équipage et lui se servaient, c'était un de ces idiomes qui ont cours dans les îles de l'océan Indien et des mers environnantes. Il est vrai, lorsque ses excursions maritimes l'amenaient sur le littoral de l'Ancien ou du Nouveau Monde, il s'exprimait avec une remarquable facilité en anglais, ne trahissant que par un léger accent son origine étrangère.
Ce qu'avait été le passé du comte d'Artigas, les diverses péripéties d'une existence des plus mystérieuses, ce qu'était son présent, de quelle source sortait sa fortune, — évidemment considérable puisqu'elle lui permettait de vivre en fastueux gentleman, — en quel endroit se trouvait sa résidence habituelle, tout au moins quel était le port d'attache de sa goélette, personne ne l'eût pu dire, et personne ne se fût hasardé à l'interroger sur ce point, tant il se montrait peu communicatif. Il ne semblait pas homme à se compromettre dans une interview, même au profit des reporters américains.
Ce que l'on savait de lui, c'était uniquement ce que disaient les journaux, lorsqu'ils signalaient la présence de l'_Ebba _en quelque port, et, en particulier, ceux de la côte orientale des États-Unis. Là, en effet, la goélette venait, presque à époques fixes, s'approvisionner de tout ce qui est indispensable aux besoins d'une longue navigation. Non seulement elle se ravitaillait en provisions de bouche, farines, biscuits, conserves, viande sèche et viande fraîche, boeufs et moutons sur pied, vins, bières et boissons alcooliques, mais aussi en vêtements, ustensiles, objets de luxe et de nécessaire, — le tout payé de haut prix, soit en dollars, soit en guinées ou autres monnaies de diverses provenances.
Il suit de là que, si l'on ne savait rien de la vie privée du comte d'Artigas, il n'en était pas moins fort connu dans les divers ports du littoral américain, depuis ceux de la presqu'île floridienne jusqu'à ceux de la Nouvelle-Angleterre.
Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que le directeur d'Healthful- House se fût trouvé très honoré de la demande du comte d'Artigas, qu'il l'accueillît avec empressement.
C'était la première fois que la goélette Ebba relâchait au port de New-Berne. Et, sans doute, le seul caprice de son propriétaire avait dû l'amener à l'embouchure de la Neuze. Que serait-il venu faire en cette endroit?… Se ravitailler?… Non, car le Pamplico-Sound n'eût pas offert les ressources qu'offraient d'autres ports, tels que Boston, New-York, Dover, Savannah, Wilmington dans la Caroline du Nord, et Charleston dans la Caroline du Sud. En cet estuaire de la Neuze, sur le marché peu important de New-Berne, contre quelles marchandises le comte d'Artigas aurait-il pu échanger ses piastres et ses bank-notes? Ce chef-lieu du comté de Craven ne possède guère que cinq à six mille habitants. Le commerce s'y réduit à l'exportation des graines, des porcs, des meubles, des munitions navales. En outre, quelques semaines avant, pendant une relâche de dix jours à Charleston, la goélette avait pris son complet chargement pour une destination qu'on ignorait, comme toujours.
Table des matières
Dans cette édition
- 01Full text
- 02I Healthful-House
- 03II Le comte d'Artigas
- 04III Double enlèvement
- 05IV La goélette Ebba
- 06V Où suis-je?
- 07VI Sur le pont
- 08VII Deux jours de navigation
- 09VIII Back-Cup
- 10IX Dedans
- 11X Ker Karraje
- 12XI Pendant cinq semaines
- 13XII Les conseils de l'ingénieur Serkö
- 14XIII À Dieu vat!
- 15XIV Le Sword aux prises avec le tug
- 16XV Attente
- 17XVI Encore quelques heures
- 18XVII Un contre cinq
- 19XVIII À bord du Tonnant
Disponibilité linguistique
Autres langues
Aucune autre édition linguistique n'est encore publiée. Cette section les reliera lorsqu'elles seront disponibles.
Demander une autre langue