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Scienza
Les Règles de la méthode sociologique
Edizione BooksWhale in francese di Émile Durkheim
Le manifeste méthodologique de Durkheim pour étudier les faits sociaux avec rigueur.
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Introduzione al libro
Les Règles de la méthode sociologique
Les Règles de la méthode sociologique définit les faits sociaux, la causalité, la preuve et les principes d’observation qui fondent la sociologie comme discipline scientifique. C’est un texte clé pour comprendre la méthode en sciences sociales et l’ambition positiviste de Durkheim.
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Capitolo in anteprimaLes Règles de la méthode sociologiqueLeggi anteprima
PREFACE
Capitolo in anteprimaIAnteprima
On est si peu habitué à traiter les faits sociaux scienti-
,quenient que certaines des propositions contenues dans
t;t ouvrage risquent de surprendre le lecteur. Cependant,
-il existe une science des sociétés, il faut bien s'attendre à
^ ce qu'elle ne consiste pas dans une simple paraphrase des
M préjugés traditionnels, mais nous fasse voir les choses
I autrement qu'elles n'apparaissent au vulgaire; car l'objet
!Ç de toute science est défaire des découvertes et toute décou-
^à verte déconcerte plus ou moins les opinions reçues. A moins
? donc qu'on ne prête au s£.as. ço.ram.un, en sociologie, une
lutorité qu'il n'a plus depuis longtemps dans les autres
. sciences — et on ne voit pas d'où elle pourrait lui venir —
1 ] îl faut que le savant prenne résolument son parti de ne pas
I i se laisser intimider par les résultats auxquels aboutissent
ses recherches, si elles ont été méthodiquement conduites.
Si chercher le paradoxe est d'un sophiste, le fuir, quand
il est imposé par les faits, est d'un esprit sans courage ou
■^ sans foi dans la science.
j Malheureusement, il est plus aisé d'admettre cette règU
1 en principe et théoriquement que de l'appliquer avec per-
i sévérance. Nous sommes encore trop accoutumés à Iran-
*j cher toutes ces questions d'après les suggestions du sens
(commun pour que nous puissions facilement le tenir à dis-
tance des discussions sociologiques. Alors que nous nous
en croyons affranchis, il nous impose ses jugements sans
VI LES RÈGLES DE LA MÉTHODE SOCIOLOGIQUE
que nous y prenions garde. Il n'y a qu'une longue et spé-
ciale pratique qui puisse prévenir de pareilles défaillances.
Voilà ce que nous demandons au lecteur de bien vouloir
ne pas perdre de vue. Qu'il ait toujours présent à l'esprit
que les manières de penser auxquelles il est le plus fait
sont plutôt contraires que favorables à l'étude scientifique
des phénomènes sociaux et, par conséquent, qu'il se mette
en garde contre ses premières impressions. S'il s'y abanr
donne sans résistance, il risque de nous juger sans nous
avoir compris. Ainsi, il pourrait arriver qu'on nous accu-
sât d'avoir voulu absoudre le crime, sous prétexte que
nous en faisons un phénomène de sociologie nonfiale.
L'objection pourtant serait puérile. Car s'il est normal
que, dans toute société, il y ait des crimes, il n'est pas
moins normal qu'ils soient punis. L'institution d'un sys-
tème répressif n'est pas un fait moins universel que
l'existence d'une criminalité, ni moins indispensable à la
santé collective. Pour qu'il n'y eût pas de crimes, il fau-
drait un nivellement des consciences individuelles qui, pouf
des raisons qu'on trouvera plus loin, n'est ni possible ni
désirable; mais pour qu'il n'y eût pas de répression, il fau-
drait une absence d'homogénéité morale qui est inconci-
liable avec l'existence d'une société. Seulement, partant de
ce fait que le crime est détesté et détestable, le sens commun
en conclut à tort qu'il ne saurait disparaître trop complè-
tement. Avec son simplisme ordinaire, il ne conçoit pas
qu'une chose qui répugne puisse avoir quelque raison d'être
4atile, et cependant il n'y a à cela aucune contradiction.
N'y a-t-il pas dans l'organisme des fonctions répugnantes
dont le jeu réguher est nécessaire à la santé individuelle?
Est-ce que nous ne détestons pas la souûrance? et cepen-
dant un être qui ne la connaîtrait pas serait un monstre.
Le caractère normal d'une chose et les sentiments d'éloi-
gnement qu'elle inspire peuvent même être solidaires. Si
la douleur est un fait normal, c'est à condition de n'être
pas aimée; si le crime est normal, c'est à condition d'être
V- haï ^ Notre méthode n'a dontf rien de révolutionnaire. Elle
Capitolo in anteprimaIAnteprima
La proposition d'après laquelle les faits sociaux doivent
être traités comme des choses — proposition qui est à la
base même de notre méthode — est de celles qui ont pro-
PRÉFACE DE LA SECONDE ÉDITION X^ ^
voqué le plus de contradictions. On a trouvé paradoxal et
scandaleux que nous assimilions aux réalités du monde
extérieur celles du monde social. C'était se méprendre sin-
gulièrement sur le sens et la portée de cette assimilation,
dont l'objet n'est pas de ravaler les formes supérieures de
l'être aux formes inférieures, mais, au contraire, de reven-
diquer pour les premières un degré de réalité au moins
égal à celui que tout le monde reconnaît aux secondes.
Nous ne disons pas, en effet, que les faits sociaux sont des
choses matérielles, mais sont des choses au môme titre
que les choses matérielles, quoique d'une autre manière.
Qu'est-ce en effet qu'une chose ? La chose s'oppose"!
à l'idée comme ce que l'on connaît du dehors à ce que l'on j
connaît du dedans. Est chose tout objet de connai-ssancej
qui n'est pas naturellement compénétrable à l'intelligence,'
tout ce dont nous ne pouvons nous faire une notion adé-
quate par un simple procédé d'analyse mentale, tout ce que
l'esprit ne peut arriver à comprendre qu'à condition de sor-
tir de lui-même, par voie d'observations et d'expérimenta-
tions, en passant progressivement des caractères les plus |
extérieurs et les plus immédiatement accessibles aux moins /
visibles et aux plus profonds. Traiter des faits d'uni!
certain ordre comme des choses, ce n'est donc pas les) /
classer dans telle ou telle catégorie du réel; c'est observer)
"Vis-à-vis d'eux une certaine attitude mentale. C'est en abocJ
der l'étude en prenant pour principe qu'on ignore absolu-
ment ce qu'ils sont, et que leurs propriétés caractérrs tiques,
comme les causes inconnues dont elles dépendent, ne peuvent
^être découvertes par l'introspection môme la plus attentive.
Les termes ainsi définis, notre proposition, loin d'être un
paradoxe, pourrait presque passer pour un truisme si elle
n'était encore trop souvent méconnue dans les sciences qui
traitent de l'homme, et surtout en sociologie. En effet, on
^peut dire en ce sens que tout objet de science est une"
chose, sauf, peut-être, les objets mathématiques; car, pour»
ce qui est de ces derniers, comme nous les const-ruisons
nous-mêmes depuis les plus simples jusqu'aux plus com-
plexes, il suffit, pour savoir ce qu'ils sont, de regarder au
dedans de nous et d'analyser intérieurement le processus
mental d'où ils résultent. Mais dès qu'il s'agit de faits
-^ LES RÈGLES DE LA MÉTHODE SOCIOLOGIQUE
proprement dits, ils sont nécessairement pour nous, au
moment où nous entreprenons d'en faire la science, des
inconnus, des choses ignorées, car les représentations qu'on
a pu s'en faire au cours de la vie, ayant été faites sans
méthode et sans critique, sont dénuées de valeur scienti-
fique et doivent être tenues à l'écart. Les faits de la psy-
chologie individuelle eux-mêmes présentent ce caractère et
doivent être considérés sous cet aspect. En effet, quoi-
qu'ils nous soient intérieurs par définition, la conscience
que nous en avons ne nous en révèle ni la nature interne^
ni la genèse. Elle nous les fait bien connaître jusqu'à up?^
certain point, mais seulement comme les sensations nous
font connaître la chaleur ou la lumière, le son ou l'électri-
cité; elle nous en donne des impressions confuses, passa-
gères, subjectives, mais non des notions claires et dis-
tinctes, des concepts explicatifs.. Et c'est précisément pour
fette raison qu'il s'est fondé au cours de ce siècle une
Indice
In questa edizione
- 01Les Règles de la méthode sociologique
- 02I
- 03I
- 04II
- 05III
- 06livre que nous avons récemment publié sur La
- 07CHAPITRE I
- 08CHAPITRE ii
- 09I
- 10V
- 11II
- 12CHAPITRE m
- 13I
- 14II
- 15III
- 16CHAPITRE ÎV
- 17II
- 18III
- 19CHAPITRE V
- 20I
- 21II
- 22V
- 23V
- 24III
- 25IV
- 26CHAPITRE VI
- 27I
- 28II
- 29I
- 30III
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