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Littérature
Le Tour du monde en quatre-vingts jours
Édition BooksWhale en français par Jules Verne
Un roman d’aventure français autour d’un pari, d’un voyage mondial, du temps, du hasard et de l’audace.
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Introduction du livre
Le Tour du monde en quatre-vingts jours
Le Tour du monde en quatre-vingts jours suit Phileas Fogg et Passepartout dans une course autour du monde dictée par un pari et par le temps. Jules Verne y associe précision géographique, humour, suspense et imaginaire du voyage moderne. Cette édition BooksWhale présente le texte original français pour la lecture en ligne, EPUB et PDF.
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Jules Verne est mort en 1905, et Le Tour du monde en quatre-vingts jours a été publié en 1872. Ces dates soutiennent la base de domaine public de cette édition française originale.
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Le Tour du monde en quatre-vingts jours
Jules Verne
Chapitre d'aperçuChapitre I - Dans lequel phileas fogg et passepartout s’acceptent réciproquement, l’un comme maître, l’autre comme domestique.Aperçu
En l’année 1872, la maison portant le numéro 7 de Saville-row, Burlington Gardens, — maison dans laquelle Shéridan mourut en 1814, — était habitée par Phileas Fogg, esq., l’un des membres les plus singuliers et les plus remarqués du Reform-Club de Londres, bien qu’il semblât prendre à tâche de ne rien faire qui pût attirer l’attention.
À l’un des plus grands orateurs qui honorent l’Angleterre, succédait donc ce Phileas Fogg, personnage énigmatique, dont on ne savait rien, sinon que c’était un fort galant homme et l’un des plus beaux gentlemen de la haute société anglaise.
On disait qu’il ressemblait à Byron, — par la tête, car il était irréprochable quant aux pieds, — mais un Byron à moustaches et à favoris, un Byron impassible, qui aurait vécu mille ans sans vieillir.
Anglais, à coup sûr, Phileas Fogg n’était peut-être pas Londonner. On ne l’avait jamais vu ni à la Bourse, ni à la Banque, ni dans aucun des comptoirs de la Cité. Ni les bassins ni les docks de Londres n’avaient jamais reçu un navire ayant pour armateur Phileas Fogg. Ce gentleman ne figurait dans aucun comité d’administration. Son nom n’avait jamais retenti dans un collège d’avocats, ni au Temple, ni à Lincoln’s-inn, ni à Gray’s-inn. Jamais il ne plaida ni à la Cour du chancelier, ni au Banc de la Reine, ni à l’Echiquier, ni en Cour ecclésiastique. Il n’était ni industriel, ni négociant, ni marchand, ni agriculteur. Il ne faisait partie ni de
l’ Institution royale de la Grande-Bretagne, ni de
l’ Institution de Londres, ni de
l’ Institution des Artisans, ni de
l’ Institution Russell, ni de
l’ Institution littéraire de l’Ouest, ni de
l’ Institution du Droit, ni de cette Institution des Arts et des Sciences réunis, qui est placée sous le patronage direct de Sa Gracieuse Majesté. Il n’appartenait enfin à aucune des nombreuses sociétés qui pullulent dans la capitale de l’Angleterre, depuis
la Société de l’Armonica jusqu’à
la Société entomologique, fondée principalement dans le but de détruire les insectes nuisibles.
Phileas Fogg était membre du Reform-Club, et voilà tout.
À qui s’étonnerait de ce qu’un gentleman aussi mystérieux comptât parmi les membres de cette honorable association, on répondra qu’il passa sur la recommandation de MM. Baring frères, chez lesquels il avait un crédit ouvert. De là une certaine «surface», due à ce que ses chèques étaient régulièrement payés à vue par le débit de son compte courant invariablement créditeur.
Ce Phileas Fogg était-il riche? Incontestablement. Mais comment il avait fait fortune, c’est ce que les mieux informés ne pouvaient dire, et Mr. Fogg était le dernier auquel il convînt de s’adresser pour l’apprendre. En tout cas, il n’était prodigue de rien, mais non avare, car partout où il manquait un appoint pour une chose noble, utile ou généreuse, il l’apportait silencieusement et même anonymement.
En somme, rien de moins communicatif que ce gentleman. Il parlait aussi peu que possible, et semblait d’autant plus mystérieux qu’il était silencieux. Cependant sa vie était à jour, mais ce qu’il faisait était si mathématiquement toujours la même chose, que l’imagination, mécontente, cherchait au delà.
Avait-il voyagé? C’était probable, car personne ne possédait mieux que lui la carte du monde. Il n’était endroit si reculé dont il ne parût avoir une connaissance spéciale. Quelquefois, mais en peu de mots, brefs et clairs, il redressait les mille propos qui circulaient dans le club au sujet des voyageurs perdus ou égarés; il indiquait les vraies probabilités, et ses paroles s’étaient trouvées souvent comme inspirées par une seconde vue, tant l’événement finissait toujours par les justifier. C’était un homme qui avait dû voyager partout, — en esprit, tout au moins.
Chapitre d'aperçuChapitre II - Où passepartout est convaincu qu’il a enfin trouvé son idéal.Aperçu
«Sur ma foi, se dit Passepartout, un peu ahuri tout d’abord, j’ai connu chez M me Tussaud des bonshommes aussi vivants que mon nouveau maître!»
Il convient de dire ici que les «bonshommes» de M me Tussaud sont des figures de cire, fort visitées à Londres, et auxquelles il ne manque vraiment que la parole.
Pendant les quelques instants qu’il venait d’entrevoir Phileas Fogg, Passepartout avait rapidement, mais soigneusement examiné son futur maître. C’était un homme qui pouvait avoir quarante ans, de figure noble et belle, haut de taille, que ne déparait pas un léger embonpoint, blond de cheveux et de favoris, front uni sans apparences de rides aux tempes, figure plutôt pâle que colorée, dents magnifiques. Il paraissait posséder au plus haut degré ce que les physionomistes appellent «le repos dans l’action», faculté commune à tous ceux qui font plus de besogne que de bruit. Calme, flegmatique, l’œil pur, la paupière immobile, c’était le type achevé de ces Anglais à sang-froid qui se rencontrent assez fréquemment dans le Royaume-Uni, et dont Angelica Kauffmann a merveilleusement rendu sous son pinceau l’attitude un peu académique. Vu dans les divers actes de son existence, ce gentleman donnait l’idée d’un être bien équilibré dans toutes ses parties, justement pondéré, aussi parfait qu’un chronomètre de Leroy ou de Earnshaw. C’est qu’en effet, Phileas Fogg était l’exactitude personnifiée, ce qui se voyait clairement à «l’expression de ses pieds et de ses mains», car chez l’homme, aussi bien que chez les animaux, les membres eux-mêmes sont des organes expressifs des passions.
Phileas Fogg était de ces gens mathématiquement exacts, qui, jamais pressés et toujours prêts, sont économes de leurs pas et de leurs mouvements. Il ne faisait pas une enjambée de trop, allant toujours par le plus court. Il ne perdait pas un regard au plafond. Il ne se permettait aucun geste superflu. On ne l’avait jamais vu ému ni troublé. C’était l’homme le moins hâté du monde, mais il arrivait toujours à temps. Toutefois, on comprendra qu’il vécût seul et pour ainsi dire en dehors de toute relation sociale. Il savait que dans la vie il faut faire la part des frottements, et comme les frottements retardent, il ne se frottait à personne.
Quant à Jean, dit Passepartout, un vrai Parisien de Paris, depuis cinq ans qu’il habitait l’Angleterre et y faisait à Londres le métier de valet de chambre, il avait cherché vainement un maître auquel il pût s’attacher.
Passepartout n’était point un de ces Frontins ou Mascarilles qui, les épaules hautes, le nez au vent, le regard assuré, l’œil sec, ne sont que d’impudents drôles. Non. Passepartout était un brave garçon, de physionomie aimable, aux lèvres un peu saillantes, toujours prêtes à goûter ou à caresser, un être doux et serviable, avec une de ces bonnes têtes rondes que l’on aime à voir sur les épaules d’un ami. Il avait les yeux bleus, le teint animé, la figure assez grasse pour qu’il pût lui-même voir les pommettes de ses joues, la poitrine large, la taille forte, une musculature vigoureuse, et il possédait une force herculéenne que les exercices de sa jeunesse avaient admirablement développée. Ses cheveux bruns étaient un peu rageurs. Si les sculpteurs de l’antiquité connaissaient dix-huit façons d’arranger la chevelure de Minerve, Passepartout n’en connaissait qu’une pour disposer la sienne: trois coups de démêloir, et il était coiffé.
De dire si le caractère expansif de ce garçon s’accorderait avec celui de Phileas Fogg, c’est ce que la prudence la plus élémentaire ne permet pas. Passepartout serait-il ce domestique foncièrement exact qu’il fallait à son maître? On ne le verrait qu’à l’user. Après avoir eu, on le sait, une jeunesse assez vagabonde, il aspirait au repos. Ayant entendu vanter le méthodisme anglais et la froideur proverbiale des gentlemen, il vint chercher fortune en Angleterre. Mais, jusqu’alors, le sort l’avait mal servi. Il n’avait pu prendre racine nulle part. Il avait fait dix maisons. Dans toutes, on était fantasque, inégal, coureur d’aventures ou coureur de pays, — ce qui ne pouvait plus convenir à Passepartout. Son dernier maître, le jeune lord Longsferry, membre du Parlement, après avoir passé ses nuits dans les «oysters-rooms» d’Hay-Market, rentrait trop souvent au logis sur les épaules des policemen. Passepartout, voulant avant tout pouvoir respecter son maître, risqua quelques respectueuses observations qui furent mal reçues, et il rompit. Il apprit, sur les entrefaites, que Phileas Fogg, esq., cherchait un domestique. Il prit des renseignements sur ce gentleman. Un personnage dont l’existence était si régulière, qui ne découchait pas, qui ne voyageait pas, qui ne s’absentait jamais, pas même un jour, ne pouvait que lui convenir. Il se présenta et fut admis dans les circonstances que l’on sait.
Table des matières
Dans cette édition
- 01Full text
- 02Chapitre I - Dans lequel phileas fogg et passepartout s’acceptent réciproquement, l’un comme maître, l’autre comme domestique.
- 03Chapitre II - Où passepartout est convaincu qu’il a enfin trouvé son idéal.
- 04Chapitre III - Où s’engage une conversation qui pourra coûter cher à phileas fogg.
- 05Chapitre IV - Dans lequel phileas fogg stupéfie passepartout, son domestique.
- 06Chapitre V - Dans lequel une nouvelle valeur apparaît sur la place de londres.
- 07Chapitre VI - Dans lequel l’agent fix montre une impatience bien légitime.
- 08Chapitre VII - Qui témoigne une fois de plus de l’inutilité des passe-ports en matière de police.
- 09Chapitre VIII - Dans lequel passepartout parle un peu plus peut-être qu’il ne conviendrait.
- 10Chapitre IX - Où la mer rouge et la mer des indes se montrent propices aux desseins de phileas fogg.
- 11Chapitre X - Où passepartout est trop heureux d’en être quitte en perdant sa chaussure.
- 12Chapitre XI - Où phileas fogg achète une monture à un prix fabuleux.
- 13Chapitre XII - Où phileas fogg et ses compagnons s’aventurent à travers les forêts de l’inde et ce qui s’ensuit.
- 14Chapitre XIII - Dans lequel passepartout prouve une fois de plus que la fortune sourit aux audacieux.
- 15Chapitre XIV - Dans lequel phileas fogg descend toute l’admirable vallée du gange sans même songer à la voir.
- 16Chapitre XV - Où le sac aux bank-notes s’allège encore de quelques milliers de livres.
- 17Chapitre XVI - Où fix n’a pas l’air de connaître du tout les choses dont on lui parle.
- 18Chapitre XVII - Où il est question de choses et d’autres pendant la traversée de singapore à hong-kong.
- 19Chapitre XVIII - Dans lequel phileas fogg, passepartout, fix, chacun de son côté, va à ses affaires.
- 20Chapitre XIX - Où passepartout prend un trop vif intérêt à son maître, et ce qui s’ensuit.
- 21Chapitre XX - Dans lequel fix entre directement en relation avec phileas fogg.
- 22Chapitre XXI - Où le patron de la «tankadère» risque fort de perdre une prime de deux cents livres.
- 23Chapitre XXII - Où passepartout voit bien que, même aux antipodes, il est prudent d’avoir quelque argent dans sa poche.
- 24Chapitre XXIII - Dans lequel le nez de passepartout s’allonge démesurément.
- 25Chapitre XXIV - Pendant lequel s’accomplit la traversée de l’océan pacifique.
- 26Chapitre XXV - Où l’on donne un léger aperçu de san-francisco, un jour de meeting.
- 27Chapitre XXVI - Dans lequel on prend le train express du chemin de fer du pacifique.
- 28Chapitre XXVII - Dans lequel passepartout suit, avec une vitesse de vingt milles à l’heure, un cours d’histoire mormone.
- 29Chapitre XXVIII - Dans lequel passepartout ne put parvenir à faire entendre le langage de la raison.
- 30Chapitre XXIX - Où il sera fait le récit d’incidents divers qui ne se rencontrent que sur les rail-roads de l’union.
- 31Chapitre XXX - Dans lequel phileas fogg fait tout simplement son devoir.
- 32Chapitre XXXI - Dans lequel l’inspecteur fix prend très-sérieusement les intérêts de phileas fogg.
- 33Chapitre XXXII - Dans lequel phileas fogg engage une lutte directe contre la mauvaise chance
- 34Chapitre XXXIII - Où phileas fogg se montre à la hauteur des circonstances.
- 35Chapitre XXXIV - Qui procure à passepartout l’occasion de faire un jeu de mots atroce, mais peut-être inédit.
- 36Chapitre XXXV - Dans lequel passepartout ne se fait pas répéter deux fois l’ordre que son maître lui donne.
- 37Chapitre XXXVI - Dans lequel phileas fogg fait de nouveau prime sur le marché.
- 38Chapitre XXXVII - Dans lequel il est prouvé que phileas fogg n’a rien gagné à faire ce tour du monde, si ce n’est le bonheur.
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