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Littérature
Madame Bovary
Édition BooksWhale en français par Gustave Flaubert
Le portrait implacable d’un rêve romantique qui se heurte à la province, au désir et aux dettes.
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Introduction du livre
Madame Bovary
Madame Bovary suit Emma Bovary, lectrice de rêves passionnés, dans une vie provinciale qui lui paraît trop étroite. Flaubert observe avec une précision féroce l’ennui, la consommation, l’adultère, les illusions sociales et la tragédie d’une imagination mal accordée au réel.
Édition BooksWhale
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Gustave Flaubert est mort en 1880 ; le texte source appartient au domaine public.
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Madame Bovary
Mœurs de province
Gustave Flaubert
Chapitre d'aperçuPREMIÈRE PARTIEAperçu
PREMIÈRE PARTIE
Chapitre d'aperçuPREMIÈRE PARTIE — Chapitre IAperçu
Nous étions à l'Étude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.
Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le maître d'études :
– Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands, où l'appelle son âge.
Resté dans l'angle, derrière la porte, si bien qu'on l'apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d'une quinzaine d'années environ, et plus haut de taille qu'aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l'air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu'il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses jambes, en bas bleus, sortaient d'un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous.
On commença la récitation des leçons. Il les écouta de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon, n'osant même croiser les cuisses, ni s'appuyer sur le coude, et, à deux heures, quand la cloche sonna, le maître d'études fut obligé de l'avertir, pour qu'il se mît avec nous dans les rangs.
Nous avions l'habitude, en entrant en classe, de jeter nos casquettes par terre, afin d'avoir ensuite nos mains plus libres ; il fallait, dès le seuil de la porte, les lancer sous le banc, de façon à frapper contre la muraille en faisant beaucoup de poussière ; c'était là le genre.
Mais, soit qu'il n'eût pas remarqué cette manœuvre ou qu'il n'eût osé s'y soumettre, la prière était finie que le nouveau tenait encore sa casquette sur ses deux genoux. C'était une de ces coiffures d'ordre composite, où l'on retrouve les éléments du bonnet à poil, du chapska, du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton, une de ces pauvres choses, enfin, dont la laideur muette a des profondeurs d'expression comme le visage d'un imbécile. Ovoïde et renflée de baleines, elle commençait par trois boudins circulaires ; puis s'alternaient, séparés par une bande rouge, des losanges de velours et de poils de lapin ; venait ensuite une façon de sac qui se terminait par un polygone cartonné, couvert d'une broderie en soutache compliquée, et d'où pendait, au bout d'un long cordon trop mince, un petit croisillon de fils d'or, en manière de gland. Elle était neuve ; la visière brillait.
– Levez-vous, dit le professeur.
Il se leva ; sa casquette tomba. Toute la classe se mit à rire.
Il se baissa pour la reprendre. Un voisin la fit tomber d'un coup de coude, il la ramassa encore une fois.
– Débarrassez-vous donc de votre casque, dit le professeur, qui était un homme d'esprit.
Il y eut un rire éclatant des écoliers qui décontenança le pauvre garçon, si bien qu'il ne savait s'il fallait garder sa casquette à la main, la laisser par terre ou la mettre sur sa tête. Il se rassit et la posa sur ses genoux.
– Levez-vous, reprit le professeur, et dites-moi votre nom.
Le nouveau articula, d'une voix bredouillante, un nom inintelligible.
– Répétez !
Le même bredouillement de syllabes se fit entendre, couvert par les huées de la classe.
– Plus haut ! cria le maître, plus haut !
Le nouveau, prenant alors une résolution extrême, ouvrit une bouche démesurée et lança à pleins poumons, comme pour appeler quelqu'un, ce mot : Charbovari.
Table des matières
Dans cette édition
- 01Full text
- 02PREMIÈRE PARTIE
- 03PREMIÈRE PARTIE — Chapitre I
- 04PREMIÈRE PARTIE — Chapitre II
- 05PREMIÈRE PARTIE — Chapitre III
- 06PREMIÈRE PARTIE — Chapitre IV
- 07PREMIÈRE PARTIE — Chapitre V
- 08PREMIÈRE PARTIE — Chapitre VI
- 09PREMIÈRE PARTIE — Chapitre VII
- 10PREMIÈRE PARTIE — Chapitre VIII
- 11PREMIÈRE PARTIE — Chapitre IX
- 12DEUXIÈME PARTIE
- 13DEUXIÈME PARTIE — Chapitre I
- 14DEUXIÈME PARTIE — Chapitre II
- 15DEUXIÈME PARTIE — Chapitre III
- 16DEUXIÈME PARTIE — Chapitre IV
- 17DEUXIÈME PARTIE — Chapitre V
- 18DEUXIÈME PARTIE — Chapitre VI
- 19DEUXIÈME PARTIE — Chapitre VII
- 20DEUXIÈME PARTIE — Chapitre VIII
- 21DEUXIÈME PARTIE — Chapitre IX
- 22DEUXIÈME PARTIE — Chapitre X
- 23DEUXIÈME PARTIE — Chapitre XI
- 24DEUXIÈME PARTIE — Chapitre XII
- 25DEUXIÈME PARTIE — Chapitre XIII
- 26DEUXIÈME PARTIE — Chapitre XIV
- 27DEUXIÈME PARTIE — Chapitre XV
- 28TROISIÈME PARTIE
- 29TROISIÈME PARTIE — Chapitre I
- 30TROISIÈME PARTIE — Chapitre II
- 31TROISIÈME PARTIE — Chapitre III
- 32TROISIÈME PARTIE — Chapitre IV
- 33TROISIÈME PARTIE — Chapitre V
- 34TROISIÈME PARTIE — Chapitre VI
- 35TROISIÈME PARTIE — Chapitre VII
- 36TROISIÈME PARTIE — Chapitre VIII
- 37TROISIÈME PARTIE — Chapitre IX
- 38TROISIÈME PARTIE — Chapitre X
- 39TROISIÈME PARTIE — Chapitre XI
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