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Littérature

Le Jardin des supplices

Édition BooksWhale en français par Octave Mirbeau

Un roman français fin-de-siècle de décadence, de violence coloniale, de désir, de cruauté et d’hypocrisie morale.

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Introduction du livre

Le Jardin des supplices

Le Jardin des supplices est l’un des textes les plus provocateurs d’Octave Mirbeau, mêlant satire politique, imaginaire colonial, érotisme, cruauté et critique sociale. Cette édition française originale intéresse les lecteurs de décadentisme, de roman moderne, de littérature polémique et de classiques sombres du domaine public.

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Cette édition repose sur un texte du domaine public et a été préparée par BooksWhale pour la lecture numérique.

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Octave Mirbeau est mort en 1917, et Le Jardin des supplices a été publié pour la première fois en 1899. Ces dates soutiennent la base de domaine public de cette édition française originale.

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Le Jardin des supplices

Octave Mirbeau

Aux Prêtres, aux Soldats, aux Juges,

aux Hommes,

qui éduquent, dirigent, gouvernent les hommes,

je dédie

ces pages de Meurtre et de Sang.

O. M.

Chapitre d'aperçuFRONTISPICEAperçu

Quelques amis se trouvaient, un soir, réunis chez un de nos plus célèbres écrivains. Ayant copieusement dîné, ils disputaient sur le meurtre, à propos de je ne sais plus quoi, à propos de rien, sans doute. Il n'y avait là que des hommes; des moralistes, des poètes, des philosophes, des médecins, tous gens pouvant causer librement, au gré de leur fantaisie, de leurs manies, de leurs paradoxes, sans crainte de voir, tout d'un coup, apparaître ces effarements et ces terreurs que la moindre idée un peu hardie amène sur le visage bouleversé des notaires.--Je dis notaires comme je pourrais dire avocats ou portiers, non par dédain, certes, mais pour préciser un état moyen de la mentalité française.

Avec un calme d'âme aussi parfait que s'il se fût agi d'exprimer une opinion sur les mérites du cigare qu'il fumait, un membre de l'Académie des sciences morales et politiques dit:

--Ma foi!... je crois bien que le meurtre est la plus grande préoccupation humaine, et que tous nos actes dérivent de lui...

On s'attendait à une longue théorie. Il se tut.

--Évidemment!... prononça un savant darwinien... Et vous émettez là, mon cher, une de ces vérités éternelles, comme en découvrait tous les jours le légendaire M. de La Palisse... puisque le meurtre est la base même de nos institutions sociales, par conséquent la nécessité la plus impérieuse de la vie civilisée... S'il n'y avait plus de meurtre, il n'y aurait plus de gouvernements d'aucune sorte, par ce fait admirable que le crime en général, le meurtre en particulier sont, non seulement leur excuse, mais leur unique raison d'être... Nous vivrions alors en pleine anarchie, ce qui ne peut se concevoir... Aussi, loin de chercher à détruire le meurtre, est-il indispensable de le cultiver avec intelligence et persévérance... Et je ne connais pas de meilleur moyen de culture que les lois.

Quelqu'un s'étant récrié:

--Voyons! demanda le savant. Sommes-nous entre nous et parlons-nous sans hypocrisie?

--Je vous en prie!... acquiesça le maître de la maison... Profitons largement de la seule occasion où il nous soit permis d'exprimer nos idées intimes, puisque moi, dans mes livres, et vous, à votre cours, nous ne pouvons offrir au public que des mensonges.

Le savant se tassa davantage sur les coussins de son fauteuil, allongea ses jambes qui, d'avoir été trop longtemps croisées l'une sur l'autre, s'étaient engourdies et, la tête renversée, les bras pendants, le ventre caressé par une digestion heureuse, lança au plafond des ronds de fumée:

--D'ailleurs, reprit-il, le meurtre se cultive suffisamment de lui-même... À proprement dire, il n'est pas le résultat de telle ou telle passion, ni la forme pathologique de la dégénérescence. C'est un instinct vital qui est en nous... qui est dans tous les êtres organisés et les domine, comme l'instinct génésique... Et c'est tellement vrai que, la plupart du temps, ces deux instincts se combinent si bien l'un par l'autre, se confondent si totalement l'un dans l'autre, qu'ils ne font, en quelque sorte, qu'un seul et même instinct, et qu'on ne sait plus lequel des deux nous pousse à donner la vie et lequel à la reprendre, lequel est le meurtre et lequel est l'amour. J'ai reçu les confidences d'un honorable assassin qui tuait les femmes, non pour les voler, mais pour les violer. Son sport était que le spasme de plaisir de l'un concordât exactement avec le spasme de mort de l'autre: «Dans ces moments-là, me disait-il, je me figurais que j'étais un Dieu et que je créais le monde!»

--Ah! s'écria le célèbre écrivain... Si vous allez chercher vos exemples chez les professionnels de l'assassinat!

Chapitre d'aperçuLEAperçu

LE

Table des matières

Dans cette édition

  1. 01Full text
  2. 02FRONTISPICE
  3. 03LE
  4. 04JARDIN DES SUPPLICES
  5. 05PREMIÈRE PARTIE
  6. 06EN MISSION
  7. 07I
  8. 08II
  9. 09III
  10. 10partis impopulaires ou vaincus, et aussi, à coup d'argent, que je le
  11. 11activité; toutes mes facultés diminuaient, en pleine force, déprimées
  12. 12IV
  13. 13V
  14. 14VI
  15. 15VII
  16. 16VIII
  17. 17Canton, parmi des jardins merveilleux, un palais où tout est disposé
  18. 18DEUXIÈME PARTIE
  19. 19I
  20. 20Canton d'une mission anglaise--j'étais décidément voué aux missions--qui
  21. 21II
  22. 22particulière à toute la Chine et qui, dans les villes, les forêts et les
  23. 23III
  24. 24actionnent péniblement de leurs bras secs et nerveux.
  25. 25IV
  26. 26V
  27. 27Partout où le regard se posait, il rencontrait une pivoine. Sur les
  28. 28VI
  29. 29parties ombrées se montraient d'étranges cryptogames, des mousses
  30. 30VII
  31. 31parties creuses; de longues larmes de sang figé pendaient par les
  32. 32VIII
  33. 33partie du jardin. Ils étaient penchés sur un cadavre qu'ils
  34. 34IX
  35. 35partout d'horribles tourmenteurs qui fouillent les chairs, scient les
  36. 36partout, qui était au craquement des potences, au râle des agonisants,
  37. 37X
  38. 38partaient, sous les baldaquins aux rideaux fermés, des chants, des

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