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Literatura

François le Champi

Edición BooksWhale en francés de George Sand

Roman champêtre de George Sand sur un enfant trouvé, la vie paysanne, l’affection, le secret familial et la dignité rurale.

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Introducción del libro

François le Champi

François le Champi appartient aux grands romans champêtres de George Sand. Dans un Berry attentivement observé, l’histoire de l’enfant trouvé François explore la pauvreté, l’attachement, les préjugés sociaux, la maternité symbolique et la force morale des humbles, avec un mélange de réalisme rural et de délicatesse sentimentale.

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François le Champi

George Sand

Capítulo de vista previaAvant-proposVista previa

Nous revenions de la promenade, R *** et moi, au clair de la lune qui argentait faiblement les sentiers dans la campagne assombrie. C’était une soirée d’automne tiède et doucement voilée ; nous remarquions la sonorité de l’air dans cette saison et ce je ne sais quoi de mystérieux qui règne alors dans la nature. On dirait qu’à l’approche du lourd sommeil de l’hiver chaque être et chaque chose s’arrangent furtivement pour jouir d’un reste de vie et d’animation avant l’engourdissement fatal de la gelée et, comme s’ils voulaient tromper la marche du temps, comme s’ils craignaient d’être surpris et interrompus dans les derniers ébats de leur fête, les êtres et les choses de la nature procèdent sans bruit et sans activité apparente à leurs ivresses nocturnes. Les oiseaux font entendre des cris étouffés au lieu des joyeuses fanfares de l’été. L’insecte des sillons laisse échapper parfois une exclamation indiscrète ; mais tout aussitôt il s’interrompt, et va rapidement porter son chant ou sa plainte à un autre point de rappel. Les plantes se hâtent d’exhaler un dernier parfum, d’autant plus suave qu’il est plus subtil et comme contenu. Les feuilles jaunissantes n’osent frémir au souffle de l’air, et les troupeaux paissent en silence sans cris d’amour ou de combat.

Nous-mêmes, mon ami et moi, nous marchions avec une certaine précaution et un recueillement instinctif nous rendait muets et comme attentifs à la beauté adoucie de la nature, à l’harmonie enchanteresse de ses derniers accords, qui s’éteignaient dans un pianissimo insaisissable. L’automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l’hiver.

– Tout cela est si calme, me dit enfin mon ami, qui, malgré notre silence, avait suivi mes pensées comme je suivais les siennes ; tout cela paraît absorbé dans une rêverie si étrangère et si indifférente aux travaux, aux prévoyances et aux soucis de l’homme, que je me demande quelle expression, quelle couleur, quelle manifestation d’art et de poésie l’intelligence humaine pourrait donner en ce moment à la physionomie de la nature. Et, pour mieux te définir le but de ma recherche, je compare cette soirée, ce ciel, ce paysage, éteints et cependant harmonieux et complets, à l’âme d’un paysan religieux et sage qui travaille et profite de son labeur, qui jouit de la vie qui lui est propre, sans besoin, sans désir et sans moyen de manifester et d’exprimer sa vie intérieure. J’essaie de me placer au sein de ce mystère de la vie rustique et naturelle, moi civilisé, qui ne sais pas jouir par l’instinct seul, et qui suis toujours tourmenté du désir de rendre compte aux autres et à moi-même de ma contemplation ou de ma méditation.

-Et alors, continua mon ami, je cherche avec peine quel rapport peut s’établir entre mon intelligence qui agit trop et celle de ce paysan qui n’agit pas assez ; de même que je me demandais tout à l’heure ce que la peinture, la musique, la description, la traduction de l’art, en un mot, pourraient ajouter à la beauté de cette nuit d’automne qui se révèle à moi par une réticence mystérieuse, et qui me pénètre sans que je sache par quelle magique communication.

– Voyons, répondis-je, si je comprends bien comment la question est posée : Cette nuit d’octobre, ce ciel incolore, cette musique sans mélodie marquée ou suivie, ce calme de la nature, ce paysan qui se trouve plus près que nous, par sa simplicité, pour en jouir et la comprendre sans la décrire, mettons tout cela ensemble, et appelons-le la vie primitive, relativement à notre vie développée et compliquée, que j’appellerai la vie factice. Tu demandes quel est le rapport possible, le lien direct entre ces deux états opposés de l’existence des choses et des êtres, entre le palais et la chaumière, entre l’artiste et la création, entre le poète et le laboureur.

Capítulo de vista previaIVista previa

Un matin que Madeleine Blanchet, la jeune meunière du Cormouer, s’en allait au bout de son pré pour laver à la fontaine, elle trouva un petit enfant assis devant sa planchette et jouant avec la paille qui sert de coussinet aux genoux des lavandières. Madeleine Blanchet, ayant avisé cet enfant, fut étonnée de ne pas le connaître, car il n’y a pas de route bien achalandée de passants de ce côté-là, et on n’y rencontre que des gens de l’endroit.

– Qui es-tu, mon enfant ? dit-elle au petit garçon, qui la regardait d’un air de confiance, mais qui ne parut pas comprendre sa question. Comment t’appelles-tu ? reprit Madeleine Blanchet en le faisant asseoir à côté d’elle et en s’agenouillant pour laver.

– François, répondit l’enfant.

– François qui ?

– Qui ? dit l’enfant d’un air simple.

– À qui es-tu fils ?

– Je ne sais pas, allez !

– Tu ne sais pas le nom de ton père !

– Je n’en ai pas.

– Il est donc mort ?

– Je ne sais pas.

– Et ta mère ?

– Elle est par là, dit l’enfant en montrant une maisonnette fort pauvre qui était à deux portées de fusil du moulin et dont on voyait le chaume à travers les saules.

– Ah ! je sais, reprit Madeleine, c’est la femme qui est venue demeurer ici, qui est emménagée d’hier soir ?

– Oui, répondit l’enfant.

– Et vous demeuriez à Mers !

– Je ne sais pas.

Tu es un garçon peu savant. Sais-tu le nom de ta mère, au moins ?

Índice

Dentro de esta edición

  1. 01Full text
  2. 02Avant-propos
  3. 03I
  4. 04– Oui, c’est la Zabelle
  5. 05II
  6. 06III
  7. 07IV
  8. 08– Oh non ! Seulement…
  9. 09V
  10. 10VI
  11. 11VII
  12. 12VIII
  13. 13IX
  14. 14X
  15. 15XI
  16. 16XII
  17. 17XIII
  18. 18XIV
  19. 19XV
  20. 20XVI
  21. 21XVII
  22. 22XVIII
  23. 23XIX
  24. 24XX
  25. 25XXI
  26. 26XXII
  27. 27XXIII
  28. 28XXIV
  29. 29XXV
  30. 30Une pive
  31. 31S’en va pivant

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