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Littérature
La Bonne Chanson
Édition BooksWhale en français par Paul Verlaine
Un recueil de poèmes amoureux où l’espoir conjugal côtoie le doute et la fragilité.
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Introduction du livre
La Bonne Chanson
La Bonne Chanson suit le mouvement intérieur d’un amour qui cherche la paix, la fidélité et une forme de bonheur quotidien. Verlaine y associe simplicité apparente, musique intime et inquiétude devant les promesses de la vie à deux.
Édition BooksWhale
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Cette édition repose sur un texte du domaine public et a été préparée par BooksWhale pour la lecture numérique.
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Paul Verlaine died in 1896, and La Bonne Chanson was published in 1870; the French source text is public domain.
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La Bonne Chanson
Chapitre d'aperçuIAperçu
Le soleil du matin doucement chauffe et dore
Les seigles et les blés tout humides encore,
Et l’azur a gardé sa fraîcheur de la nuit.
L’on sort sans autre but que de sortir
; on suit,
Le long de la rivière aux vagues herbes jaunes,
Un chemin de gazon que bordent de vieux aunes.
L’air est vif. Par moments un oiseau vole avec
Quelque fruit de la haie ou quelque paille au bec,
Et son reflet dans l’eau survit à son passage.
C’est tout.
Mais le songeur aime ce paysage
Dont la claire douceur a soudain caressé
Son rêve de bonheur adorable, et bercé
Le souvenir charmant de cette jeune fille,
Blanche apparition qui chante et qui scintille,
Dont rêve le poète et que l’homme chérit,
Évoquant en ses vœux dont peut-être on sourit
La Compagne qu’enfin il a trouvée, et l’âme
Que son âme depuis toujours pleure et réclame.
Chapitre d'aperçuIIAperçu
Toute grâce et toutes nuances
Dans l’éclat doux de ses seize ans,
Elle a la candeur des enfances
Et les manèges innocents.
Ses yeux qui sont les yeux d’un ange,
Savent pourtant, sans y penser,
Éveiller le désir étrange
D’un immatériel baiser.
Et sa main, à ce point petite
Qu’un oiseau-mouche n’y tiendrait,
Captive, sans espoir de fuite,
Le cœur pris par elle en secret.
L’intelligence vient chez elle
En aide à l’âme noble
; elle est
Pure autant que spirituelle
:
Ce qu’elle a dit, il le fallait
!
Et si la sottise l’amuse
Et la fait rire sans pitié,
Elle serait, étant la muse,
Clémente jusqu’à l’amitié,
Jusqu’à l’amour — qui sait
? peut-être,
À l’égard d’un poète épris
Qui mendierait sous sa fenêtre,
L’audacieux
! un digne prix
De sa chanson bonne ou mauvaise
Mais témoignant sincèrement,
Sans fausse note et sans fadaise,
Du doux mal qu’on souffre en aimant.
Table des matières
Dans cette édition
- 01Full text
- 02I
- 03II
- 04III
- 05IV
- 06V
- 07VI
Disponibilité linguistique
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