
francese Edizione
Letteratura
Raphaël
Edizione BooksWhale in francese di Alphonse de Lamartine
Un récit lyrique de Lamartine sur amour, souvenir, jeunesse, maladie, idéal romantique et mélancolie.
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Introduzione al libro
Raphaël
Raphaël est un récit d’Alphonse de Lamartine où la mémoire amoureuse, la sensibilité romantique et la méditation sur la jeunesse se mêlent à une prose élégiaque. Cette édition BooksWhale propose le texte français du domaine public pour les lecteurs de romantisme, d’autobiographie voilée et de littérature sentimentale.
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Alphonse de Lamartine est mort en 1869, et Raphaël a été publié pour la première fois en 1849. Ces dates établissent la base du domaine public pour cette édition française originale.
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Raphaël
Alphonse de Lamartine
Capitolo in anteprimaRAPHAËLAnteprima
RAPHAËL
Capitolo in anteprimaPAGES DE LA VINGTIÈME ANNÉEAnteprima
Le vrai nom de l’homme qui a écrit ces pages n’était pas Raphaël. Nous le lui donnions souvent par badinage, ses autres amis et moi, parce qu’il ressemblait beaucoup, dans son adolescence, à un portrait de Raphaël enfant, qu’on voit à Rome dans la galerie Barberini , à Florence dans le palais Pitti , et, à Paris, dans le Musée du Louvre. Nous lui donnions aussi ce nom parce que cet enfant avait pour trait distinctif de son caractère le sentiment le plus vif du beau dans la nature ou dans l’art, dans les œuvres de Dieu comme dans celles des hommes. Il était d’une sensibilité exquise et presque maladive, avant que le temps l’eût un peu émoussée ; nous disions, en faisant allusion à ce sentiment qu’on appelle le mal du pays, qu’il avait le mal du ciel.
Cette passion du beau le rendait malheureux ; dans une autre condition, elle aurait pu le rendre illustre. Il n’aimait pas moins le bien que le beau ; mais il n’aimait pas la vertu parce qu’elle était sainte, il l’aimait surtout parce qu’elle était belle. Sans aucune ambition dans le caractère, il en aurait eu dans l’imagination. S’il eût vécu dans ces républiques antiques où l’homme se développait tout entier dans la liberté, comme le corps se développe sans ligature dans l’air libre et en plein soleil, il aurait aspiré à tous les sommets comme César, il aurait voulu parler comme Démosthène et mourir comme Caton. Mais sa destinée humiliée, ingrate et obscure, le retenait malgré lui dans l’oisiveté et dans la contemplation. Il avait des ailes à ouvrir, et l’atmosphère ne le portait pas.
Connaissez-vous ce portrait de Raphaël enfant dont je vous parlais tout à l’heure ? C’est une figure de seize ans, un peu pâle, un peu plombée par le soleil de Rome, mais où fleurit cependant encore sur les joues le duvet de l’enfance. Un rayon rasant de lumière semble y jouer dans le velours de la peau. Le coude du jeune homme est appuyé sur une table, l’avant-bras redressé pour porter la tête qui repose dans la paume de la main ; les doigts admirablement modelés impriment un léger sillon blanc au menton et à la joue. La bouche est fine, mélancolique, rêveuse ; le nez est mince entre les deux yeux et légèrement nuancé d’une teinte un peu bleuâtre, comme si la délicatesse de la peau y laissait transparaître l’azur des veines ; les yeux d’une couleur de ciel foncé pareille au ciel des Apennins avant l’aurore ; ils regardent devant eux, mais avec une légère inflexion vers le ciel, comme s’ils regardaient toujours plus haut que nature. Ils sont lumineux jusqu’au fond, quoique un peu humides.
Le front est une voûte à peine cintrée ; les tempes réfléchissent, l’oreille écoute. Des cheveux coupés inégalement pour la première fois par les ciseaux inhabiles d’un compagnon d’atelier ou d’une sœur, jettent quelques ombres sur la joue et sur la main. Un petit bonnet plat de velours noir couvre le sommet des cheveux et tombe sur le front. Quand on passe devant ce portrait, on pense et on s’attriste sans savoir de quoi. C’est le génie enfant qui rêve sur le seuil de sa destinée avant d’y entrer. C’est une âme à la porte de la vie. Que deviendra-t-elle ?
Eh bien, ajoutez six ans à l’âge de cet enfant rêveur, accentuez ces traits, hâlez ce teint, plissez ce front, massez ces cheveux, ternissez un peu ce regard, attristez ces lèvres, grandissez cette taille, donnez plus de relief à ces muscles, changez ce costume de l’Italie du temps de Léon X contre le costume sombre et uniforme d’un jeune homme élevé dans la simplicité des champs, qui ne demande à ses vêtements que de le vêtir avec décence ; conservez une certaine langueur pensive ou souffrante à toute l’attitude, et vous aurez le portrait parfaitement reconnaissable de Raphaël à vingt ans.
Indice
In questa edizione
- 01Full text
- 02RAPHAËL
- 03PAGES DE LA VINGTIÈME ANNÉE
- 04RAPHAËL
- 05I
- 06II
- 07III
- 08IV
- 09V
- 10VI
- 11VII
- 12VIII
- 13IX
- 14X
- 15XI
- 16XII
- 17XIII
- 18XIV
- 19XV
- 20XVI
- 21XVII
- 22XVIII
- 23XIX
- 24XX
- 25XXI
- 26XXII
- 27XXIII
- 28XXIV
- 29XXV
- 30XXVI
- 31XXVII
- 32XXVIII
- 33XXIX
- 34XXX
- 35XXXI
- 36XXXII
- 37XXXIII
- 38XXXIV
- 39XXXV
- 40XXXVI
- 41XXXVII
- 42XXXVIII
- 43XXXIX
- 44XL
- 45XLI
- 46XLII
- 47XLIII
- 48XLIV
- 49XLV
- 50XLVI
- 51XLVII
- 52XLVIII
- 53XLIX
- 54L
- 55LI
- 56LII
- 57LIII
- 58LIV
- 59LV
- 60LVI
- 61LVII
- 62LVIII
- 63LIX
- 64LX
- 65LXI
- 66LXII
- 67LXIII
- 68LXIV
- 69LXV
- 70LXVI
- 71LXVII
- 72LXVIII
- 73LXIX
- 74LXX
- 75LXXI
- 76LXXII
- 77LXXIII
- 78LXXIV
- 79LXXV
- 80LXXVI
- 81LXXVII
- 82LXXVIII
- 83LXXIX
- 84LXXX
- 85LXXXI
- 86LXXXII
- 87LXXXIII
- 88LXXXIV
- 89LXXXV
- 90LXXXVI
- 91LXXXVII
- 92LXXXVIII
- 93LXXXIX
- 94XC
- 95XCI
- 96XCII
- 97XCIII
- 98XCIV
- 99XCV
- 100XCVI
- 101XCVII
- 102XCVIII
- 103XCIX
- 104C
- 105CI
- 106CII
- 107CIII
- 108CIV
- 109CV
- 110CVI
- 111CVII
- 112CVIII
- 113CIX
- 114CX
- 115CXI
- 116CXII
- 117CXIII
- 118CXIV
- 119CXV
- 120CXVI
- 121CXVII
- 122CXVIII
- 123CXIX
- 124CXX
- 125CXXI
- 126CXXII
- 127CXXIII
- 128CXXIV
- 129CXXV
- 130CXXVI
- 131CXXVII
- 132CXXVIII
- 133CXXIX
- 134CXXX
- 135CXXXI
- 136CXXXII
- 137CXXXIII
- 138CXXXIV
- 139CXXXV
- 140CXXXVI
- 141CXXXVII
- 142CXXXVIII
- 143CXXXIX
- 144CXL
- 145CXLI
- 146CXLII
- 147CXLIII
- 148CXLIV
- 149CXLV
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