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Littérature
La Maison à vapeur
Édition BooksWhale en français par Jules Verne
Un voyage spectaculaire à travers l’Inde, conduit par un véhicule à vapeur en forme d’éléphant.
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Introduction du livre
La Maison à vapeur
Un groupe de voyageurs traverse l’Inde dans une maison roulante extraordinaire. Le récit associe paysages, périls, ingénierie et aventure.
Édition BooksWhale
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Jules Verne est mort en 1905; ce roman de 1880 est du domaine public.
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La Maison à vapeur
Jules Verne
Chapitre d'aperçuCHAPITRE I Une tête mise à prix.Aperçu
Une prime de deux mille livres est promise à quiconque livrera, mort ou vif, l'un des anciens chefs de la révolte des Cipayes, dont on a signalé la présence dans la présidence de Bombay, le nabab Dandou-Pant, plus connu sous le nom de…»
Telle est la notice que les habitants d'Aurungabad pouvaient lire dans la soirée du 6 mars 1867.
Le dernier nom,—un nom exécré, à jamais maudit des uns, secrètement admiré des autres,—manquait à celle de ces notices qui avait été récemment affichée sur la muraille d'un bungalow en ruines, au bord de la Doudhma.
Si ce nom manquait, c'est que l'angle inférieur de l'affiche où il était imprimé en grosses lettres venait d'être déchiré par la main d'un faquir, que personne n'avait pu apercevoir sur cette rive alors déserte. Avec ce nom avait également disparu le nom du gouverneur général de la présidence de Bombay, contresignant celui du vice-roi des Indes.
Quel avait donc été le mobile de ce faquir? En lacérant cette notice, espérait-il que le révolté de 1857 échapperait à la vindicte publique et aux conséquences de l'arrêt pris contre sa personne? Pouvait-il croire qu'une si terrible célébrité s'évanouirait avec les fragments de ce bout de papier réduit en poussière?
C'eût été folie.
En effet, d'autres affiches, répandues à profusion, s'étalaient sur les murs des maisons, des palais, des mosquées, des hôtels d'Aurungabad. De plus, un crieur parcourait les rues de la ville, lisant à haute voix l'arrêté du gouverneur. Les habitants des plus infimes bourgades de la province savaient déjà que toute une fortune était promise à quiconque livrerait ce Dandou-Pant. Son nom, inutilement anéanti, allait courir avant douze heures la présidence tout entière. Si les informations étaient exactes, si le nabab avait réellement cherché refuge en cette partie de l'Indoustan, nul doute qu'il ne tombât sous peu entre des mains fortement intéressées à en opérer la capture.
À quel sentiment avait donc obéi ce faquir, en lacérant une affiche, tirée déjà à plusieurs milliers d'exemplaires?
À un sentiment de colère, sans doute,—peut-être aussi à quelque pensée de dédain. Quoi qu'il en soit, après avoir haussé les épaules, il s'enfonça dans le quartier le plus populeux et le plus mal habité de la ville.
On appelle Dekkan cette large portion de la péninsule indienne comprise entre les Ghâtes occidentales et les Ghâtes de la mer du Bengale. C'est le nom communément donné à la partie méridionale de l'Inde, en deçà du Gange. Ce Dekkan, dont le nom sanscrit signifie «Sud», compte, dans les présidences de Bombay et de Madras, un certain nombre de provinces. L'une des principales est la province d'Aurungabad, dont la capitale fut même autrefois celle du Dekkan tout entier.
Au XVIIe siècle, le célèbre empereur mongol Aureng-Zeb transporta sa cour dans cette ville, qui était connue aux premiers temps de l'histoire de l'Indoustan sous le nom de Kirkhi. Elle possédait alors cent mille habitants. Aujourd'hui, elle n'en a plus que cinquante mille, sous la domination des Anglais, qui l'administrent pour le compte du Nizam d'Haiderabad. Cependant, c'est une des cités les plus saines de la péninsule, épargnée jusqu'ici par le redoutable choléra asiatique, et que ne visitent même jamais les épidémies de fièvres, si redoutables dans l'Inde.
Aurungabad a conservé de magnifiques restes de son ancienne splendeur. Le palais du Grand Mogol, élevé sur la rive droite de la Doudhma, le mausolée de la sultane favorite de Shah Jahan, père d'Aureng-Zeb, la mosquée copiée sur l'élégant Tadje d'Agra, qui dresse ses quatre minarets autour d'une coupole gracieusement arrondie, d'autres monuments encore, artistement bâtis, richement ornés, attestent la puissance et la grandeur du plus illustre des conquérants de l'Indoustan, qui porta ce royaume, auquel il joignit le Caboul et l'Assam, à un incomparable degré de prospérité.
Chapitre d'aperçuCHAPITRE II Le colonel Munro.Aperçu
Eh bien, mon cher Maucler, me dit l'ingénieur Banks, vous ne nous parlez point de votre voyage! On dirait que vous n'avez pas encore quitté Paris! Comment trouvez-vous l'Inde?
—L'Inde! répondis-je, mais, pour en parler avec quelque justesse, il faudrait au moins l'avoir vue.
—Bon! reprit l'ingénieur, ne venez-vous pas de traverser la péninsule de Bombay à Calcutta, et à moins d'être aveuglé…
—Je ne suis pas aveugle, mon cher Banks, mais, pendant cette traversée, j'étais aveuglé…
—Aveuglé?…
—Oui! aveuglé par la fumée, par la vapeur, par la poussière, et, mieux encore, par la rapidité du transport. Je ne veux pas médire des chemins de fer, puisque votre métier est d'en construire, mon cher Banks, mais, se calfeutrer dans le compartiment d'un wagon, n'avoir pour champ de vision que la vitre des portières, courir jour et nuit avec une vitesse moyenne de dix milles à l'heure, tantôt sur des viaducs, en compagnie des aigles ou des gypaètes, tantôt sous des tunnels, en compagnie des mulots ou des rats, ne s'arrêter qu'aux gares, qui se ressemblent toutes, ne voir des villes que l'extérieur des murailles ou l'extrémité des minarets, passer dans cet incessant brouhaha des mugissements de la locomotive, des sifflets de la chaudière, du grincement des rails et du gémissement des freins, est-ce que c'est voyager, cela!
—Bien dit! s'écria le capitaine Hod. Répondez à cela, si vous le pouvez, Banks! Qu'en pensez-vous, mon colonel?» Le colonel, auquel venait de s'adresser le capitaine Hod, inclina légèrement la tête, et se contenta de dire:
«Je serais curieux de savoir ce que Banks va pouvoir répondre à M. Maucler, notre hôte.
—Cela ne m'embarrasse en aucune façon répondit l'ingénieur, et j'avoue que Maucler a raison en tous points.
—Alors, s'écria le capitaine Hod, s'il en est ainsi, pourquoi construisez-vous des chemins de fer?
—Pour vous permettre, capitaine, d'aller en soixante heures de Calcutta à Bombay, lorsque vous êtes pressé.
—Je ne suis jamais pressé!
—Eh bien, alors, prenez le GreatTrunk road, répondit l'ingénieur. Prenez-le, Hod, et allez à pied!
—C'est bien ce que je compte faire!
—Quand?
—Quand mon colonel consentira à me suivre ans une jolie promenade de huit ou neuf cents milles à travers la péninsule!»
Le colonel se contenta de sourire, et retomba dans une de ces longues rêveries dont ses meilleurs amis, entre autres l'ingénieur Banks et le capitaine Hod, avaient tant de peine à le tirer.
J'étais arrivé depuis un mois dans l'Inde, et, pour avoir pris le Great Indian Peninsular, qui relie Bombay à Calcutta par Allahabad, je ne connaissais absolument rien de la péninsule.
Mais mon intention était de parcourir d'abord sa partie septentrionale, au delà du Gange, d'en visiter les grandes villes, d'en étudier les principaux monuments, et de consacrer à cette exploration tout le temps qu'il faudrait pour qu'elle fût complète.
J'avais connu à Paris l'ingénieur Banks. Depuis quelques années, nous étions liés d'une amitié qu'une intimité plus profonde ne pouvait qu'accroître. Je lui avais promis de venir le voir à Calcutta, dès que l'achèvement de la portion du Scind Punjab and Delhi, dont il était chargé, le rendrait libre. Or, les travaux venaient d'être terminés. Banks avait droit à un repos de plusieurs mois, et j'étais venu lui demander de se reposer en se fatiguant à courir l'Inde. S'il avait accepté ma proposition avec enthousiasme, cela va sans dire! Aussi devions-nous partir dans quelques semaines, dès que la saison serait devenue favorable.
À mon arrivée à Calcutta, au mois de mars 1867, Banks m'avait fait faire connaissance avec l'un de ses braves camarades, le capitaine Hod; puis, il m'avait présenté à son ami, le colonel Munro, chez lequel nous venions de passer la soirée.
Le colonel, alors âgé de quarante-sept ans, habitait une maison un peu isolée, dans le quartier européen, et, par conséquent, en dehors du mouvement qui caractérise cette ville commerçante et cette ville noire dont se compose en réalité la capitale de l'Inde. Ce quartier a été appelé quelquefois la «Cité des palais», et, en effet, les palais n'y manquent point, si toutefois cette dénomination peut s'appliquer à des habitations qui n'ont d'un palais que les portiques, les colonnes et les terrasses. Calcutta est le rendez-vous de tous les ordres architectoniques que le goût anglais met généralement à contribution dans ses cités des deux mondes.
Table des matières
Dans cette édition
- 01Full text
- 02CHAPITRE I Une tête mise à prix.
- 03CHAPITRE II Le colonel Munro.
- 04CHAPITRE III La révolte des Cipayes.
- 05CHAPITRE IV Au fond des caves d'Ellora.
- 06CHAPITRE V Le Géant d'Acier.
- 07CHAPITRE VI Premières étapes.
- 08CHAPITRE VII Les pèlerins du Phalgou.
- 09CHAPITRE VIII Quelques heures à Bénarès.
- 10CHAPITRE IX Allahabad.
- 11CHAPITRE X Via Dolorosa.
- 12CHAPITRE XI Le changement de mousson.
- 13CHAPITRE XII Triples feux.
- 14CHAPITRE XIII Prouesses du capitaine Hod.
- 15CHAPITRE XIV Un contre trois.
- 16CHAPITRE XV Le pâl de Tandît.
- 17CHAPITRE XVI La Flamme Errante.
- 18CHAPITRE I Notre sanitarium.
- 19CHAPITRE II Mathias Van Guitt.
- 20CHAPITRE III Le kraal.
- 21CHAPITRE IV Une reine du Tarryani.
- 22CHAPITRE V Attaque nocturne.
- 23CHAPITRE VI Le dernier adieu de Mathias Van Guitt.
- 24CHAPITRE VII Le passage de la Betwa.
- 25CHAPITRE VIII Hod contre Banks.
- 26CHAPITRE IX Cent contre un.
- 27CHAPITRE X Le lac Puturia.
- 28CHAPITRE XI Face à face.
- 29CHAPITRE XII À la bouche d'un canon.
- 30CHAPITRE XIII Géant d'Acier!
- 31CHAPITRE XIV Le cinquantième tigre du capitaine Hod.
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