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De l’esprit géométrique et de l’art de persuader
Édition BooksWhale en français par Blaise Pascal
Un texte philosophique de Pascal sur la rigueur du raisonnement, la définition, la démonstration et l’art de convaincre.
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Introduction du livre
De l’esprit géométrique et de l’art de persuader
L’Art de persuader présente la réflexion de Pascal sur les conditions de la conviction: démonstration, clarté, ordre, langage, vérité, raison et mouvement du cœur. Court et dense, ce texte demeure essentiel pour comprendre la rhétorique classique et l’éducation de l’esprit.
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De l’esprit géométrique et de l’art de persuader
Blaise Pascal
Chapitre d'aperçuDE L’ESPRIT GÉOMÉTRIQUE.Aperçu
I.
On peut avoir trois principaux objets dans l’étude de la vérité : l’un, de la découvrir quand on la cherche ; l’autre, de la démontrer quand on la possède ; le dernier, de la discerner d’avec le faux quand on l’examine.
Je ne parle point du premier : je traite particulièrement du second, et il enferme le troisième. Car, si l’on sait la méthode de prouver la vérité, on aura en même temps celle de la discerner, puisqu’en examinant si la preuve qu’on en donne est conforme aux règles qu’on connaît, on saura si elle est exactement démontrée.
La géométrie, qui excelle en ces trois genres, a expliqué l’art de découvrir les vérités inconnues ; et c’est ce qu’elle appelle analyse, et dont il serait inutile de discourir après tant d’excellents ouvrages qui ont été faits.
Celui de démontrer les vérités déjà trouvées, et de les éclaircir de telle sorte que la preuve en soit invincible, est le seul que je veux donner ; et je n’ai pour cela qu’à expliquer la méthode que la géométrie y observe : car elle l’enseigne parfaitement par ses exemples, quoiqu’elle n’en produise aucun discours. Et parce que cet art consiste en deux choses principales, l’une de prouver chaque proposition en particulier, l’autre de disposer toutes les propositions dans le meilleur ordre, j’en ferai deux sections, dont l’une contiendra les règles de la conduite des démonstrations géométriques, c’est-à-dire méthodiques et parfaites, et la seconde comprendra celles de l’ordre géométrique, c’est-à-dire méthodique et accompli : de sorte que les deux ensemble enfermeront tout ce qui sera nécessaire pour la conduite du raisonnement à prouver et discerner les vérités, les quelles j’ai dessein de donner entières.
Sect.
I —
De la méthode des démonstrations géométriques, c’est-à-dire méthodiques et parfaites.
Je ne puis faire mieux entendre la conduite qu’on doit garder pour rendre les démonstrations convaincantes, qu’en expliquant celle que la géométrie observe.
Mon objet est bien plus de réussir à l’une qu’à l’autre, et je n’ai choisi cette science pour y arriver que parce qu’elle seule sait les
véritables règles du raisonnement, et, sans s’arrêter aux règles des syllogismes qui sont tellement naturelles qu’on ne peut les ignorer, s’arrêter et se fonder sur la véritable méthode de conduire le raisonnement en toutes choses, que presque tout le monde ignore, et qu’il est si avantageux de savoir, que nous voyons par expérience qu’entre esprits égaux et toutes choses pareilles, celui qui a de la géométrie l’emporte et acquiert une vigueur toute nouvelle.
Je veux donc faire entendre ce que c’est que démonstration par l’exemple de celles de géométrie, qui est presque la seule des sciences humaines qui en produise d’infaillibles, parce qu’elle seule observe la véritable méthode, au lieu que toutes les autres sont par une nécessité naturelle dans quelque sorte de confusion que les seuls géomètres savent extrêmement connoître.
Mais il faut auparavant que je donne l’idée d’une méthode encore plus éminente et plus accomplie, mais où les hommes ne sauraient jamais arriver : car ce qui passe la géométrie nous surpasse ; et néanmoins il est nécessaire d’en dire quelque chose, quoiqu’il soit impossible de la pratiquer.
Cette véritable méthode, qui formerait les démonstrations dans la plus haute excellence, s’il était possible d’y arriver, consisterait en deux choses principales : l’une, de n’employer aucun terme dont on n’eût auparavant expliqué nettement le sens ; l’autre, de n’avancer jamais aucune proposition qu’on ne démontrât par des vérités déjà connues ; c’est-à-dire, en un mot, à définir tous les termes et à prouver toutes les propositions. Mais, pour suivre l’ordre même que j’explique, il faut que je déclare ce que j’entends par définition.
Table des matières
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- 01Full text
- 02DE L’ESPRIT GÉOMÉTRIQUE.
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