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Psicología
Physiologie de l’amour moderne
Edición BooksWhale en francés de Paul Bourget
Les fragments de Claude Larcher mêlent fiction, analyse morale et observations sur la jalousie, le désir et les relations amoureuses.
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Introducción del libro
Physiologie de l’amour moderne
Paul Bourget confie à Claude Larcher une série de réflexions sur les passions et les contradictions de la vie sentimentale. Sous la forme de fragments, de portraits et d’analyses, le livre interroge la jalousie, la fidélité et les rapports entre les sexes. La fiction sert de cadre à une enquête morale sur les comportements amoureux de la société moderne.
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Paul Bourget est mort en 1935. Cette édition repose sur le texte original français du domaine public proposé par Project Gutenberg, sans reprendre les droits éventuels des ajouts éditoriaux ou des illustrations.
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Physiologie de l’amour moderne
Paul Bourget
Capítulo de vista previaPRÉFACEVista previa
Au mois de septembre 1888, la Vie Parisienne, ce curieux journal d'observation et de raillerie, d'élégance mondaine et de philosophie profonde, l'image en un mot de Marcelin,—ce dandy camarade de Taine,—et que son esprit anime encore, publiait la lettre suivante, adressée à son directeur par le signataire de la présente préface:
«Je vous envoie, cher monsieur, le manuscrit que mon pauvre ami Claude Larcher m'a légué avec mission de vous l'offrir sous ce titre: Physiologie de l'Amour moderne ou Méditations de philosophie parisienne sur les rapports des sexes entre civilisés dans les années de grâce 188-.... Je ne sais si vous trouverez dans ces pages, d'ailleurs inachevées, la légèreté de main qu'il eût fallu. Quand il commença cette Physiologie, Claude suivait déjà cette carrière d'homme très malheureux en amour, qui est celle de quelques jeunes gens à Paris. Il avait, certes, d'excellentes raisons pour ne pas croire à la fidélité de sa maîtresse, cette Colette Rigaud qu'il a trop affichée pour que ce soit une indiscrétion de la nommer. Mais, à force d'en parler, il était devenu un virtuose, presque un dilettante de sa propre infortune, au point qu'il eût été fort embarrassé si elle lui avait offert de l'aimer uniquement, fidèlement, et si elle avait tenu parole. Cette déception lui fut épargnée. Il continua de gémir sur les perfidies de cette fille avec une persévérance qui le rendit intolérable à ses meilleurs amis. Moi-même, dois-je l'avouer? je l'évitais dans les derniers temps pour ne plus subir le cinquantième récit de ses infortunes amoureuses. L'actrice partit pour la Russie, et nous espérâmes que la manie de Claude s'apaiserait. Elle grandit. Il allait au cercle des Mirlitons réciter la liste des amants de Colette, au tiers, au quart, à des gens qu'il connaissait de la veille, jusqu'à ce qu'un de nos camarades finit par lui dire: «Laisse-nous donc tranquilles, nous savions tout cela avant toi....» Sur ce mot, il prit le cercle en horreur, comme il avait déjà fait le théâtre, parce qu'elle avait joué la comédie; le monde et le demi-monde, parce qu'il s'y rencontrait avec des rivaux,—et des rivales;—les cafés, parce que nos confrères le plaisantaient sur ses doléances; son intérieur, parce qu'elle y était venue. Il fut la victime, comme il arrive, de cette comédie, aux trois quarts sincère, qu'il se jouait à lui-même et aux autres. Il crut, en effet, devoir à ses désillusions de se livrer à l'alcool. Il ne sortit plus de deux ou trois bars anglais où il s'intoxiquait de cocktails et de whisky en compagnie de jockeys et de bookmakers. Une dyspepsie, causée par ces absurdes excès, le força de quitter Paris au moment même où la reprise fructueuse de sa première pièce allait lui permettre de régler ses dettes les plus pressantes et de remonter le courant. Il se retira en Auvergne, chez une vieille parente. Il dut ébaucher là les derniers chapitres de sa Physiologie, avant la crise de foie, mal soignée dans cette campagne perdue, qui l'emporta en juin dernier. Vous voyez, cher monsieur, que les quelque vingt méditations, peu cohérentes par les dates et les endroits de travail, qui composent ce livre, sont l'œuvre d'un cerveau singulièrement morbide. Cela soit dit pour excuser de nombreux paradoxes et des allusions qui font songer au vers classique et regretter que le style de Claude
...se ressente des lieux et fréquentait l'auteur....
«Mon devoir d'exécuteur testamentaire m'interdisait de toucher même aux passages qui peuvent choquer le plus mon goût personnel. Voici donc le manuscrit intact avec son épigraphe: «Pas de pudeur devant le vrai pour qui se sent un savant.» Publiez ce que vos abonnés en pourront supporter sans trop d'ennui, et croyez-moi, etc.»
Capítulo de vista previaMÉDITATION I NUIT ÉTRANGE D'OÙ EST SORTI LE PRÉSENT LIVREVista previa
J'avais dit beaucoup de mal de Colette dans la journée,—ce qui ne m'avait ni changé ni soulagé. Je rentrai mécontent de moi, comme un homme qui s'est abaissé à commettre l'action qu'il blâmerait le plus chez un autre, et malade d'elle comme je ne l'avais jamais été. Ces fins d'après-midi de février, avec leurs brumes aigres et cruelles, vous pincent les nerfs à vous les casser. Mon domestique alluma la lampe. Je m'assis au coin du feu dans mon «souffroir» de la rue de Varenne, qui fut autrefois mon «aimoir». Des baisers de cet autrefois me revinrent, un autrefois d'il y a pourtant deux ans, grande meretricii oevi spatium, eût dit le père Aubert, mon vieux maître de rhétorique.—Je sentis une amertume infinie noyer mon cœur, et, comme d'habitude, je me raisonnai:
—«Hé quoi! Claude Larcher, mon ami, tu souffres, et tu l'as quittée! Oui, c'est toi qui l'as quittée, et tu possèdes là, dans un tiroir à la portée de ton bras, des lettres où elle te supplie de revenir et auxquelles tu as répondu, comme il sied, par du persiflage. Ton imbécile amour-propre d'homme doit être satisfait, que diable!... Elle est bien jolie avec ses cheveux cendrés, ses yeux couleur d'eau et sa bouche à la Botticelli. Mais n'a-t-elle pas prostitué cette beauté à tous tes désirs? Y a-t-il une place de ce corps, si jeune et si frais, que tu n'aies profanée dans des heures de délire? Donc, avec cette femme, pas de recherche d'une sensation nouvelle. Quant à son cœur, c'est par horreur de lui que tu l'as quittée, ayant éprouvé qu'il n'en est pas de plus perfide, de plus gangrené par les vices de son métier de comédienne en vogue, de plus incapable d'aimer. Pourquoi donc, pensant tout cela, éprouves-tu cette brûlure affreuse à la seule idée de son existence, là, sous le sein gauche? Pourquoi cette étreinte de ton cerveau par ce souvenir que tout rappelle: une nuance du ciel, un mot entendu, un coin de rue tourné, un camarade rencontré? Pourquoi surtout ce cuisant et monstrueux désir de lui faire du mal?... Ah! si je pouvais aller jusqu'à l'extrémité de ce désir!...»
Je fermai les yeux. Je vis devant moi ce corps dont je connais chaque ligne, ces épaules pleines à la fois et minces, cette gorge souple, ces hanches sveltes, toute sa nudité, et moi, avec un couteau, déchirant cette chair, ensanglantant ces membres, et leur frémissement sous la pointe de l'acier,—et sa douleur.... Non, je ne ferai jamais cela, parce que chez moi, civilisé de décadence, l'action ne sera jamais la sœur du désir.... Dieu juste! que je l'ai rêvé de fois, et rien que de le rêver me soulage.—Ah! la hideuse chose!...
—«C'est positif pourtant que cet accès de fureur m'a soulagé,» me disais-je un peu plus tard, en vaquant aux soins de ma toilette de soirée. J'eus un moment de franche gaieté à répéter tout haut la phrase de Boisgommeux dans la Petite Marquise: «C'est ça, l'amour....» Ah! j'aurais cette gaieté-là, le soir, j'en suis sûr, je le sais, si j'avais tué Colette le matin, et puis, quel divin sommeil! Oui, comme je dormirais bien avec la certitude que personne ne possédera plus ce corps de femme, qu'aucune bouche ne la salira plus de ses baisers!... Si tout à l'heure, dans la maison où je vais dîner, un des hommes de cercle qui viendront là prononçait cette phrase, seulement cette petite phrase: «Vous vous rappelez Colette Rigaud?... Elle est morte hier, à Pétersbourg, subitement....» quel flot de délices inonderait mon cœur! Non, ce ne serait pas assez, je voudrais apprendre qu'elle a souffert.—Et je l'aime! Que lui souhaiterais-je donc si je la haïssais?...»
Índice
Dentro de esta edición
- 01Full text
- 02PRÉFACE
- 03MÉDITATION I NUIT ÉTRANGE D'OÙ EST SORTI LE PRÉSENT LIVRE
- 04MÉDITATION II LES EXCLUS
- 05MÉDITATION III LE VRAI ET LE FAUX HOMME A FEMMES
- 06MÉDITATION IV DE L'AMANT MODERNE
- 07MÉDITATION V DE LA MAITRESSE
- 08MÉDITATION VI DE LA MAITRESSE (suite)
- 09§ 1.—Le tempérament.
- 10§ II.—Le cœur.
- 11MÉDITATION VII DE LA MAITRESSE (suite et fin)
- 12§ III.—La tête.
- 13MÉDITATION VIII DU FLIRT ET DES COQUETTES
- 14MÉDITATION IX BONHEURS CONTEMPORAINS
- 15I LES DRAWBACKS
- 16MÉDITATION X BONHEURS CONTEMPORAINS
- 17II LES DÉSASTRES
- 18MÉDITATION XI BONHEURS CONTEMPORAINS
- 19III LES DÉSASTRES (suite).—LES JALOUSIES
- 20§ I.—La jalousie des sens.
- 21MÉDITATION XII BONHEURS CONTEMPORAINS
- 22IV LES DÉSASTRES (suite.)—- LES JALOUSIES
- 23§ II.—La jalousie du cœur.
- 24MÉDITATION XIII BONHEURS CONTEMPORAINS
- 25V LES DÉSASTRES (suite).—LES JALOUSIES
- 26§ III.—Les jalousies de tête.
- 27MÉDITATION XIV BONHEURS CONTEMPORAINS
- 28VI LES DÉSASTRES (fin.)—UNE ANECDOTE
- 29MÉDITATION XV DE LA RUPTURE
- 30I AVANT
- 31MÉDITATION XVI DE LA RUPTURE
- 32II APRÈS
- 33MÉDITATION XVII DE LA RUPTURE
- 34III APRÈS (suite).—DE QUELQUES VENGEANCES
- 35MÉDITATION XVIII DE LA RUPTURE
- 36IV APRÈS (fin).—LES ENFANTS DE L'AMOUR
- 37MÉDITATION XIX THÉRAPEUTIQUE DE L'AMOUR
- 38I LA MÉTHODE DU DOCTEUR NOIROT
- 39MÉDITATION XX THÉRAPEUTIQUE DE L'AMOUR
- 40II LE SYSTÈME DU PROFESSEUR SIXTE
- 41MÉDITATION XXI THÉRAPEUTIQUE DE L'AMOUR
- 42III LE PROCÉDÉ CASAL
- 43MÉDITATION XXII UN SENTIMENT VRAI
- 44MÉDITATION XXIII PHYSIOLOGIE DU PHYSIOLOGISTE
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