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Literatura
La Main gauche
Edição BooksWhale em francês por Guy de Maupassant
Des récits où l’amour, le désir, la solitude et les rapports de classe prennent une forme incisive et souvent cruelle.
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Introdução do livro
La Main gauche
Des récits où l’amour, le désir, la solitude et les rapports de classe prennent une forme incisive et souvent cruelle. La Main gauche rassemble des nouvelles de Maupassant sur le désir, la solitude, les conventions sociales et les blessures cachées de la vie moderne.
Edição BooksWhale
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Guy de Maupassant died in 1893; the 1889 story collection is public domain.
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La Main gauche
Guy de Maupassant
Allouma
Hautot père et fils
Boitelle
L’Ordonnance
Le Lapin
Un soir
Les Épingles
Duchoux
Le Rendez-vous
Le Port
La Morte
Capítulo de préviaALLOUMAPrévia
ALLOUMA
Capítulo de préviaIPrévia
Un de mes amis m’avait dit : Si tu passes par hasard aux environs de Bordj-Ebbaba, pendant ton voyage en Algérie, va donc voir mon ancien camarade Auballe, qui est colon là-bas.
J’avais oublié le nom d’Auballe et le nom d’Ebbaba, et je ne songeais guère à ce colon, quand j’arrivai chez lui, par pur hasard.
Depuis un mois je rôdais à pied par toute cette région magnifique qui s’étend d’Alger à Cherchell, Orléansville et Tiaret. Elle est en même temps boisée et nue, grande et intime. On rencontre, entre deux monts, des forêts de pins profondes en des vallées étroites où roulent des torrents en hiver. Des arbres énormes tombés sur le ravin servent de pont aux Arabes, et aussi aux lianes qui s’enroulent aux troncs morts et les parent d’une vie nouvelle. Il y a des creux, en des plis inconnus de montagne, d’une beauté terrifiante, et des bords de ruisselets, plats et couverts de lauriers-roses, d’une inimaginable grâce.
Mais ce qui m’a laissé au cœur les plus chers souvenirs en cette excursion, ce sont les marches de l’après-midi le long des chemins un peu boisés sur ces ondulations des côtes d’où l’on domine un immense pays onduleux et roux depuis la mer bleuâtre jusqu’à la chaîne de l’Ouarsenis qui porte sur ses faîtes la forêt de cèdres de Teniet-el-Haad.
Ce jour-là je m’égarai. Je venais de gravir un sommet, d’où j’avais aperçu, au-dessus d’une série de collines, la longue plaine de la Mitidja, puis par-derrière, sur la crête d’une autre chaîne, dans un lointain presque invisible, l’étrange monument qu’on nomme le Tombeau de la Chrétienne, sépulture d’une famille de rois de Mauritanie, dit-on. Je redescendais, allant vers le Sud, découvrant devant moi jusqu’aux cimes dressées sur le ciel clair, au seuil du désert, une contrée bosselée, soulevée et fauve, fauve comme si toutes ces collines étaient recouvertes de peaux de lion cousues ensemble. Quelquefois, au milieu d’elles, une bosse plus haute se dressait, pointue et jaune, pareille au dos broussailleux d’un chameau.
J’allais à pas rapides, léger, comme on l’est en suivant les sentiers tortueux sur les pentes d’une montagne. Rien ne pèse, en ces courses alertes dans l’air vif des hauteurs, rien ne pèse, ni le corps, ni le cœur, ni les pensées, ni même les soucis. Je n’avais plus rien en moi, ce jour-là, de tout ce qui écrase et torture notre vie, rien que la joie de cette descente. Au loin, j’apercevais des campements arabes, tentes brunes, pointues, accrochées au sol comme les coquilles de mer sur les rochers, ou bien des gourbis, huttes de branches d’où sortait une fumée grise. Des formes blanches, hommes ou femmes, erraient autour à pas lents ; et les clochettes des troupeaux tintaient vaguement dans l’air du soir.
Les arbousiers sur ma route se penchaient, étrangement chargés de leurs fruits de pourpre qu’ils répandaient dans le chemin. Ils avaient l’air d’arbres martyrs d’où coulait une sueur sanglante, car au bout de chaque branchette pendait une graine rouge comme une goutte de sang.
Le sol, autour d’eux, était couvert de cette pluie suppliciale, et le pied écrasant les arbouses laissait par terre des traces de meurtre. Parfois, d’un bond, en passant, je cueillais les plus mûres pour les manger.
Tous les vallons à présent se remplissaient d’une vapeur blonde qui s’élevait lentement comme la buée des flancs d’un bœuf ; et sur la chaîne des monts qui fermaient l’horizon, à la frontière du Sahara, flamboyait un ciel de Missel. De longues traînées d’or alternaient avec des traînées de sang – encore du sang ! du sang et de l’or, toute l’histoire humaine – et parfois entre elles s’ouvrait une trouée mince sur un azur verdâtre, infiniment lointain comme le rêve.
Sumário
Nesta edição
- 01Full text
- 02ALLOUMA
- 03I
- 04II
- 05HAUTOT PÈRE ET FILS
- 06I
- 07II
- 08III
- 09BOITELLE
- 10L’ORDONNANCE
- 11LE LAPIN
- 12UN SOIR
- 13LES ÉPINGLES
- 14DUCHOUX
- 15LE RENDEZ-VOUS
- 16LE PORT
- 17I
- 18II
- 19LA MORTE
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