
francés Edición
Literatura
L’Œuvre
Edición BooksWhale en francés de Émile Zola
Un roman naturaliste sur l’art moderne, l’obsession créatrice, l’échec, l’amitié et Paris.
- Vista previa
- Muestra del texto preparado
- Formatos
- Lector online, EPUB, PDF
- Acceso
- Claim de Biblioteca
Introducción del libro
L’Œuvre
L’Œuvre est le roman d’Émile Zola consacré au monde des artistes, à la peinture moderne, aux salons, aux ambitions esthétiques et au vertige de la création. Cette édition BooksWhale en français donne accès au texte du domaine public pour les lecteurs de naturalisme, d’histoire de l’art et de romans parisiens.
Edición BooksWhale
Cómo se preparó esta edición
Esta edición se basa en un texto de dominio público y fue preparada por BooksWhale para lectura digital.
Base de dominio público
Por qué puede compartirse
Émile Zola est mort en 1902, et L’Œuvre a été publié pour la première fois en 1886. Ces dates établissent la base du domaine public pour cette édition française originale.
Leer vista previa
Muestra del texto preparado
Vista previa seleccionada del texto preparado.
Capítulo de vista previaFull textLeer vista previa
L’Œuvre
Émile Zola
Capítulo de vista previaIVista previa
Claude passait devant l'Hôtel de ville, et deux heures du matin sonnaient à l'horloge, quand l'orage éclata. Il s'était oublié à rôder dans les Halles, par cette nuit brûlante de juillet, en artiste flâneur, amoureux du Paris nocturne: Brusquement, les gouttes tombèrent si larges, si drues, qu'il prit sa course, galopa dégingandé, éperdu, le long du quai de la Grève. Mais, au pont Louis-Philippe, une colère de son essoufflement l'arrêta: il trouvait imbécile cette peur de l'eau; et, dans les ténèbres épaisses, sous le cinglement de l'averse qui noyait les becs de gaz, il traversa lentement le pont, les mains ballantes.
Du reste, Claude n'avait plus que quelques pas à faire.
Comme il tournait sur le quai de Bourbon, dans l'île Saint-Louis, un vif éclair illumina la ligne droite et plate des vieux hôtels rangés devant la Seine, au bord de l'étroite chaussée. La réverbération alluma les vitres des hautes fenêtres sans persiennes, on vit le grand air triste des antiques façades, avec des détails très nets, un balcon de pierre, une rampe de terrasse, la guirlande sculptée, d'un fronton. C'était là que le peintre avait son atelier, dans les combles de l'ancien hôtel du Martoy, à l'angle de la rue de la Femme-sans-Tête. Le quai entrevu était aussitôt retombé aux ténèbres, et un formidable coup de tonnerre avait ébranlé le quartier endormi.
Arrivé devant sa porte, une vieille porte ronde et basse, bardée de fer, Claude, aveuglé par la pluie, tâtonna pour tirer le bouton de la sonnette; et sa surprise fut extrême, il eut un tressaillement en rencontrant dans l'encoignure, collé contre le bois, un corps vivant. Puis, à la brusque lueur d'un second éclair, il aperçut une grande jeune fille, vêtue de noir, et déjà trempée, qui grelottait de peur.
Lorsque le coup de tonnerre les eut secoués tous les deux, il s'écria:
«Ah bien, si je t'attendais...! Qui êtes-vous? que voulez-vous?» Il ne la voyait plus, il l'entendait seulement sangloter et bégayer.
«Oh! monsieur, ne me faites pas du mal... C'est le cocher que j'ai pris à la gare, et qui m'a abandonnée près de cette porte en me brutalisant... Oui, un train a déraillé, du côté de Nevers. Nous avons eu quatre heures de retard, je n'ai plus trouvé la personne qui devait m'attendre... Mon Dieu! c'est la première fois que je viens à Paris, monsieur, je ne sais pas où je suis...» Un éclair éblouissant lui coupa la parole; et ses yeux dilatés parcoururent avec effarement ce coin de ville inconnue, l'apparition violâtre d'une cité fantastique. La pluie avait cessé. De l'autre côté de la Seine, le quai des Ormes alignait ses petites maisons grises, bariolées en bas par les boiseries des boutiques, découpant en haut leurs toitures inégales; tandis que l'horizon élargi s'éclairait, à gauche, jusqu'aux ardoises bleues des combles de l'Hôtel de ville, à droite jusqu'à la coupole plombée de Saint-Paul. Mais ce qui la suffoquait surtout, c'est l'encaissement de la rivière, la fosse profonde où la Seine coulait à cet endroit, noirâtre, des lourdes piles du pont Marie aux arches légères du nouveau pont Louis-Philippe.
D'étranges masses peuplaient l'eau, une flottille dormante de canots et d'yoles, un bateau-lavoir et une dragueuse, amarrés au quai; puis, là-bas, contre l'autre berge, des péniches pleines de charbon, des chalands chargés de meulière, dominés par le bras gigantesque d'une grue de fonte. Tout disparut.
«Bon! une farceuse, pensa Claude, quelque gueuse flanquée à la rue et qui cherche un homme.» Il avait la méfiance de la femme: cette histoire d'accident, de train en retard, de cocher brutal, lui paraissait une invention ridicule. La jeune fille, au coup de tonnerre, s'était renfoncée dans le coin de la porte, terrifiée.
Capítulo de vista previaIIVista previa
Midi était sonné, Claude travaillait à son tableau lorsqu'une main familière tapa rudement contre la porte.
D'un mouvement instinctif, et dont il ne fut pas le maître, le peintre glissa dans un carton la tête de Christine, d'après laquelle il retouchait sa grande figure de femme.
Puis, il se décida à ouvrir.
«Pierre! cria-t-il. Déjà toi?» Pierre Sandoz, un ami d'enfance, était un garçon de vingt-deux ans, très brun, à la tête ronde et volontaire, au nez carré, aux yeux doux, dans un masque énergique, encadré d'un collier de barbe naissante.
«J'ai déjeuné plus tôt, répondit-il, j'ai voulu te donner une bonne séance... Ah! diable! ça marche!» Il s'était planté devant le tableau, et il ajouta tout de suite! «Tiens! tu changes le type de la femme?» Un long silence se fit, tous deux regardaient, immobiles.
C'était une toile de cinq mètres sur trois, entièrement couverte, mais dont quelques morceaux à peine se dégageaient de l'ébauche. Cette ébauche, jetée d'un coup, avait une violence superbe, une ardente vie de couleurs.
Dans un trou de forêt, aux murs épais de verdure, tombait une ondée de soleil; seule, à gauche, une allée sombre s'enfonçait, avec une tache de lumière, très loin. Là, sur l'herbe, au milieu des végétations de juin, une femme nue était couchée, un bras sous la tête, enflant la gorge; et elle souriait, sans regard, les paupières closes, dans la pluie d'or qui la baignait. Au fond, deux autres petites femmes, une brune, une blonde, également nues, luttaient en riant, détachaient, parmi les verts des feuilles, deux adorables notes de chair. Et, comme au premier plan, le peintre avait eu besoin d'une opposition noire, il s'était bonnement satisfait, en y asseyant un monsieur, vêtu d'un simple veston de velours. Ce monsieur tournait le dos, on ne voyait de lui que sa main gauche, sur laquelle il s'appuyait, dans l'herbe.
«Très belle d'indication, la femme! reprit enfin Sandoz.
Mais, sapristi! tu auras joliment du travail, dans tout ça!» Claude, les yeux allumés sur son oeuvre, eut un geste de confiance.
«Bah! j'ai le temps d'ici au Salon. En six mois, on en abat, de la besogne! Cette fois, peut-être, je finirai par me prouver que je ne suis pas une brute.» Et il se mit à siffler fortement, ravi sans le dire de l'ébauche qu'il avait faite de la tête de Christine, soulevé par un de ces grands coups d'espoir, d'où il retombait plus rudement dans ses angoisses d'artiste, que la passion de la nature dévorait. «Allons, pas de flânerie! cria-t-il. Puisque tu es là, commençons.» Sandoz, par amitié, et pour lui éviter les frais d'un modèle, avait offert de lui poser le monsieur du premier plan. En quatre ou cinq dimanches, le seul jour où il fût libre, la figure se trouverait établie. Déjà, il endossait le veston de velours, lorsqu'il eut une brusque réflexion.
«Dis donc, tu n'as pas déjeuné sérieusement, toi, puisque tu travaillais... Descends manger une côtelette, je t'attends ici.» L'idée de perdre du temps indigna Claude,«Mais si, j'ai déjeuné, regarde la casserole!... Et puis, tu vois qu'il reste une croûte de pain. Je la mangerai...
Allons,--allons, à la pose, paresseux!» Vivement, il reprenait sa palette, il empoignait ses brosses, en ajoutant! «Dubuche vient nous chercher ce soir, n'est-ce pas?
--Oui, vers cinq heures.
--Eh bien, c'est parfait, nous descendrons dîner tout de suite... Y es-tu à la fin? La main plus à gauche, la tête penchée davantage.» Après avoir disposé les coussins, Sandoz s'état installé sur le divan, tenant la pose. Il tournait le dos, mais la conversation n'en continua pas moins un moment encore, car il avait reçu le matin même une lettre de Plassans, la petite ville provençale où le peintre et lui s'étaient connus, en huitième, dès leur première culotte usée sur les bancs du collège. Puis, tous deux se turent. L'un travaillait, hors du monde, l'autre s'engourdissait, dans la fatigue somnolente des longues immobilités.
Índice
Dentro de esta edición
- 01Full text
- 02I
- 03II
- 04III
- 05IV
- 06V
- 07VI
- 08VII
- 09VIII
- 10IX
- 11X
- 12XI
- 13XII
Disponibilidad de idiomas
Otros idiomas
Aún no hay otras ediciones lingüísticas publicadas. Esta sección enlazará las disponibles.
Solicitar otro idioma