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De la démocratie en Amérique

Edizione BooksWhale in francese di Alexis de Tocqueville

Une enquête lucide sur démocratie, égalité, mœurs politiques et avenir des sociétés modernes.

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Introduzione al libro

De la démocratie en Amérique

De la démocratie en Amérique analyse les institutions américaines pour comprendre plus largement la puissance de l’égalité démocratique. Tocqueville observe associations, religion, presse, individualisme, centralisation et tyrannie de la majorité avec une finesse toujours actuelle.

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Alexis de Tocqueville est mort en 1859, et De la démocratie en Amérique a été publié à partir de 1835. Ces dates soutiennent la base de domaine public de cette édition française originale.

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De la démocratie en Amérique

Alexis de Tocqueville

Capitolo in anteprimaNote, Page 316.Anteprima

Quelque grands et soudains que soient les événements qui viennent de s’accomplir en un moment sous nos yeux, l’auteur du présent ouvrage a le droit de dire qu’il n’a point été surpris par eux. Ce livre a été écrit il y a quinze ans, sous la préoccupation constante d’une seule pensée: l’avénement prochain, irrésistible, universel de la Démocratie dans le monde. Qu’on le relise: on y rencontrera à chaque page un avertissement solennel qui rappelle aux hommes que la société change de formes, l’humanité de condition, et que de nouvelles destinées s’approchent.

En tête étaient tracés ces mots:

Le développement graduel de l’égalité est un fait providentiel. Il en a les principaux caractères: il est universel, il est durable, il échappe chaque jour à la puissance humaine; tous les événements comme tous les hommes ont servi à son développement. Serait-il sage de croire qu’un mouvement social qui vient de si loin puisse être suspendu par une génération? Pense-t-on qu’après avoir détruit la féodalité et vaincu les rois, la Démocratie reculera devant les bourgeois et les riches? S’arrêtera-t-elle maintenant qu’elle est devenue si forte et ses adversaires si faibles?

L’homme qui en présence d’une monarchie, raffermie plutôt qu’ébranlée par la révolution de juillet, a tracé ces lignes, que l’événement a rendu prophétiques, peut aujourd’hui sans crainte appeler de nouveau sur son œuvre l’attention du public.

On doit lui permettre également d’ajouter que les circonstances actuelles donnent à son livre un intérêt du moment et une utilité pratique qu’il n’avait point quand il a paru pour la première fois.

La royauté existait alors. Aujourd’hui elle est détruite. Les institutions de l’Amérique, qui n’étaient qu’un sujet de curiosité pour la France monarchique, doivent être un sujet d’étude pour la France républicaine. Ce n’est pas la force seule qui asseoit un gouvernement nouveau; ce sont de bonnes lois. Après le combattant, le législateur. L’un a détruit, l’autre fonde. À chacun son œuvre. Il ne s’agit plus, il est vrai, de savoir si nous aurons en France la royauté ou la république; mais il nous reste à apprendre si nous aurons une république agitée ou une république tranquille, une république régulière ou une république irrégulière, une république pacifique ou une république guerroyante, une république libérale ou une république oppressive, une république qui menace les droits sacrés de la propriété et de la famille ou une république qui les reconnaisse et les consacre. Terrible problème, dont la solution n’importe pas seulement à la France, mais à tout l’univers civilisé. Si nous nous sauvons nous-mêmes, nous sauvons en même temps tous les peuples qui nous environnent. Si nous nous perdons, nous les perdons tous avec nous. Suivant que nous aurons la liberté démocratique ou la tyrannie démocratique, la destinée du monde sera différente, et l’on peut dire qu’il dépend aujourd’hui de nous que la république finisse par être établie partout ou abolie partout.

Or, ce problème que nous venons seulement de poser, l’Amérique l’a résolu il y a plus de soixante ans. Depuis soixante ans le principe de la souveraineté du peuple que nous avons intronisé hier parmi nous règne là sans partage. Il y est mis en pratique de la manière la plus directe, la plus illimitée, la plus absolue. Depuis soixante ans, le peuple qui en a fait la source commune de toutes ses lois grandit sans cesse en population, en territoire, en richesse; et remarquez-le bien, il se trouve avoir été durant cette période non-seulement le plus prospère, mais le plus stable de tous les peuples de la terre. Tandis que toutes les nations de l’Europe étaient ravagées par la guerre ou déchirées par les discordes civiles, le peuple américain seul dans le monde civilisé restait paisible. Presque toute l’Europe était bouleversée par des révolutions; l’Amérique n’avait pas même d’émeutes: la république n’y était pas perturbatrice, mais conservatrice de tous les droits; la propriété individuelle y avait plus de garanties que dans aucun pays du monde; l’anarchie y restait aussi inconnue que le despotisme.

Capitolo in anteprimaAmendements faits à la constitution du Maryland en 1801 et 1809.Anteprima

On se propose d’examiner, dans le chapitre suivant, quelle est en Amérique la forme du gouvernement fondé sur le principe de la souveraineté du peuple; quels sont ses moyens d’action, ses embarras, ses avantages et ses dangers.

Une première difficulté se présente: les États-Unis ont une constitution complexe; on y remarque deux sociétés distinctes engagées, et, si je puis m’expliquer ainsi, emboitées l’une dans l’autre; on y voit deux gouvernements complètement séparés et presque indépendants: l’un, habituel et indéfini, qui répond aux besoins journaliers de la société; l’autre, exceptionnel et circonscrit, qui ne s’applique qu’à certains intérêts généraux. Ce sont, en un mot, vingt-quatre petites nations souveraines, dont l’ensemble forme le grand corps de l’Union.

Examiner l’Union avant d’étudier l’État, c’est s’engager dans une route semée d’obstacles. La forme du gouvernement fédéral aux États-Unis a paru la dernière; elle n’a été qu’une modification de la république, un résumé des principes politiques répandus dans la société entière avant elle, et y subsistant indépendamment d’elle. Le gouvernement fédéral, d’ailleurs, comme je viens de le dire, n’est qu’une exception; le gouvernement des États est la règle commune. L’écrivain qui voudrait faire connaitre l’ensemble d’un pareil tableau avant d’en avoir montré les détails, tomberait nécessairement dans des obscurités ou des redites.

Les grands principes politiques qui régissent aujourd’hui la société américaine ont pris naissance et se sont développés dans l’ État; on ne saurait en douter. C’est donc l’État qu’il faut connaître pour avoir la clef de tout le reste.

Les États qui composent de nos jours l’Union américaine, présentent tous, quant à l’aspect extérieur des institutions, le même spectacle. La vie politique ou administrative s’y trouve concentrée dans trois foyers d’action, qu’on pourrait comparer aux divers centres nerveux qui font mouvoir le corps humain.

Au premier degré se trouve la commune, plus haut le comté, enfin l’ État.

Ce n’est pas par hasard que j’examine d’abord la commune.

La commune est la seule association qui soit si bien dans la nature, que partout où il y a des hommes réunis, il se forme de soi-même une commune.

La société communale existe donc chez tous les peuples quels que soient leurs usages et leurs lois; c’est l’homme qui fait les royaumes et crée les républiques; la commune paraît sortir directement des mains de Dieu. Mais si la commune existe depuis qu’il y a des hommes, la liberté communale est chose rare et fragile. Un peuple peut toujours établir de grandes assemblées politiques, parce qu’il se trouve habituellement dans son sein un certain nombre d’hommes chez lesquels les lumières remplacent jusqu’à un certain point l’usage des affaires. La commune est composée d’éléments grossiers qui se refusent souvent à l’action du législateur. La difficulté de fonder l’indépendance des communes, au lieu de diminuer à mesure que les nations s’éclairent, augmente avec leurs lumières. Une société très civilisée ne tolère qu’avec peine les essais de la liberté communale; elle se révolte à la vue de ses nombreux écarts, et désespère du succès avant d’avoir atteint le résultat final de l’expérience.

Parmi toutes les libertés, celle des communes, qui s’établit si difficilement, est aussi la plus exposée aux invasions du pouvoir. Livrées à elles mêmes, les institutions communales ne sauraient guère lutter contre un gouvernement entreprenant et fort; pour se défendre avec succès, il faut qu’elles aient pris tous leurs développements et qu’elles se soient mêlées aux idées et aux habitudes nationales. Ainsi, tant que la liberté communale n’est pas entrée dans les mœurs, il est facile de la détruire, et elle ne peut entrer dans les mœurs qu’après avoir long-temps subsisté dans les lois.

Indice

In questa edizione

  1. 01Full text
  2. 02Note, Page 316.
  3. 03Amendements faits à la constitution du Maryland en 1801 et 1809.
  4. 04DES ÉTATS-UNIS ET DE
  5. 05CONSTITUTION DES ÉTATS-UNIS.
  6. 06ARTICLE PREMIER.
  7. 07SECTION PREMIÈRE.
  8. 08SECTION DEUXIÈME.
  9. 09SECTION TROISIÈME.
  10. 10SECTION QUATRIÈME.
  11. 11SECTION CINQUIÈME.
  12. 12SECTION SIXIÈME.
  13. 13SECTION SEPTIÈME.
  14. 14SECTION HUITIÈME.
  15. 15SECTION NEUVIÈME.
  16. 16SECTION DIXIÈME.
  17. 17ARTICLE DEUXIÈME.
  18. 18SECTION PREMIÈRE.
  19. 19SECTION DEUXIÈME.
  20. 20SECTION TROISIÈME.
  21. 21SECTION QUATRIÈME.
  22. 22ARTICLE TROISIÈME.
  23. 23SECTION PREMIÈRE.
  24. 24SECTION DEUXIÈME.
  25. 25SECTION TROISIÈME.
  26. 26ARTICLE QUATRIÈME.
  27. 27SECTION PREMIÈRE.
  28. 28SECTION DEUXIÈME.
  29. 29SECTION TROISIÈME.
  30. 30SECTION QUATRIÈME.
  31. 31ARTICLE CINQUIÈME.
  32. 32ARTICLE SIXIÈME.
  33. 33ARTICLE SEPTIÈME.
  34. 34AMENDEMENTS.
  35. 35ARTICLE PREMIER.
  36. 36ARTICLE DEUXIÈME.
  37. 37ARTICLE TROISIÈME.
  38. 38ARTICLE QUATRIÈME.
  39. 39ARTICLE CINQUIÈME.
  40. 40ARTICLE SIXIÈME.
  41. 41ARTICLE SEPTIÈME.
  42. 42ARTICLE HUITIÈME.
  43. 43ARTICLE NEUVIÈME.
  44. 44ARTICLE DIXIÈME.
  45. 45ARTICLE ONZIÈME.
  46. 46ARTICLE DOUZIÈME.
  47. 47CONSTITUTION DE L’ÉTAT DE NEW-YORK.
  48. 48ARTICLE PREMIER.
  49. 49ARTICLE TROISIÈME.
  50. 50ARTICLE QUATRIÈME.
  51. 51ARTICLE CINQUIÈME.
  52. 52ARTICLE SIXIÈME.
  53. 53ARTICLE SEPTIÈME.
  54. 54ARTICLE HUITIÈME.
  55. 55ARTICLE NEUVIÈME.
  56. 56AMÉRICAINE DANS SES CHOIX.
  57. 57INSTINCTS DE LA DÉMOCRATIE.
  58. 58LES LOIS ÉLECTORALES.
  59. 59DÉMOCRATIE AMÉRICAINE.
  60. 60DÉMOCRATIE AMÉRICAINE.
  61. 61AMÉRICAINE.
  62. 62FIXATION DU TRAITEMENT DES FONCTIONNAIRES.
  63. 63GOUVERNEMENT AMÉRICAIN À L’ÉCONOMIE.
  64. 64-UNIS À CELLES DE FRANCE?
  65. 65LA DÉMOCRATIE; DES EFFETS QUI EN RÉSULTENT SUR LA
  66. 66MORALITÉ PUBLIQUE.
  67. 67AMÉRICAINE SUR ELLE-MÊME.
  68. 68LES AFFAIRES EXTÉRIEURES DE L’ÉTAT.
  69. 69LA DÉMOCRATIE AMÉRICAINE, ET DE L’INSTINCT DE CEUX
  70. 70QUI LES APPLIQUENT.
  71. 71DE SES EFFETS.
  72. 72DES FONCTIONNAIRES PUBLICS AMÉRICANS.
  73. 73LA PENSÉE.
  74. 74VIENT DE L’OMNIPOTENCE DE LA MAJORITÉ.
  75. 75MAJORITÉ.
  76. 76SERT DE CONTRE-POIDS À LA DÉMOCRATIE.
  77. 77POLITIQUE.
  78. 78RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE AUX ÉTATS-UNIS.
  79. 79RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE AUX ÉTATS-UNIS.
  80. 80RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE AUX ÉTATS-UNIS.
  81. 81PUISSANTE EN AMÉRIQUE.
  82. 82L’EUROPE.
  83. 83QUI HABITENT LE TERRITOIRE POSSÉDÉ PAR L’UNION.
  84. 84AMÉRICAINE, QUELS DANGERS LA MENACE.
  85. 85QUELLES SONT LEURS CHANCES DE DURÉE.
  86. 86GRANDEUR COMMERCIALE DES ÉTATS-UNIS.
  87. 87CONCLUSION.

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