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Literatura
Deux ans de vacances
Edição BooksWhale em francês por Jules Verne
Des écoliers naufragés sur une île doivent organiser leur survie et surmonter rivalités et dangers pour apprendre à vivre ensemble.
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Introdução do livro
Deux ans de vacances
Un groupe d’écoliers se retrouve isolé sur une île après la dérive de son bateau. Les garçons cherchent un abri, répartissent les tâches et affrontent les difficultés du milieu, mais leurs rivalités menacent l’organisation commune. Jules Verne transforme le récit de survie en une réflexion sur le commandement, la discipline, l’ingéniosité et l’apprentissage de la coopération loin des adultes.
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Jules Verne est mort en 1905. La première publication de Deux ans de vacances remonte à 1888.
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Deux ans de vacances
Jules Verne
Capítulo de préviaChapitre I – La tempête. – Un schooner désemparé. – Quatre jeunes garçons sur le pont du Sloughi. – La misaine en lambeaux. – Visite à l’intérieur du yacht. – Le mousse à demi étranglé. – Une lame par l’arrière. – La terre à travers les brumes du matin. – Le banc de récifs.Prévia
Pendant la nuit du 9 mars 1860, les nuages, se confondant avec la mer, limitaient à quelques brasses la portée de la vue.
Sur cette mer démontée, dont les lames déferlaient en projetant des lueurs livides, un léger bâtiment fuyait presque à sec de toile.
C’était un yacht de cent tonneaux – un schooner, – nom que portent les goélettes en Angleterre et en Amérique.
Ce schooner se nommait le Sloughi, et vainement eût-on cherché à lire ce nom sur son tableau d’arrière, qu’un accident – coup de mer ou collision – avait en partie arraché au-dessous du couronnement.
Il était onze heures du soir. Sous cette latitude, au commencement du mois de mars, les nuits sont courtes encore. Les premières blancheurs du jour ne devaient apparaître que vers cinq heures du matin. Mais les dangers qui menaçaient le Sloughi seraient-ils moins grands lorsque le soleil éclairerait l’espace ? Le frêle bâtiment ne resterait-il pas toujours à la merci des lames ? Assurément, et l’apaisement de la houle, l’accalmie de la rafale, pouvaient seuls le sauver du plus affreux des naufrages, – celui qui se produit en plein Océan, loin de toute terre sur laquelle les survivants trouveraient le salut peut-être !
À l’arrière du Sloughi, trois jeunes garçons, âgés l’un de quatorze ans, les deux autres de treize, plus un mousse d’une douzaine d’années, de race nègre, étaient postés à la roue du gouvernail. Là, ils réunissaient leurs forces pour parer aux embardées qui risquaient de jeter le yacht en travers. Rude besogne, car la roue, tournant malgré eux, aurait pu les lancer par-dessus les bastingages. Et même, un peu avant minuit, un tel paquet de mer s’abattit sur le flanc du yacht que ce fut miracle s’il ne fut pas démonté de son gouvernail.
Les enfants, qui avaient été renversés du coup, purent se relever presque aussitôt.
« Gouverne-t-il, Briant ? demanda l’un d’eux.
– Oui, Gordon, » répondit Briant, qui avait repris sa place et conservé tout son sang-froid.
Puis, s’adressant au troisième :
« Tiens-toi solidement, Doniphan, ajouta-t-il, et ne perdons pas courage !… Il y en a d’autres que nous à sauver ! »
Ces quelques phrases avaient été prononcées en anglais – bien que, chez Briant, l’accent dénotât une origine française.
Celui-ci, se tournant vers le mousse :
« Tu n’es pas blessé, Moko ?
– Non, monsieur Briant, répondit le mousse. Surtout, tâchons de maintenir le yacht debout aux lames, ou nous risquerions de couler à pic ! »
À ce moment, la porte du capot d’escalier, qui conduisait au salon du schooner, fut vivement ouverte. Deux petites têtes apparurent au niveau du pont, en même temps que la bonne face d’un chien, dont les aboiements se firent entendre.
« Briant ?… Briant ?… s’écria un enfant de neuf ans. Qu’est-ce qu’il y a donc ?
– Rien, Iverson, rien ! répliqua Briant. Veux-tu bien redescendre avec Dole,… et plus vite que ça !
– C’est que nous avons grand’peur ! ajouta le second enfant, qui était un peu plus jeune.
– Et les autres ?… demanda Doniphan.
– Les autres aussi ! répliqua Dole.
– Voyons, rentrez tous ! répondit Briant. Enfermez-vous, cachez-vous sous vos draps, fermez les yeux, et vous n’aurez plus peur ! Il n’y a pas de danger !
– Attention !… Encore une lame ! » s’écria Moko.
Un choc violent heurta l’arrière du yacht. Cette fois, la mer n’embarqua pas, heureusement, car, si l’eau eût pénétré à l’intérieur par la porte du capot, le yacht, très alourdi, n’aurait pu s’élever à la houle.
« Rentrez donc ! s’écria Gordon. Rentrez… ou vous aurez affaire à moi !
– Voyons, rentrez, les petits ! » ajouta Briant, d’un ton plus amical.
Les deux têtes disparurent au moment où un autre garçon, qui venait de se montrer dans l’encadrement du capot, disait :
Capítulo de préviaChapitre II – Au milieu du ressac. – Briant et Doniphan. – La côte observée. – Préparatifs de sauvetage. – Le canot disputé. – Du haut du mât de misaine. – Courageuse tentative de Briant. – Un effet de mascaret.Prévia
En ce moment, l’espace, dégagé du rideau des brumes, permettait au regard de s’étendre sur un vaste rayon autour du schooner. Les nuages chassaient toujours avec une extrême rapidité ; la bourrasque n’avait encore rien perdu de sa fureur. Peut-être, pourtant, frappait-elle de ses derniers coups ces parages inconnus de l’Océan Pacifique.
C’était à espérer, car la situation n’offrait pas moins de périls que pendant la nuit, alors que le Sloughi se débattait contre les violences du large. Réunis les uns près des autres, ces enfants devaient se croire perdus lorsque quelque lame déferlait par-dessus les bastingages et les couvrait d’écume. Les chocs étaient d’autant plus rudes que le schooner ne pouvait s’y dérober. Toutefois, s’il tressaillait à chaque coup jusque dans sa membrure, il ne paraissait point que son bordé se fût ouvert, ni en talonnant à l’accore des récifs, ni au moment où il s’était pour ainsi dire encastré entre les têtes de roches. Briant et Gordon, après être descendus dans les chambres, s’étaient rendus compte que l’eau ne pénétrait pas à l’intérieur de la cale.
Ils rassurèrent donc du mieux qu’ils le purent leurs camarades, – les petits particulièrement.
« N’ayez pas peur !… répétait toujours Briant. Le yacht est solide !… La côte n’est pas loin !… Attendons, et nous chercherons à gagner la grève !
– Et pourquoi attendre ?… demanda Doniphan.
– Oui… pourquoi ?… ajouta un autre garçon d’une douzaine d’années, nommé Wilcox. Doniphan a raison… Pourquoi attendre ?
– Parce que la mer est trop dure encore et qu’elle nous roulerait sur les roches ! répondit Briant.
– Et si le yacht se démolit, s’écria un troisième garçon, appelé Webb, qui était à peu près du même âge que Wilcox.
– Je ne crois pas que ce soit à craindre, répliqua Briant, du moins tant que la marée baissera. Lorsqu’elle sera retirée autant que le permettra le vent, nous nous occuperons du sauvetage ! »
Briant avait raison. Bien que les marées soient relativement peu considérables dans l’Océan Pacifique, elles peuvent cependant produire une différence de niveau assez importante entre les hautes et les basses eaux. Il y aurait donc avantage à attendre quelques heures, surtout si le vent venait à mollir. Peut-être le jusant mettrait-il à sec une partie du banc de récifs. Il serait moins dangereux alors de quitter le schooner et plus facile de franchir le quart de mille qui le séparait de la grève.
Pourtant, si raisonnable que fût ce conseil, Doniphan et deux ou trois autres ne parurent point disposés à le suivre. Ils se groupèrent à l’avant et causèrent à voix basse. Ce qui apparaissait clairement déjà, c’est que Doniphan, Wilcox, Webb et un autre garçon nommé Cross ne semblaient point d’humeur à s’entendre avec Briant. Pendant la longue traversée du Sloughi, s’ils avaient consenti à lui obéir, c’est que Briant, on l’a dit, avait quelque habitude de la navigation. Mais ils avaient toujours eu la pensée que, dès qu’ils seraient à terre, ils reprendraient leur liberté d’action – surtout Doniphan, qui, pour l’instruction et l’intelligence, se croyait supérieur à Briant comme à tous ses autres camarades. D’ailleurs, cette jalousie de Doniphan à l’égard de Briant datait de loin déjà, et, par cela même que celui-ci était Français, de jeunes Anglais devaient être peu enclins à subir sa domination.
Il était donc à craindre que ces dispositions n’accrussent la gravité d’une situation déjà si inquiétante.
Cependant Doniphan, Wilcox, Cross et Webb regardaient cette nappe d’écume, semée de tourbillons, sillonnée de courants, qui paraissait très dangereuse à traverser. Le plus habile nageur n’eût pas résisté au ressac de la marée descendante que le vent prenait à revers. Le conseil d’attendre quelques heures n’était donc que trop justifié. Il fallut bien que Doniphan et ses camarades se rendissent à l’évidence, et, finalement, ils revinrent à l’arrière où se tenaient les plus jeunes.
Sumário
Nesta edição
- 01Full text
- 02Chapitre I – La tempête. – Un schooner désemparé. – Quatre jeunes garçons sur le pont du Sloughi. – La misaine en lambeaux. – Visite à l’intérieur du yacht. – Le mousse à demi étranglé. – Une lame par l’arrière. – La terre à travers les brumes du matin. – Le banc de récifs.
- 03Chapitre II – Au milieu du ressac. – Briant et Doniphan. – La côte observée. – Préparatifs de sauvetage. – Le canot disputé. – Du haut du mât de misaine. – Courageuse tentative de Briant. – Un effet de mascaret.
- 04Chapitre III – La pension Chairman à Auckland. – Grands et petits. – Vacances en mer. – Le schooner Sloughi. – La nuit du 15 février. – En dérive. – Abordage. – Tempête. – Enquête à Auckland. – Ce qui reste du schooner.
- 05Chapitre IV – Première exploration du littoral. – Briant et Gordon à travers le bois. – Vaine tentative pour découvrir une grotte. – Inventaire du matériel. – Provisions, armes, vêtements, literie, ustensiles, outils, instruments. – Premier déjeuner. – Première nuit.
- 06Chapitre V – Île ou continent ? – Excursion. – Briant part seul. – Les amphibies. – Les bandes de manchots. – Déjeuner. – Du haut du cap. – Les trois îlots du large. – Une ligne bleue à l’horizon. – Retour au Sloughi.
- 07Chapitre VI – Discussion. – Excursion projetée et remise. – Mauvais temps. – La pêche. – Les fucus gigantesques. – Costar et Dole à cheval sur un coursier peu rapide. – Les préparatifs pour le départ. – À genoux devant la Croix du Sud.
- 08Chapitre VII – Le bois de bouleaux. – Du haut de la falaise. – À travers la forêt. – Un barrage sur le creek. – Le rio conducteur. – Campement pour la nuit. – L’ajoupa. – La ligne bleuâtre. – Phann se désaltère.
- 09Chapitre VIII – Reconnaissance dans l’ouest du lac. – En descendant la rive. – Autruches entrevues. – Un rio qui sort du lac. – Nuit tranquille. – Le contrefort de la falaise. – Une digue. – Débris de canot. – L’inscription. – La caverne.
- 10Chapitre IX – Visite à la caverne. – Meubles et ustensiles. – Les bolas et le lazo. – La montre. – Le cahier presque illisible. – La carte du naufragé. – Où l’on est. – Retour au campement. – La rive droite du rio. – La fondrière. – Les signaux de Gordon.
- 11Chapitre X – Récit de l’exploration. – On se décide à quitter le Sloughi. – Déchargement et démolition du yacht. – Une bourrasque qui l’achève. – Campés sous la tente. – Construction d’un radeau. – Chargement et embarquement. – Deux nuits sur le rio. – Arrivée à French-den.
- 12Chapitre XI – Premières dispositions à l’intérieur de French-den. – Déchargement du radeau. – Visite à la tombe du naufragé. – Gordon et Doniphan. – Le fourneau de la cuisine. – Gibier de poil et de plume. – Le nandû. – Projets de Service. – Approche de la mauvaise saison.
- 13Chapitre XII – Agrandissement de French-den. – Bruit suspect. – Disparition de Phann. – Réapparition de Phann. – Appropriation et aménagement du hall. – Mauvais temps. – Noms donnés. – L’île Chairman. – Le chef de la colonie.
- 14Chapitre XIII – Le programme d’études. – Observation du dimanche. – Pelotes de neiges. – Doniphan et Briant. – Grands froids. – La question du combustible. – Excursion à Traps-woods. – Excursion à la baie Sloughi. – Phoques et pingouins. – Une exécution publique.
- 15Chapitre XIV – Derniers coups de l’hiver. – Le chariot. – Retour du printemps. – Service et son nandû. – Préparatifs d’une expédition au nord. – Les terriers. – Stop-river. – Faune et flore. – L’extrémité de Family-lake. – Sandy-desert.
- 16Chapitre XV – Route à suivre pour le retour. – Excursion vers l’ouest. – Trulca et algarrobe. – Arbre à thé. – Le torrent de Dike-creek. – Vigognes. – Nuit troublée. – Guanaques. – Adresse de Baxter à lancer le lazo. – Retour à French-den.
- 17Chapitre XVI – Briant inquiet de Jacques. – Construction de l’enclos et de la basse-cour. – Sucre d’érable. – Destruction des renards. – Nouvelle expédition à Sloughi-bay. – Le chariot attelé. – Massacre des phoques. – Les fêtes de Noël. – Hurrah pour Briant.
- 18Chapitre XVII – Préparatifs en vue du prochain hiver. – Proposition de Briant. – Départ de Briant, de Jacques et de Moko. – Traversée du Family-lake. – L’East-river. – Un petit port à l’embouchure. – La mer dans l’est. – Jacques et Briant. – Retour à French-den.
- 19Chapitre XVIII – Le marais salant. – Les échasses. – Visite au South-moors. – En prévision de l’hiver. – Différents jeux. – Entre Doniphan et Briant. – Intervention de Gordon. – Inquiétudes pour l’avenir. – Élection du 10 juin.
- 20Chapitre XIX – Le mât de signaux. – Grands froids. – Le flamant. – Le pâturage. – Adresse de Jacques. – Désobéissance de Doniphan et de Cross. – Le brouillard. – Jacques dans les brumes. – Les coups de canon de French-den. – Les points noirs. – Attitude de Doniphan.
- 21Chapitre XX – Une halte à la pointe sud du lac. – Doniphan, Cross, Webb et Wilcox. – Séparation. – La région des Downs-lands. – L’East-river. – En descendant la rive gauche. – Arrivée à l’embouchure.
- 22Chapitre XXI – Exploration de Deception-bay. – Bear-rock-harbour. – Projets de retour à French-den. – Reconnaissance au nord de l’île. – Le North-creek. – Beechs-forest. – Effroyable bourrasque. – Nuit d’hallucinations. – Au jour levant.
- 23Chapitre XXII – Une idée de Briant. – Joie des petits. – Construction d’un cerf-volant. – Expérience interrompue. – Kate. – Les survivants du Severn. – Dangers que courent Doniphan et ses camarades. – Dévouement de Briant. – Tous réunis.
- 24Chapitre XXIII – La situation telle qu’elle est. – Précautions prises. – La vie modifiée. – L’arbre à vache. – Ce qu’il importerait de savoir. – Une proposition de Kate. – Briant obsédé par une idée. – Son projet. – Discussion. – À demain.
- 25Chapitre XXIV – Premier essai. – Agrandissement de l’appareil. – Deuxième essai. – Remise au lendemain. – Proposition de Briant. – Proposition de Jacques. – L’aveu. – L’idée de Briant. – Dans les airs au milieu de la nuit. – Ce qui apparaît. – Le vent fraîchit. – Dénouement.
- 26Chapitre XXV – La chaloupe du Severn. – Costar malade. – Le retour des hirondelles. – Découragement. – Les oiseaux de proie. – Le guanaque tué d’une balle. – Le culot de pipe. – Surveillance plus active. – Violent orage. – Une détonation au dehors. – Un cri de Kate.
- 27Chapitre XXVI – Kate et le master. – Le récit d’Evans. – Après l’échouage de la chaloupe. – Walston au port de Bear-rock. – Le cerf-volant. – French-den découvert. – Fuite d’Evans. – La traversée du rio. – Projets. – Proposition de Gordon. – Les terres dans l’est. – L’île Chairman-Hanovre.
- 28Chapitre XXVII – Le détroit de Magellan. – Les terres et les îles qui le bordent. – Les stations qui y sont établies. – Projets d’avenir. – La force ou la ruse ? – Rock et Forbes. – Les faux naufragés. – Accueil hospitalier. – Entre onze heures et minuit. – Un coup de feu d’Evans. – Intervention de Kate.
- 29Chapitre XXVIII – Interrogatoire de Forbes. – La situation. – Une reconnaissance projetée. – Évaluation des forces. – Reste de campement. – Briant disparu. – Doniphan à son secours. – Grave blessure. – Cris du côté de French-den. – Apparition de Forbes. – Un coup de canon de Moko.
- 30Chapitre XXIX – Réaction. – Les héros de la bataille. – La fin d’un malheureux. – Excursion dans la forêt. – Convalescence de Doniphan. – Au port de Bear-rock. – Le radoubage. – Le départ du 12 février. – En descendant le rio Zealand. – Salut à Sloughi-bay. – La dernière pointe de l’île Chairman.
- 31Chapitre XXX – Entre les canaux. – Retards par suite de vents contraires. – Le détroit. – Le steamer Grafton. – Retour à Auckland. – Accueil dans la capitale de la Nouvelle-Zélande. – Evans et Kate. – Conclusion.
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