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Littérature
Le Roman de la Rose
Édition BooksWhale en français par Guillaume de Lorris; Jean de Meun
Une grande allégorie médiévale de l’amour, du désir, du songe et du débat moral.
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Introduction du livre
Le Roman de la Rose
Le Roman de la Rose mêle songe courtois, satire, érudition et allégorie dans l’un des textes les plus influents du Moyen Âge français. De la quête amoureuse aux longues discussions morales et sociales, l’œuvre éclaire la culture littéraire médiévale.
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Le Roman de la Rose is a public-domain work: the author died in 1305, and the text was first published in 1230. This edition uses the original French text.
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LE ROMAN DE LA ROSE
par
GUILLAUME DE LORRIS et JEAN DE MEUNG
Édition accompagnée d'une traduction en vers;
Précédée d'une Introduction, Notices historiques et critiques;
Suivie de Notes et d'un Glossaire
par
PIERRE MARTEAU
TOME I
PARIS
1878
[p. I]
«Encore vaudroit-il mieux, comme un bon bourgeois ou citoyen,
rechercher et faire un lexicon des vieils mots d'Artus, Lancelot et
Gauvain, ou commenter le _Romant de la Rose_, que s'amuser à je ne
sçay quelle grammaire latine qui a passé son temps.»
(RONSARD.)
LE XIXe SIÈCLE ET L'AMOUR. [p. III]
LE XIXe SIÈCLE.
_Qui donc t'a donné, bel enfant,
Cette fleur toute fraîche éclose?
Je suis déjà vieux, et pourtant
Jamais ne vis si belle Rose_.
_Quel éclat, quelle douce odeur!
De la Nuit, sur sa tige verte,
Scintille encore un tendre pleur,
Et là, sur sa lèvre entr'ouverte_.
_Parmi ce jardin radieux
Que chaque jour fleurit l'Aurore,
Que n'ai-je l'arbre merveilleux
Qui fit si belle fleur éclore!_
_Dessus ses rameaux vigoureux
Greffant mes délicates entes,
Je verrais son suc généreux
Régénérer mes frêles plantes_.
[p. IV]
L'AMOUR.
_C'est que vous ne connaissez pas,
O vieillard, toutes vos richesses.
Aux jeunes plantes pourquoi, las!
Prodiguer toutes vos caresses?_
_Voyez là-bas ce vieux buisson,
Mais toujours vert, toujours vivace;
C'est là que j'ai le doux bouton
Cueilli qui tous les autres passe_.
LE XIXe SIÈCLE.
_Quoi! dans ce vieux jardin françois
Où je vois jeter tant de pierres,
Où nul ne pénétra, je crois,
Depuis la mort de mes grands-pères?_
L'AMOUR.
_Là dort, sous ces durs églantiers,
Mainte fleur mille fois plus belle
Que de tous vos jeunes rosiers
La plus gente et la plus nouvelle_.
[p. V]
HOMMAGE DU TRADUCTEUR
A MONSIEUR COUGNY,
Professeur de rhétorique au lycée Saint-Louis.
Permettez-moi, cher maître, de vous dédier cette édition du _Roman de la
Rose_, qui, sans vous, n'eût jamais vu le jour. Vous avez daigné jeter
un regard favorable sur ce premier essai de ma muse, et c'est votre
bonté toute paternelle qui a soutenu jusqu'au bout ses pas hésitants.
Vous seul connaissez mes longs ennuis, mes labeurs et ma persévérance
pour arriver au but tant désiré. Comme à l'Amant, le hideux Danger, la
blême Peur et la rouge Honte m'ont barré bien souvent la voie. Mais Ami
me réconfortait et m'engageait à poursuivre ma route, jusqu'à ce que je
pusse enfin cueillir la Rose. Ami, c'était vous, et maintenant que j'ai
cueilli le divin bouton, je vous en offre les prémices, mon cher maître;
car, vous le savez, mon coeur est toujours resté vôtre, et
Se ge pers vostre bien-voillance,
A poi que ne m'en désespoir.
Autant que moi, vous êtes le père de cette oeuvre, et je vous prie d'en
accepter l'hommage du plus fidèle de vos disciples, du plus sincère de
vos admirateurs, et du plus dévoué de vos amis.
[p. VII]
INTRODUCTION AU ROMAN DE LA ROSE.
Tout le monde connaît, au moins par son titre, le _Roman de la Rose_.
Il est resté populaire à travers tant de siècles disparus. Mais, sauf
quelques rares érudits, personne ne le lit aujourd'hui. Car, nous le
savons par expérience, il faut un certain courage pour oser entreprendre
la lecture d'un aussi volumineux ouvrage, qui, somme toute, ne saurait
avoir autant d'attraits pour nous que pour ses contemporains. Au
surplus, même pour ceux à qui ce vieux langage est familier, la lecture
n'en reste pas moins pénible et jusqu'à un certain point ennuyeuse.
Aussi pouvons-nous affirmer que, même parmi ceux qui daignent y jeter
les yeux, bien peu ont la constance de l'étudier.
Quelle est donc la raison de cette popularité qui survit à l'oeuvre
elle-même pour ainsi dire? C'est que le _Roman de la Rose_ fit époque
Chapitre d'aperçulivre du _Roman de la Rose_, l'une des premières poésies françoises.»Aperçu
Cette épitaphe, faite très-longtemps après sa mort, paraît copiée sur la
_Chronique d'Aquitaine,_ et ne peut faire autorité. Au surplus, elle ne
prolongerait la vie de Jehan de Meung que de six ans environ.»
Comme on le voit, les opinions sont bien partagées, autant sur la date
de la mort de Jehan de Meung que sur celle de sa naissance. Toutefois,
nous trouvons dans le texte même de l'ouvrage plusieurs phrases qui nous
permettent de fixer d'une manière à peu près certaine la naissance des
deux poètes et la mort de Guillaume de Lorris.
Tout d'abord celui-ci nous indique son âge dès le début de son roman:
«Il y a bien de cela cinq ans au moins.... Au vingtième an de mon âge.»
Il avait donc vingt-cinq ans passés, et comme Jehan de Meung lui-même
nous déclare avoir entrepris la continuation du roman plus de quarante
ans [p. XXIII] après la mort de Guillaume de Lorris, on peut donc
affirmer que celui-ci est mort à vingt-six ans au moins. Maintenant
essayons d'établir la date exacte où Jehan de Meung entreprit son
ouvrage et son âge approximatif, et nous aurons tranché à peu près toute
la question.
M. Raynouard fait observer que dans la partie de Jehan de Meung, on
trouve des vers qui n'ont pu être écrits, au plus tard, que vers l'an
1280. Après avoir parlé de Mainfroi, le poète nomme Charles d'Anjou
comme vivant et possédant encore le royaume de Sicile:
Qui par divine porvéance
Est ores de Sesile rois.
Or, Charles d'Anjou mourut en 1285; mais il avait été expulsé de Sicile
quelques années auparavant. En effet, les Vêpres siciliennes sont de
1282.
Donc, si nous admettons que Jehan de Meung ait écrit ces vers avant
1282, comme il reprit l'oeuvre de Guillaume plus de quarante ans après
la mort de celui-ci, on en doit conclure que Guillaume de Lorris mourut
entre 1235 et 1240 et naquit vingt-six ans plus tôt, c'est-à-dire entre
1209 et 1214.
Un peu plus loin nous lisons un passage qui prouve que Jehan de Meung
n'avait pas quarante ans lorsqu'il entreprit de terminer le _Roman de la
Rose_. Le Dieu d'Amours, après avoir parlé de Guillaume de Lorris qui va
mourir, dit de Jehan de Meung:
...Celi qui est à nestre.
Partant de là, nous serons amené à tirer les conséquences suivantes:
Jehan de Meung écrivit le _Roman de la Rose_ avant [p. XXIV] 1282, et
il n'avait pas quarante ans. Or, le passage où il est parlé de Mainfroi
se trouve dès le début de l'oeuvre de Jehan de Meung, qui dut demander
plusieurs années de travail. Nous serons donc fondé à fixer à peu près à
l'année 1275 la date de ces vers. Puis, nous rangeant à l'avis de
Fauchet, Thévet et Méon, que ce livre n'a pu sortir de la plume d'un
jeune homme, mais d'un savant consommé, d'un écrivain de trente à
trente-cinq ans, nous devrons repousser sa naissance à l'année 1240 ou
1245 au moins. Il en résulterait, si nous admettons l'année 1310 comme
date de sa mort, qu'il vécut au moins soixante-cinq ans, et l'année
1322, soixante-dix-sept ans. Cette date de 1245 n'a rien d'exagéré, mais
ne saurait être rappochée de nous; car, selon Jehan de Meung lui-même,
le _Roman de la Rose_ serait une oeuvre de sa jeunesse. En effet, nous
lisons dans son testament:
J'ai fait en ma jonesce maint diz par vanité
Où maintes gens se sont pluseurs fois délité.
Quoi qu'il en soit, Jehan de Meung dut couler d'heureux jours dans une
tranquillité profonde, car, malgré la haute considération dont il
jouissait à la cour, si nous en croyons les historiens, il ne se trouva
mêlé en rien aux grands événements qui signalèrent le règne de
Chapitre d'aperçuCHAPITRE I.Aperçu
L'_Amant_ s'endort à la fin d'une belle journée de printemps. Il voit en
songe une prairie magnifique, toute couverte de fleurs et de buissons
verdoyants, où mille oiselets chanteurs font entendre leurs cris
d'allégresse. Cette prairie est traversée par une rivière délicieuse,
dont la source est proche, car l'onde est fraîche et pure. L'_Amant_
ravi se prend à suivre tranquillement la rive.
GLOSE.
Comme nous l'avons dit plus haut, en ce roman tout est allégorique. Nous
ne devons donc pas voir simplement dans ces premières lignes le
commencement d'une aventure que le romancier veut nous raconter.
L'_Amant_ a vingt ans, le printemps pour nous. [p. XXXIII] La grande
plaine, c'est le _Monde_; la rivière, c'est la _Vie_, qui s'épanche à
son début au milieu de la verdure et des fleurs. En un mot, la jeunesse
est le plus beau moment de l'existence. Sans soucis et sans inquiétude,
l'_Amant_ voit couler ses jours.
CHAPITRES II A IX.
Soudain se dresse à ses yeux un jardin immense entouré d'un grand mur
crénelé, sur lequel, en dehors, sont peintes des images repoussantes,
savoir: _Haine, Félonie, Vilenie, Convoitise, Avarice, Envie, Tristesse,
Vieillesse, Papelardie_ et _Pauvreté_. L'_Amant_ s'arrête un instant à
contempler ces images et cherche à pénétrer dans le jardin. Il ne trouve
qu'une petite porte basse et bien fermée, à laquelle il frappe. Une
gente damoiselle, _Oyseuse_, vient lui ouvrir. Ce jardin est le séjour
de _Déduit_. Là dansaient et jouaient _Déduit, Liesse, Dieu d'Amours,
Beauté, Richesse, Largesse, Franchise, Courtoisie, Oyseuse_ et
_Jeunesse_.
L'_Amant_ ébloui contemple ce tableau riant, lorsque _Courtoisie_ vient
le chercher et l'engage à la karole. Il accepte, choisit la belle
_Oyseuse_ pour sa danseuse et prend part à la ronde.
GLOSE.
_Déduit_ ou Plaisir d'Amour, c'est la personnification des jouissances
amoureuses, le bonheur de la vie. Son jardin enchanté n'est réservé qu'à
un petit nombre d'élus; car pour y entrer, c'est-à-dire pour goûter
dignement toutes les jouissances de l'amour, il faut être _gai, aimant,
beau, riche, généreux, franc, courtois, jeune_ et _désoeuvré_. Nul, par
contre, n'y saurait [p. XXXIV] pénétrer s'il est _haineux, félon,
vilain, convoiteux, avare, envieux, triste, vieux_ ou _misérable_.
Ceux-là ne savent pas ce que c'est que d'aimer, et personne non plus ne
les aime.
Le _désoeuvrement_ nous ouvre la porte, c'est-à-dire nous pousse au
plaisir, et, comme vous le verrez, pour goûter réellement l'amour, il
faut avoir beaucoup de temps à soi. Quand l'_Amant_ dit qu'il choisit
_Oyseuse_ pour sa danseuse, il fait comprendre qu'il se jeta dans les
plaisirs tout d'abord pour y chercher simplement des distractions.
Enfin, comme la femme est avant tout un être aimable et _courtois_, nous
nous sentons irrésistiblement attirés vers elle.
Voilà donc notre _Amant_ emporté dans le tourbillon des plaisirs.
CHAPITRES X A XII.
Les danses terminées, chacun se disperse pour goûter le repos sous les
frais ombrages. L'_Amant_, une fois calmé, s'y enfonce et arrive près
d'une splendide fontaine qui coule dans un beau bassin. C'est la
fontaine de _Narcisse_. Au fond est un miroir magique. Malheur à qui
jette les yeux sur ce fatal miroir! En ce paradis terrestre, tout est
séduisant, et le miroir est si bien disposé qu'il reflète jusqu'au
moindre objet, si modeste et si bien caché qu'il soit. Une inscription
est gravée sur la pierre qui borde le bassin: _Ici le beau Narcisse est
mort_. Cette inscription rappelle à notre _Amant_ la fin terrible du
malheureux et l'épouvante. Son premier mouvement est de s'enfuir; mais
il se rassure et se dit que _Narcisse_ n'était qu'un égoïste et qu'un
sot, et que, somme toute, il se sent assez fort pour ne pas [p. XXXV]
tomber dans de pareils excès. Puis la curiosité, l'envie de connaître le
Table des matières
Dans cette édition
- 01Le Roman de la Rose
- 02livre du _Roman de la Rose_, l'une des premières poésies françoises.»
- 03CHAPITRE I.
- 04CHAPITRE XXVII.
- 05CHAPITRE XXXII.
- 06CHAPITRE XLIII.
- 07CHAPITRE LIX.
- 08CHAPITRE LX.
- 09livre à mauvais dessein augmentent ses tourments, soit qu'il souffre en
- 10livre sérieux. Telle maxime qui termine ingénument une fable du pauvre
- 11livre; mais en ce peu qu'il nous a baillé, il est, si j'ose le dire,
- 12Livre, celui qui te donne
- 13livre abritant, derrière un titre et un commencement qui n'annonçaient
- 14I
- 15I
- 16II
- 17II
- 18III
- 19III
- 20IV
- 21IV
- 22V
- 23V
- 24VI
- 25VI
- 26VII
- 27VII
- 28VIII
- 29VIII
- 30IX
- 31IX
- 32X
- 33X
- 34XI
- 35XI
- 36XII
- 37XII
- 38XIII
- 39XIII
- 40XIV
- 41XIV
- 42XV
- 43XV
- 44XVI
- 45XVI
- 46XVII
- 47XVII
- 48XVIII
- 49XVIII
- 50XIX
- 51XIX
- 52XX
- 53XX
- 54XXI
- 55XXI
- 56XXII
- 57XXII
- 58XXIII
- 59XXIII
- 60XXIV
- 61XXV
- 62XXIV
- 63XXV
- 64XXVI
- 65XXVI
- 66XXVII
- 67XXVII
- 68XXVIII
- 69XXVIII
- 70XXIX
- 71XXIX
- 72XXX
- 73XXX
- 74XXXI
- 75XXXI
- 76XXXII
- 77XXXII
- 78CHAPITRE I.--_Du vers_ 1 _au vers_ 130.
- 79CHAPITRE II.--_Du vers_ 131 _au vers_ 538.
- 80CHAPITRE III.--_Du vers_ 531 _au vers_ 742 [p.320]
- 81CHAPITRE IV.--_Du vers_ 743 _au vers_ 796.
- 82CHAPITRE V.--_Du vers_ 797 au _vers_ 890.
- 83CHAPITRE VI.--_Du vers_ 891 _au vers_ 1044.
- 84CHAPITRE VII.--_Du vers_ 1045 _au vers_ 1264.
- 85CHAPITRE VIII.--_Du vers_ 1265 _au vers_ 1300.
- 86CHAPITRE IX.--_Du vers_ 1301 _au vers_ 1328.
- 87CHAPITRE X.--_Du vers_ 1329 _au vers_ 1486. [p.321]
- 88CHAPITRE XI.--_Du vers_ 1487 _au vers_ 1538.
- 89CHAPITRE XII.--_Du vers_ 1539 _au vers_ 1740.
- 90CHAPITRE XIII.--_Du vers_ 1741 _au vers_ 1950.
- 91CHAPITRE XIV.--_Du vers_ 1951 _au vers_ 2028.
- 92CHAPITRE XV.--_Du vers_ 2029 _au vers_ 2076.
- 93CHAPITRE XVI.--_Du vers_ 2077 _au vers_ 2158. [p.322]
- 94CHAPITRE XVII.--_Du vers_ 2159 _au vers_ 2852.
- 95CHAPITRE XVIII.--_Du vers_ 2853 _au vers_ 2876.
- 96CHAPITRE XIX.--_Du vers_ 2877 _au vers_ 3028.
- 97CHAPITRE XX.--_Du vers_ 3029 _au vers_ 3040.
- 98CHAPITRE XXI.--_Du vers_ 3041 _au vers_ 3072.
- 99CHAPITRE XXII.--_Du vers_ 3073 _au vers_ 3178.
- 100CHAPITRE XXIII.--_Du vers_ 3179 _au vers_ 3218.
- 101CHAPITRE XXIV.--_Du vers_ 3219 _au vers_ 3236. [p.323]
- 102CHAPITRE XXV.--_Du vers_ 3237 _au vers_ 3264.
- 103CHAPITRE XXVI.--_Du vers_ 3265 _au vers_ 3364.
- 104CHAPITRE XXVII.--_Du vers_ 3365 _au vers_ 3474.
- 105CHAPITRE XXVIII.--_Du vers_ 3475 _au vers_ 3596.
- 106CHAPITRE XXIX.--_Du vers_ 3597 _au vers_ 3662.
- 107CHAPITRE XXX.--_Du vers_ 3663 _au vers_ 3800.
- 108CHAPITRE XXXI.--_Du vers_ 3801 _au vers_ 3932.[p.324]
- 109CHAPITRE XXXII.--_Du vers_ 3933 _au vers_ 4202.
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