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Ciencia

Entretiens sur la pluralité des mondes

Edición BooksWhale en francés de Bernard Le Bovier de Fontenelle

Un philosophe et une marquise discutent des planètes, des étoiles et des mondes possibles au fil de conversations nocturnes.

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Introducción del libro

Entretiens sur la pluralité des mondes

Dans un jardin, un philosophe explique à une marquise les mouvements de la Terre, la nature des planètes et la possibilité d’autres mondes habités. Fontenelle transforme les questions d’astronomie en conversations où l’élégance du dialogue accompagne le raisonnement scientifique. Ces entretiens donnent accès aux idées cosmologiques de la fin du XVIIe siècle, avec leurs découvertes, leurs hypothèses et leur goût de la spéculation.

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Bernard Le Bovier de Fontenelle est mort en 1757; l’œuvre a été publiée pour la première fois en 1686. Cette édition présente le texte français original du domaine public.

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Entretiens sur la pluralité des mondes

Capítulo de vista previaPRÉFACE.Vista previa

JE suis à-peu-près dans le même cas où se trouva Ciceron, lorsqu’il entreprit de mettre en sa langue des matieres de Philosophie, qui jusques-là n’avoient été traitées qu’en Grec. Il nous apprend qu’on disoit que ses ouvrages seroient fort inutiles, parce que ceux qui aiment la Philosophie, s’étant bien donné la peine de la chercher dans les Livres Grecs, négligeroient après cela de la voir dans des Livres Latins qui ne seroient pas originaux ; et que ceux qui n’avoient pas de goût pour la Philosophie ne se soucioient de la voir ni en Latin, ni en Grec.

À cela il répond qu’il arriveroit tout le contraire ; que ceux qui n’étoient pas philosophes, seroient tentés de le devenir par la facilité de lire les Livres Latins ; et que ceux qui l’étoient déjà par la lecture des Livres Grecs, seroient bien aises de voir comment ces choses-là avoient été maniées en Latin.

Cicéron avoit raison de parler ainsi. L’excellence de son génie et la grande réputation qu’il avoit déjà acquise lui garantissoient le succès de cette nouvelle sorte d’Ouvrages qu’il donnoit au Public ; mais moi, je suis bien éloigné d’avoir les mêmes sujets de confiance dans une entreprise presque pareille à la sienne. J’ai voulu traiter la Philosophie d’une manière qui ne fût point philosophique ; j’ai tâché de l’amener à un point où elle ne fût ni trop sèche pour les gens du monde, ni trop badine pour les Savans. Mais on me dit, à peu près comme à Cicéron, qu’un pareil Ouvrage n’est propre ni aux Savans qui n’y peuvent rien apprendre, ni aux gens du monde qui n’auront point d’envie d’y rien apprendre, je n’ai garde de répondre ce qu’il répondit. Il se peut bien faire qu’en cherchant un milieu où la Philosophie convînt à tout le monde, j’en aie trouvé un où elle ne convienne à personne : les milieux sont trop difficiles à tenir, et je ne crois pas qu’il me prenne envie de me mettre une seconde fois dans la même peine.

Je dois avertir ceux qui liront ce Livre, et qui ont quelque connoissance de la Physique, que je n’ai point du tout prétendu les instruire, mais seulement les divertir en leur présentant, d’une manière un peu plus agréable et plus égayée, ce qu’ils savent déjà plus solidement. J’avertis ceux à qui ces matières sont nouvelles, que j’ai cru pouvoir les instruire et les divertir tout ensemble. Les premiers iront contre mon intention, s’ils cherchent ici de l’utilité ; et les seconds, s’ils n’y cherchent que de l’agrément.

Je ne m’amuserai point à dire que j’ai choisi dans toute la Philosophie la matière la plus capable de piquer la curiosité. Il semble que rien ne devroit nous intéresser davantage, que de savoir comment est fait ce monde que nous habitons, s’il y a d’autres mondes semblables, et qui soient habités aussi ; mais après tout, s’inquiète de tout cela qui veut. Ceux qui ont des pensées à perdre, les peuvent perdre sur ces sortes de sujets ; mais tout le monde n’est pas en état de faire cette dépense inutile.

J’ai mis dans ces Entretiens une femme que l’on instruit, et qui n’a jamais ouï parler de ces choses-là. J’ai cru que cette fiction me serviroit à rendre l’Ouvrage plus susceptible d’agrément, et à encourager les Dames par l’exemple d’une femme, qui ne sortant jamais des bornes d’une personne qui n’a nulle teinture de science, ne laisse pas d’entendre ce qu’on lui dit, et de ranger dans sa tête, sans confusion, les Tourbillons et les Mondes. Pourquoi des femmes céderoient-elles à cette Marquise imaginaire, qui ne conçoit que ce qu’elle ne peut se dispenser de concevoir ?

Capítulo de vista previaÀ MONSIEUR L…Vista previa

Vous voulez, Monsieur, que je vous rende un compte exact de la manière dont j’ai passé mon temps à la campagne, chez Madame la Marquise de G***. Savez-vous bien que ce compte exact sera un livre ; et ce qu’il y a de pis, un livre de philosophie ? Vous vous attendez à des fêtes, à des parties de jeu ou de chasse, et vous aurez des planètes, des mondes, des tourbillons ; il n’a presque été question que de ces choses-là. Heureusement vous êtes philosophe, et vous ne vous en moquerez pas tant qu’un autre. Peut-être même serez-vous bien aise que j’aie attiré Madame la Marquise dans le parti de la philosophie. Nous ne pouvions faire une acquisition plus considérable ; car je compte que la beauté et la jeunesse sont toujours des choses d’un grand prix. Ne croyez-vous pas que si la sagesse elle-même vouloit se présenter aux hommes avec succès, elle ne feroit point mal de paraître sous une figure qui approchât un peu de celle de la Marquise ? Surtout si elle pouvoit avoir dans sa conversation les mêmes agrémens, je suis persuadé que tout le monde courroit après la sagesse. Ne vous attendez pourtant pas à entendre des merveilles, quand je vous ferai le récit des entretiens que j’ai eus avec cette dame ; il faudrait presque avoir autant d’esprit qu’elle, pour répéter ce qu’elle dit de la manière dont elle l’a dit. Vous lui verrez seulement cette vivacité d’intelligence que vous lui connoissez. Pour moi, je la tiens savante, à cause de l’extrême facilité qu’elle auroit à le devenir. Qu’est-ce qui lui manque ? D’avoir ouvert les yeux sur des livres ; cela n’est rien, et bien des gens l’ont fait toute leur vie, à qui je refuserois, si j’osois, le nom de savans. Au reste, Monsieur, vous m’aurez une obligation. Je sais bien qu’avant que d’entrer dans le détail des conversations que j’ai eues avec la Marquise, je serois en droit de vous décrire le château où elle étoit allée passer l’automne. On a souvent décrit des châteaux pour de moindres occasions ; mais je vous ferai grâce sur cela. Il suffit que vous sachiez que quand j’arrivai chez elle, je n’y trouvai point de compagnie, et que j’en fus fort aise. Les deux premiers jours n’eurent rien de remarquable ; ils se passèrent à épuiser les nouvelles de Paris d’où je venais, mais ensuite vinrent ces entretiens dont je veux vous faire part. Je vous les diviserai par soirs, parce qu’effectivement nous n’eûmes de ces entretiens que les soirs.

Índice

Dentro de esta edición

  1. 01Full text
  2. 02PRÉFACE.
  3. 03À MONSIEUR L…
  4. 04PREMIER SOIR. — Que la Terre est une Planete qui tourne sur elle-même, et autour du Soleil.
  5. 05SECOND SOIR. — Que la Lune est une Terre habitée
  6. 06TROISIEME SOIR. — Particularités du Monde de la Lune. Que les autres Planètes sont habitées aussi.
  7. 07QUATRIEME SOIR.
  8. 08CINQUIEME SOIR.
  9. 09SIXIEME SOIR.

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