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Literatura
Le Crime de Sylvestre Bonnard
Edición BooksWhale en francés de Anatole France
Un roman tendre et érudit sur un bibliophile, une orpheline, les livres et la bonté active.
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Introducción del libro
Le Crime de Sylvestre Bonnard
Le Crime de Sylvestre Bonnard suit un vieux savant amoureux des manuscrits qui découvre que la vraie sagesse demande parfois de désobéir. Anatole France mêle ironie, humanisme, amour des livres, filiation choisie et critique douce des institutions.
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Anatole France died in 1924, and Le Crime de Sylvestre Bonnard was first published or composed in 1881; these dates support the public-domain basis for this edition.
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Le Crime de Sylvestre Bonnard
Anatole France
Capítulo de vista previaLA BÛCHEVista previa
24 décembre 1849.
J’avais chaussé mes pantoufles et endossé ma robe de chambre. J’essuyai une larme dont la bise qui soufflait sur le quai avait obscurci ma vue. Un feu clair flambait dans la cheminée de mon cabinet de travail. Des cristaux de glace, en forme de feuilles de fougère, fleurissaient les vitres des fenêtres et me cachaient la Seine, ses ponts et le Louvre des Valois.
J’approchai du foyer mon fauteuil et ma table volante, et je pris au feu la place qu’Hamilcar daignait me laisser. Hamilcar, à la tête des chenêts, sur un coussin de plume, était couché en rond, le nez entre ses pattes. Un souffle égal soulevait sa fourrure épaisse et légère. À mon approche, il coula doucement ses prunelles d’agate entre ses paupières mi-closes qu’il referma presque aussitôt, en songeant : « Ce n’est rien, c’est mon ami. »
— Hamilcar ! lui dis-je, en allongeant les jambes, Hamilcar, prince somnolent de la cité des livres, gardien nocturne ! Pareil au chat divin qui combattit les impies dans Héliopolis, pendant la nuit du grand combat, tu défends contre de vils rongeurs les livres que le vieux savant acquit au prix d’un modique pécule et d’un zèle infatigable. Dans cette bibliothèque que protègent tes vertus militaires, Hamilcar, dors avec la mollesse d’une sultane. Car tu réunis en ta personne l’aspect formidable d’un guerrier tartare à la grâce appesantie d’une femme d’Orient. Héroïque et voluptueux Hamilcar, dors en attendant l’heure où les souris danseront, au clair de la lune, devant les Acta sanctorum des doctes Bollandistes.
Le commencement de ce discours plut à Hamilcar, qui l’accompagna d’un bruit de gorge pareil au chant d’une bouilloire. Mais ma voix s’étant élevée, Hamilcar m’avertit en abaissant les oreilles et en plissant la peau zébrée de son front, qu’il était malséant de déclamer ainsi.
— Cet homme aux bouquins, songeait évidemment Hamilcar, parle pour ne rien dire, tandis que notre gouvernante ne prononce jamais que des paroles pleines de sens, pleines de choses, contenant soit l’annonce d’un repas, soit la promesse d’une fessée. On sait ce qu’elle dit. Mais ce vieillard assemble des sons qui ne signifient rien.
Ainsi pensait Hamilcar. Le laissant à ses réflexions, j’ouvris un livre que je lus avec intérêt, car c’était un catalogue de manuscrits. Je ne sais pas de lecture plus facile, plus attrayante, plus douce que celle d’un catalogue. Celui que je lisais, rédigé en 1824, par
Capítulo de vista previaM.Vista previa
Thompson, bibliothécaire de sir Thomas Raleigh, pèche, il est vrai, par un excès de brièveté et ne présente point ce genre d’exactitude que les archivistes de ma génération introduisirent les premiers dans les ouvrages de diplomatique et de paléographie. Il laisse à désirer et à deviner. C’est peut-être pourquoi j’éprouve, en le lisant, un sentiment qui, dans une nature plus imaginative que la mienne, mériterait le nom de rêverie. Je m’abandonnais doucement au vague de mes pensées quand ma gouvernante m’annonça d’un ton maussade que M. Coccoz demandait à me parler.
Quelqu’un en effet se coula derrière elle dans la bibliothèque. C’était un petit homme, un pauvre petit homme, de mine chétive, et vêtu d’une mince jaquette. Il s’avança vers moi en faisant une quantité de petits saluts et de petits sourires. Mais il était bien pâle, et, quoique jeune et vif encore, il semblait malade. Je songeai, en le voyant, à un écureuil blessé. Il portait sous son bras une toilette verte qu’il posa sur une chaise ; puis, défaisant les quatre oreilles de la toilette, il découvrit un tas de petits livres jaunes.
— Monsieur, me dit-il alors, je n’ai pas l’honneur d’être connu de vous. Je suis courtier en librairie, monsieur. Je fais la place pour les principales maisons de la capitale, et, dans l’espoir que vous voudrez bien m’honorer de votre confiance, je prends la liberté de vous offrir quelques nouveautés.
Dieux bons ! dieux justes ! quelles nouveautés m’offrit l’homonculus Coccoz ! Le premier volume qu’il me mit dans la main fut l’ Histoire de
la Tour de Nesle , avec les amours de Marguerite de Bourgogne et du capitaine Buridan.
— C’est un livre historique, me dit-il en souriant, un livre d’histoire véritable.
— En ce cas, répondis-je, il est très ennuyeux, car les livres d’histoire qui ne mentent pas sont tous fort maussades. J’en écris moi-même de véridiques, et si, pour votre malheur, vous présentiez quelqu’un de ceux-là de porte en porte, vous risqueriez de le garder toute votre vie dans votre serge verte, sans jamais trouver une cuisinière assez mal avisée pour vous l’acheter.
— Certainement, monsieur, me répondit le petit homme, par pure complaisance.
Et, tout en souriant, il m’offrit les Amours d’Héloïse et d’Abeilard , mais je lui fis comprendre qu’à mon âge je n’avais que faire d’une histoire d’amour.
Souriant encore, il me proposa la Règle des Jeux de Société : piquet, bésigue, écarté, whist, dés, dames, échecs.
— Hélas ! lui dis-je, si vous voulez me rappeler les règles du bésigue, rendez-moi mon vieil ami Bignan, avec qui je jouais aux cartes, chaque soir, avant que les cinq académies l’eussent conduit solennellement au cimetière, ou bien encore abaissez à la frivolité des jeux humains la grave intelligence d’Hamilcar que vous voyez dormant sur ce coussin, car il est aujourd’hui le seul compagnon de mes soirées.
Le sourire du petit homme devint vague et effaré.
— Voici, me dit-il, un recueil nouveau de divertissements de société, facéties et calembours, avec les moyens de changer une rose rouge en rose blanche.
Je lui dis que j’étais depuis longtemps brouillé avec les roses et que, quant aux facéties, il me suffisait de celles que je me permettais, sans le savoir, dans le cours de mes travaux scientifiques.
L’homonculus m’offrit son dernier livre avec son dernier sourire. Il me dit :
— Voici la Clef des Songes , avec l’explication de tous les rêves qu’on peut faire : rêve d’or, rêve de voleur, rêve de mort, rêve qu’on tombe du haut d’une tour… C’est complet !
Índice
Dentro de esta edición
- 01Full text
- 02LA BÛCHE
- 03M.
- 04IV
- 05CI-GÎT
- 06ARISTIDE-VICTOR MALDENT,
- 07CAPITAINE D’INFANTERIE, CHEVALIER DE LA LÉGION
- 08D’HONNEUR.
- 09CI-GÎT
- 10UN BRIGAND DE LA LOIRE.
- 11» MICAEL-ANGELO POLIZZI,
- 12IV
- 13XIV
- 14M.
- 15LA FILLE
- 16DE CLÉMENTINE
- 17I
- 18xiv
- 19M.
- 20M.
- 21M.
- 22xviii
- 23II
- 24xiii
- 25xvi
- 26III
- 27IV
- 28XIV
- 29XVI
- 30XVIII
- 31xviii
- 32M.
- 33X
- 34d
- 35XVI
- 36xix
- 37xiv
- 38DERNIÈRE PAGE
- 39FIN
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