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français Édition

Littérature

Les Caprices de Marianne

Édition BooksWhale en français par Alfred de Musset

Une comédie dramatique romantique sur désir, légèreté, jalousie et destin cruel.

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Introduction du livre

Les Caprices de Marianne

Les Caprices de Marianne met en scène amour refusé, médiation dangereuse, honneur et malentendu dans une forme brève et brillante. Musset donne au théâtre romantique une tension entre grâce mondaine, ironie et tragédie soudaine.

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Préparation de cette édition

Cette édition repose sur un texte du domaine public et a été préparée par BooksWhale pour la lecture numérique.

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Pourquoi cette édition peut être partagée

Alfred de Musset est mort en 1857 et Les Caprices de Marianne a paru en 1833; ces dates établissent le fondement de domaine public pour cette édition française originale.

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Les Caprices de Marianne

Alfred de Musset

La scène est à Naples

Chapitre d'aperçuACTE PREMIERAperçu

ACTE PREMIER

Chapitre d'aperçuScène premièreAperçu

Une rue devant la maison de Claudio.

[MARIANNE, sortant de chez elle un livre de messe à la main ; CIUTA, l’abordant.

Ciuta.

Ma belle dame, puis-je vous dire un mot ?

Marianne.

Que me voulez-vous ?

Ciuta.

Un jeune homme de cette ville est éperdument amoureux de vous ; depuis un mois entier, il cherche vainement l’occasion de vous l’apprendre ; son nom est Cœlio ; il est d’une noble famille et d’une figure distinguée.

Marianne.

En voilà assez. Dites à celui qui vous envoie qu’il perd son temps et sa peine, et que, s’il a l’audace de me faire entendre une seconde fois un pareil langage, j’en instruirai mon mari.]

Elle sort.

Cœlio , entrant

Eh bien ! Ciuta, qu’a-t-elle dit ?

Ciuta.

Plus dévote et plus orgueilleuse que jamais. Elle instruira son mari, dit-elle, si on la poursuit plus longtemps.

Cœlio.

Ah ! malheureux que je suis, je n’ai plus qu’à mourir. Ah ! la plus cruelle de toutes les femmes ! Et que me conseilles-tu, Ciuta ? Quelle ressource puis-je encore trouver ?

Ciuta.

Je vous conseille d’abord de sortir d’ici, car voici son mari [qui la suit.]

Ils sortent. — Entrent Claudio et Tibia.

Claudio.

Es-tu mon fidèle serviteur, mon valet de chambre dévoué ? Apprends que j’ai à me venger d’un outrage.

Tibia.

Vous, monsieur ?

Claudio.

Moi-même, puisque ces impudentes guitares ne cessent de murmurer sous les fenêtres de ma femme. Mais, patience ! tout n’est pas fini. — Écoute un peu de ce côté-ci : voilà du monde qui pourrait nous entendre. Tu m’iras chercher ce soir le spadassin que je t’ai dit.

Tibia.

Pour quoi faire ?

Claudio.

Je crois que Marianne a des amants.

Tibia.

Vous croyez, monsieur ?

Claudio.

Oui ; il y a autour de ma maison une odeur d’amants ; personne ne passe naturellement devant ma porte ; il y pleut des guitares et des entremetteuses.

Tibia.

Est-ce que vous pouvez empêcher qu’on donne des sérénades à votre femme ?

Claudio.

Non ; mais je puis poster un homme derrière la poterne, et me débarrasser du premier qui entrera.

Tibia.

Fi ! votre femme n’a pas d’amants. — C’est comme si vous disiez que j’ai des maîtresses.

Claudio.

Pourquoi n’en aurais-tu pas, Tibia ? Tu es fort laid, mais tu as beaucoup d’esprit.

Tibia.

J’en conviens, j’en conviens.

Claudio.

Regarde, Tibia, tu en conviens toi-même ; il n’en faut plus douter, et mon déshonneur est public.

Tibia.

Pourquoi public ?

Claudio.

Je te dis qu’il est public.

Tibia.

Mais, monsieur, votre femme passe pour un dragon de vertu dans toute la ville ; elle ne voit personne ; elle ne sort de chez elle que pour aller à la messe.

Claudio.

Laisse-moi faire. — Je ne me sens pas de colère, après tous les cadeaux qu’elle a reçus de moi. — Oui, Tibia, je machine en ce moment une épouvantable trame, et me sens prêt à mourir de douleur.

Tibia.

Oh ! que non.

Claudio.

Quand je te dis quelque chose, tu me ferais plaisir de le croire.

Ils sortent.

Cœlio , rentrant.

Malheur à celui qui, au milieu de la jeunesse, s’abandonne à un amour sans espoir ! Malheur à celui qui se livre à une douce rêverie, avant de savoir où sa chimère le mène, et s’il peut être payé de retour ! Mollement couché dans une barque, il s’éloigne peu à peu de la rive ; il aperçoit au loin des plaines enchantées, de vertes prairies et le mirage léger de son Eldorado. Les vents l’entraînent en silence, et quand la réalité le réveille, il est aussi loin du but où il aspire que du rivage qu’il a quitté ; il ne peut ni poursuivre sa route ni revenir sur ses pas.

On entend un bruit d’instruments.

Table des matières

Dans cette édition

  1. 01Full text
  2. 02ACTE PREMIER
  3. 03Scène première
  4. 04Scène II
  5. 05Scène III
  6. 06FIN DE L’ACTE PREMIER
  7. 07ADDITIONS ET VARIANTES
  8. 08EXÉCUTÉES PAR L’AUTEUR
  9. 09POUR LA REPRÉSENTATION
  10. 10FIN DE L’ACTE PREMIER.
  11. 11ACTE DEUXIÈME
  12. 12Scène première
  13. 13Scène II
  14. 14CŒLIO, CIUTA.
  15. 15Scène III
  16. 16CLAUDIO, MARIANNE.
  17. 17Scène IV
  18. 18Scène V
  19. 19Scène VI
  20. 20FIN DES CAPRICES DE MARIANNE.
  21. 21DEUX SPADASSINS.

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